Patricia Gibert

  • La grave grise pandémique que nous vivons n'est pas seulement sanitaire, elle est aussi écologique et sociale. Si elle remet en cause le dualisme nature/culture, elle appelle également à renouveler les rapports qu'entretiennent science et société. Changement d'usage des terres, déforestation et fragmentation, élevage intensif, exploitation minière ou forestière, chasse, urbanisation, diminution de la biodiversité : autant d'éléments qui perturbent la faune sauvage, et favorisent les transferts de pathogènes entre espèces. La mondialisation des échanges rend ensuite possible la diffusion de virus à l'échelle planétaire.
    Mais les sociétés humaines ne sont pas toutes égales face au risque infectieux. Il y a à cela des causes génétiques, parce que les populations humaines ne sont pas génétiquement uniformes et que les pathogènes ont une grande capacité d'adaptation, mais aussi des causes culturelles et sociales, en raison du rôle majeur des comportements. Si les épidémies d'ampleur sont relativement fréquentes dans l'histoire humaine, celles du passé, et leur gestion par les sociétés d'alors, ne sont que depuis peu étudiées en profondeur. Or cette étude est un élément indispensable pour modéliser, et donc prévoir, l'évolution de la pandémie actuelle comme des prochaines, et l'impact qu'elles auront sur nos sociétés.
    L'Institut Écologie et Environnement du CNRS, dont l'objectif est de répondre aux enjeux planétaires posés par le changement global aux interfaces entre les sciences de la Terre, de la vie, de l'Homme et de la société, réunit toutes les compétences nécessaires pour étudier cet ensemble.

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