Aurelien Rissel

  • Cet ouvrage constitue le fruit d'une étude internationale et pluridisciplinaire inédite portant sur l'appréhension par le droit de l'impact exercé par les religions sur le corps humain. En effet, les convictions religieuses des individus les conduisent régulièrement à adopter des comportements à l'égard de leur corps, qu'il s'agisse d'arborer certains vêtements ou signes Ccroix, kippa, voile, turban, etc.), de procéder à certains actes médicaux (circoncision, excision, tatouages rituels, etc.) ou au contraire d'en refuser la réalisation (refus de soins palliatifs, de transfusion sanguine, etc.). Le sujet est éminemment complexe et sensible, en particulier parce qu'il met à l'épreuve les "deux intimités" de l'individu - l'une corporelle, l'autre spirituelle - et conséquemment, au plan juridique, le droit au respect de l'intégrité physique et la liberté de religion. Aussi les législateurs et juges des dix-huit États étudiés ne se saisissent-ils de cette question qu'avec la plus grande prudence. Procédant ainsi par ajustements successifs au gré des affaires et des polémiques, ils laissent progressivement place à des systèmes juridiques d'une grande subtilité, mêlant et combinant principes dogmatiques et exceptions pratiques, voire opportunistes. Ce faisant, chaque État se dote en définitive de solutions qui lui sont propres et qui apparaissent comme l'héritage d'une singularité historique et culturelle.

    Pourtant, malgré l'apparente hétérogénéité des systèmes juridiques à laquelle mène inexorablement cette forme de construction normative, des tendances générales se font jour, et quelques précieux fils conducteurs finissent ainsi par émerger, laissant entrevoir des possibilités de régulation harmonisée à l'échelle internationale.

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