Philippe Portier

  • Cet ouvrage repére trois grands moments dans l'agencement de la laïcité en France, dont le dernier à partir des années 1960 : s'impose alors un système inédit de reconnaissance, fondé sur un partenariat implicite entre l'État et les forces religieuses, dans un contexte marqué par l'expansion croisée des revendications identitaires et des angoisses sécuritaires. Cette approche aboutit à questionner fortement les théories pérennalistes qui entendent penser la laïcité hexagonale dans la stabilité de son concept originel.

  • Novembre 1919 : plusieurs syndicats se réclamant de la doctrine sociale de l'Église décident de s'unir en fondant la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). L'enjeu est de taille : apporter une réponse forte aux défis posés par l'expansion du libéralisme économique et du mouvement socialiste. Très vite, s'élabore un positionnement singulier dans la défense des intérêts des travailleurs grâce à une double identité : chrétienne et ouvrière. Plusieurs fois menacée au cours de son existence, la CFTC s'est cependant durablement inscrite dans le paysage syndical français. Tout en demeurant fidèle à ses principes fondateurs, elle a su s'adapter à l'évolution de la société moderne, dont elle a contribué à façonner les dynamiques.

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  • À la lumière du cas français - très spécifique pour des raisons notamment historiques - et quelques éclairages étrangers, cet ouvrage expose clairement les multiples aspects que recouvre la notion de laïcité et les nombreux débats auxquelles elle donne lieu dans notre société du début du XXIe siècle.

  • Alors que l'on croyait en avoir fini avec la religion sous la poussée d'une modernité occidentale qui semblait en avoir fortement réduit l'impact social, la religion occupe à nouveau une place centrale dans l'actualité française. Elle est au coeur de discussions et polémiques sociales ; elle figure également à l'agenda politique, les autorités publiques cherchant à redéfinir aussi bien les conditions d'exercice de la liberté religieuse et ses limites que le point d'équilibre à trouver pour garantir la neutralité religieuse de l'État dans la société. Dans ce contexte, les diverses religions relisent leurs traditions et l'actualisent, suscitant des réactions diverses en leur sein.
    Cet ouvrage présente, de la manière la plus complète possible, les grandes données dont nous disposons actuellement sur les reconfigurations contemporaines du religieux en France : net décrochage du catholicisme, progression des « sans religion », croissance de certaines croyances, brouillage des frontières précises entre les religieux et les non-religieux avec des minorités significatives de religieux non-croyant et de sans religion croyant, inversion de la corrélation entre engagement religieux et grande agglomération d'une part et entre engagement religieux et âge d'autre part...
    Congédiant l'idée selon laquelle plus de modernité signifierait moins de religion, cet ouvrage vient également montrer que, bien au contraire, l'ultramodernité contemporaine entraîne de profonds bouleversements du religieux qui ont des conséquences politiques, sociales et culturelles dont on ne mesure pas suffisamment l'ampleur.

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  • Dieu n'est pas mort. Il fait de la politique. Partout dans le monde, le religieux est de retour. Son ascendant se ressent à l'intérieur des Etats comme sur la scène internationale et ce, jusqu'en Occident, où il semblait promis à une irrémédiable occultation. Le constat, enthousiasmant pour les uns, dérangeant pour les autres, est sans appel : la modernité n'a pas induit la disparition sociale, ni surtout politique, du religieux.
    Trois phénomènes majeurs le traduisent : la polarisation des sociétés partagées entre effacement et réaffirmation des croyances, la politisation renouvelée des religions, la spiritualisation des politiques. Pour autant, il ne s'agit en aucun cas d'un retour aux temps anciens, quand toute vie sociale était configurée par le religieux. Fruit d'une coopération entre le Centre de recherches internationales de Sciences Po et le Groupe sociétés, religions, laïcités de l'Ecole pratique des hautes études, cet ouvrage révèle toute la complexité d'un espace contemporain en tension perpétuelle entre sécularisation et réenchantement du monde.

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  • Ce volume apporte des contributions à l'étude des radicalités politiques, de la démocratie libérale et de l'engagement des intellectuels en politique, tels que Charles Fourier, Louis Aragon, Francis Delaisi, Emmanuel Mounier, Michel Foucault ou les intellectuels maoïstes. Il se clôt sur la reprise d'un article important de Jean Baudouin, datant de 1997, où il précise sa conception du politique.

    Avec le soutien de l'IDPSP, EA 4640, université Rennes 1 et de l'université d'Angers.

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  • Le Groupe sociétés, religions, laïcités est le plus grand laboratoire français dans le domaine des sciences sociales du religieux. Ce livre propose un bilan de ses apports sur les différents régimes de laïcité et univers religieux, et une réflexion épistémologique sur les sciences sociales du religieux.

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  • On a pu souligner l'importance du facteur confessionnel dans les conflits armés contemporains, interétatiques mais aussi intraétatiques. Cet ouvrage ambitionne de proposer un schéma d'analyse de cette situation nouvelle, en refusant la thèse de la fatalité belligène du religieux.

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  • Cet ouvrage s'interroge sur une question très largement ignorée par la recherche contemporaine : la relation Droit, religion et éthique. On tend souvent à considérer que le phénomène de sécularisation s'est accompagné d'une autonomisation radicale de la sphère juridique vis-à-vis du monde des valeurs religieuses. Les contributions ici rassemblées remettent en cause cette croyance en rappelant que le droit procède aujourd'hui encore d'une axiologie préalable. Il ne s'agit certes pas de mettre en doute l'idée d'une " dédivinisation " de la loi positive : la modernité s'est imposée dans la plupart des aires culturelles. On entend simplement montrer, en adoptant un point de vue comparatiste, que la règle de droit est souvent la résultante de discours éthiques au sein desquels le religieux, de manière différenciée selon les sociétés, persiste à jouer, souvent à l'insu des acteurs politiques et sociaux, un rôle cardinal. Cette thèse se trouve vérifiée à partir de l'examen des modes d'élaboration des lois bioéthiques dans plusieurs pays relevant d'espaces religieux diversifiés.

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  • Fondé sur une série d'enquêtes originales, menées dans plusieurs démocraties stabilisées, cet ouvrage propose une analyse nouvelle du rapport citoyenneté-religion. Il montre que la religion, si l'on excepte du moins ses formes radicales, contribue grandement aujourd'hui à la production de la cohésion sociale et politique. Les États quant à eux, confrontés à une certaine « impotence symbolique et matérielle », ils entretiennent de plus en plus volontiers avec les religions des relations de coopération institutionnalisée.

    * Églises et constitution de l'éthique démocratique * États et régulation de l'espace religieux

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  • La laïcité française, loin d'avoir été un simple aménagement technique des rapports entre l'Eglise et l'Etat, a longtemps figuré au nombre des principes fondamentaux de la société française : elle visait à asseoir l'ordre politique sur les prescriptions de la raison universelle, à reléguer les appartenances confessionnelles dans la sphère privée et à instituer l'Etat en conscience rectrice de la communauté des citoyens.
    Or, depuis quelques années, ce modèle est sévèrement questionné. A la " séparation-neutralité " qu'il impliquait tend à se substituer, sur fond de crise de l'ethos républicain, une " séparation bienveillante " davantage ouverte à la publicisation des allégeances particulières. Cet ouvrage, issu d'un colloque tenu à Rennes à l'automne 1999 sous le patronage de l'Association Française de Science Politique, entend examiner les conditions de cette mutation.
    Après s'être arrêté sur la signification originelle du système français de laïcité, il s'emploie, d'une part, à décrypter les raisons de son obsolescence et, d'autre part, à analyser les modalités tout à la fois intellectuelles et normatives de sa recomposition. Si la laïcité demeure bien une " valeur d'aujourd'hui ", c'est au prix d'une transformation significative de son contenu.

  • Ce recueil dresse un tableau des variantes de la fonction politique, de l'image du bon prince à celle du leader démocrate, du monde ancien aux États modernes. Il s'emploie à montrer comment la fonction dirigeante se trouve travaillée par la culture des sociétés où elle s'inscrit. Ces analyses historiques et comparatistes permettent de nourrir la réflexion sur une question de la plus haute actualité : quel type de chef est compatible avec l'égalitarisme des sociétés démocratiques ?

    Avec le soutien de l'université Rennes 1.

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