Patrick Clastres

  • Qui aurait pu croire en 1896, lors des premiers jeux Olympiques modernes à Athènes, que la flamme olympique en route pour Pékin soulèverait, un siècle plus tard, tant de polémiques et de passions ? Pour le Français Pierre de Coubertin, aristocrate libéral et pacifiste à l'origine de la renaissance des Jeux, le sport devait pourtant permettre aux athlètes du monde entier de s'affronter et de se dépasser dans la loyauté, le respect et la fraternité. Or, ces valeurs ont-elles réellement survécu à ce XXe siècle, marqué par tant de guerres et de conflits ? Mieux : alors que dans les années 80, les Jeux sont menacés de disparition par des boycotts successifs, par quel miracle le Comité international olympique a-t-il réussi à rétablir son autorité ? Quel rôle cette entité, au fonctionnement si opaque, joue-t-elle dans la répartition de la masse ahurissante d'argent générée par les sponsors et les droits de retransmission ? En définitive, les anneaux olympiques sont-ils toujours le symbole des peuples unis dans le sport pour la paix ou sont-ils devenus le logotype d'une multinationale prospère et puissante qui règne sur le sport international ? Cette histoire documentée et passionnante de bout en bout aborde l'ensemble de ces questions majeures qui attisent aujourd'hui le débat autour de l'olympisme et de ses valeurs.

  • Cet ouvrage s'inscrit dans le sillage des historiens et sociologues qui, après Philippe Joutard et son maître-livre sur L'Invention du mont Blanc (1986), ont exploré la profession, l'origine sociale, l'âge et le genre des alpinistes, leurs traditions d'écriture, et les enjeux politiques et diplomatiques attachés au contrôle des espaces sommitaux et frontaliers. Il élargit aussi le propos vers le goût de l'aventure et de l'exploration, les progrès des sciences et des techniques ou l'expansion des loisirs. Mais, il veut surtout contribuer à explorer de nouvelles voies du côté des pratiques, des émotions et des imaginaires.

    Une attention particulière est ainsi accordée au renouvellement des sources : manuscrits des clubs alpins, objets, peinture, photographie, poésie. Les sciences du corps et de la montagne sont également mobilisées pour dialoguer avec l'histoire : physiologie et thanatologie, géochimie et paléoclimatologie, géographie. De nouveaux éclairages sont proposés sur les conquérants des sommets longtemps invisibilisés que sont les femmes, les ouvriers, les guides. Cet ouvrage résonne, enfin, comme un appel à dépasser l'histoire de l'alpinisme en envisageant une histoire mondiale des ascensionnismes qui soit davantage interconnectée et transnationale.

    Sur commande
  • Les images de sport ont envahi nos écrans, nos journaux, nos rues, nos imaginaires.
    Ce phénomène n'est pas nouveau. Dès la fin du XIXe siècle, il a accompagné le développement d'une culture de masse et s'est affirmé durant l'entre-deux-guerres puis à l'ère de la télévision. Des images Panini aux clichés de la préfecture de police de Paris, c'est tout un univers de signes et de représentations que ce livre fait resurgir. Sont ainsi passés en revue des athlètes étrusques, Pierre de Coubertin en sportsman, des " poilus " transformés un temps en sportifs, les premiers rugbymen français aisément confondus avec des footballeurs, des lutteurs dépassés par le jujutsu, des athlètes figés à des fins pédagogiques, des corps saisis par la magie ambivalente de Leni Riefenstahl, des sportives de romans populaires, des joueurs de polo argentins qui détournent la tradition gaucho, des héros nationaux promus par L'Equipe, des basketteurs projetés à la une des magazines spécialisés, un cycliste portraituré par Jules Beau, des temples sportifs du XXe siècle.
    Cet ouvrage collectif se distingue par le fait que les images ne sont pas reproduites en guise d'illustration. De leur production à leur patrimonialisation, quinze historiens mènent l'enquête en France comme à l'étranger et se transforment en entomologistes du fait sportif. Les différents plans, gestes et tenues, les moindres détails permettent de dater ou de lever un anonymat, de redonner chair et vie à des sportifs et à des sportives.
    Leurs images s'animent sous nos yeux.

    Sur commande
  • Loin d'être un simple produit d'importation britannique, le lawn-tennis s'est enraciné à la fin du XIXe siècle dans une France gagnée depuis le Moyen Âge à la paume, ce « jeu des rois et roi des jeux ». Véritable passion nationale qui saisissait souverains et artisans au début de l'époque moderne, le jeu décline à partir du règne de Louis XIV sans jamais vraiment disparaître. Ce terreau a sans doute favorisé l'acculturation du tennis accomplie au temps de Suzanne Lenglen et des « Mousquetaires », avant que Yannick Noah ne devienne le héros de Roland-Garros à l'ère télévisuelle. Ce sont sept siècles d'échanges au-dessus du filet, et leurs implications politiques, sociales, économiques et culturelles, que les meilleurs spécialistes de la question proposent de revisiter dans cet ouvrage.

    Sur commande
empty