Christian Bessy

  • Depuis plusieurs années, et en particulier le Livre blanc de la Commission européenne sur les professions libérales, les règles professionnelles des avocats font l'objet de rudes attaques car elles entretiendraient des situations de monopole. Dans le même temps, on assiste à une emprise de la logique d'entreprise, avec l'émergence de grandes structures d'exercice, et à la construction d'un « marché du droit » par de nouveaux intermédiaires peu contrôlés par la profession.
    L'objectif de cet ouvrage est de fournir des éléments d'appréciation de ces règles professionnelles et d'expliquer ces évolutions. Pour cela, il s'appuie sur une série d'interviews mais surtout sur une enquête statistique auprès d'un échantillon représentatif de cabinets d'avocats. Première du genre en France, cette étude met à disposition une batterie de statistiques sur les aspects organisationnels : spécialisation et structure par taille des cabinets, turnover des avocats, canaux de prospection des collaborateurs et des clients ; autant d'indicateurs permettant d'apprécier les modes de gestion et de développement des cabinets. Ces résultats originaux sont à même d'éclairer l'action collective de régulation de la profession et d'intéresser les avocats, mais aussi d'autres professionnels, ainsi que tous les étudiants se destinant à une carrière juridique.

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  • Cet ouvrage propose une approche multidisciplinaire des biens communs, ni prescriptive, ni soucieuse de définir une voie nouvelle - comme certains auteurs récents ont cru y voir une perspective révolutionnaire renouvelée - dépassant ainsi l'alternative entre propriété privée et publique.

    En adoptant la perspective heuristique des biens communs, il questionne la dynamique des trois institutions majeures de l'économie (capitaliste), retenues comme autant de parties successives scandant le contenu de l'ouvrage : la propriété, le travail et la monnaie, ainsi que leur imbrication propre à déboucher sur différents modes d'organisation des activités et de la vie démocratique.
    Les douze contributions participent à la construction d'un cadre analytique permettant d'étudier précisément les modes de gouvernement, les structures de propriété et les évolutions des activités économiques, suivant différentes échelles de temps et d'espaces. En particulier, l'ouvrage analyse le processus historique suivant lequel l'Etat, après avoir été l'englobant par la définition et la garantie d'un service public, devient de plus en plus aujourd'hui l'englobé.
    Cela du fait des contraintes imposées par d'autres figures ou personnes morales représentant l'action publique et pouvant impulser des transformations sociales dans divers domaines (transport, urbanisme, culture, environnement et patrimoine, finance). Par ailleurs, il invite aussi à être attentif au maintien de formes de copropriété toujours menacées par des acteurs dominants cherchant à acquérir la pleine propriété de certains actifs afin de les valoriser au mieux sur les marchés.

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  • La crise financière et économique mondiale de la fin des années 2000 a reposé avec acuité la question de la régulation des activités économiques.
    Une idée s'est imposée alors avec force selon laquelle seul le volontarisme politique, par l'intermédiaire de réformes juridiques encadrant les marchés et les comportements économiques, y mettrait fin. Cependant, les réflexions sur la place du droit par rapport aux activités économiques présupposent le plus souvent un rapport d'extériorité entre droit et économie, que cet ouvrage se propose d'interroger.
    Les contributions qu'il réunit vise à éclairer les mécanismes par lesquels le droit contribue à réguler les activités économiques mais aussi, inversement, à comprendre la manière dont les activités économiques, et les organisations qui les portent, configurent tout autant le droit qu'elles sont configurées par lui. S'appuyant sur des travaux sociologiques et des approches institutionnalistes en économie, principalement américains et français, qu'il cherche à faire dialoguer, ce livre élabore et illustre un modèle dynamique rendant compte du processus d'endogénéisation du droit dans les activités économiques.

    Dans de tels processus d'apprentissage, les « intermédiaires du droit » jouent un rôle clé dans la mesure où ils assurent la continuité entre la légalité formelle et différents autres registres normatifs, et construisent les supports, dispositifs et équipements juridiques de l'action économique. Retrouvant une approche par les instruments de l'action publique développée aussi bien par l'économie des conventions, que dans une veine foucaldienne travaillée par les politistes et les sociologues du droit, l'ouvrage analyse ainsi les dimensions instrumentées, instrumentales et éventuellement instrumentalisées des régulations juridiques de l'action économique.

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