Phebus

  • Noir canicule

    Christian Chavassieux

    • Phebus
    • 5 Mars 2020

    Nous sommes en 2003. Lily est taxi. Elle accompagne un couple de vieux agriculteurs sur la route de Cannes, en pleine fournaise. Et si la canicule se prolongeait indéfiniment ?

    Sur l'autoroute, les bolides klaxonnent de loin, fusillent le rétroviseur d'appels de phare et passent en trombe.

    À mesure que la température monte, les personnages se dévoilent, entre amour et violence. Lily songe à sa plus grande fille, Jessica, que l'adolescence expose aux premières déconvenues sentimentales. À son ex-mari, qui l'a quittée pour une femme plus jeune. À leurs anciens jeux érotiques...

    Il y a quelque chose de pourri dans l'atmosphère. La vie semble se résumer à une peur de souffrir.

    Et le lecteur est loin d'imaginer ce qui l'attend...

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  • Soufi, mon amour

    Elif Shafak

    • Phebus
    • 26 Août 2010

    On peut avoir la quarantaine plutôt épanouie, être une excellente ménagère et une enviable mère de famille, et découvrir soudain que sa vie ressemble à un leurre. C'est ce que réalise Ella Rubinstein lorsqu'elle entame la lecture de Doux Blasphème, un manuscrit signé Aziz Z. Zahara, soumis à son jugement par un éditeur. Ce roman va définitivement changer sa vie. Il retrace la vie du poète Rûmi qui, au xiiie siècle, vit son existence prendre une nouvelle orientation et une nouvelle hauteur sous l'influence du plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz. Au fil des e-mails à Zahara et des pages de Doux Blasphème, Ella subit une métamorphose quasi spirituelle, semblable à celle que connut Rûmi dans sa relation avec Shams.
    Dans l'un et l'autre cas, à sept siècles de distance, il est possible de parler d'amour, de l'amour transcendé par la quête mystique à laquelle il appelle.
    C'est en romancière de premier plan qu'Elif Shafak explore ici, avec une incomparable intensité, les sentiments les plus élevés. Tout le Moyen-Orient du xiiie siècle est sous sa plume ressuscité et trouve écho en notre époque.
    Incandescent de bout en bout, Soufi, mon amour sait nous happer, nous séduire, nous transporter. Il est sans aucun doute le plus grand roman d'Elif Shafak à ce jour. AUTEUR : Fille de diplomate, la Turque Elif Shafak est née à Strasbourg en 1971. Elle a passé son adolescence en Espagne, puis étudié en Turquie. Après un master en « Gender and Women's Studies » et un doctorat en sciences politiques, elle a un temps enseigné aux États-Unis. Elle vit aujourd'hui à Istanbul. Internationalement reconnue, elle est l'auteur de onze livres, dont La Bâtarde d'Istanbul (Phébus, 2007), Bonbon Palace (Phébus, 2008) et Lait noir (Phébus, 2009).

  • Pour les aficionados de Melville et de Guerne, la traduction que ce dernier a donnée de Moby Dick (en 1954 aux éditions du Sagittaire) est un monument indépassable : le traducteur-poète est allé jusqu'à s'initier au parler « salé » des matelots américains du XIXe siècle, tel qu'il se trouve consigné dans les anciens lexiques marins ; et surtout jusqu'à s'inventer un français hautement
    « melvillien », puisque le grand romancier aimait à dire qu'il n'écrivait pas en anglais mais en outlandish la langue du grand Ailleurs.
    Cette traduction, malgré un bref passage en collection de poche (1980), est restée la plupart du temps introuvable au cours du dernier demi-siècle. On envie déjà le plaisir et la surprise de ceux qui auront à découvrir sa riche et rude saveur : que reconnaîtront tous ceux qui ont fréquenté d'un peu près le vieil océan.
    Quant au livre lui-même resté à peu près inconnu du public au temps de Melville, il n'aura vraiment été découvert qu'au XXe siècle, où sa violente modernité paraissait enfin accordée à la période de tempêtes qu'inaugurait alors l'histoire jusqu'à passer aujourd'hui aux yeux de certains, aux yeux de beaucoup, comme le plus grand roman de la littérature américaine.
    Moby Dick, qui peut se lire comme le plus formidable des récits d'aventures, est en effet autre chose et bien plus que cela. Car par-delà les tribulations du capitaine Achab lancé a la poursuite de la Baleine blanche se profile une autre quête : celle d'une humanité embarquée de force à bord d'une histoire qui reste pour elle un mystère.

  • En 1919, des Japonaises quittent leur pays afin de rejoindre aux Etats-Unis des compatriotes auxquels elles ont été promises. Bercées d'illusions, elles vont endurer de cuisantes déceptions face à des maris brutaux, la xénophobie, un travail harassant, la barrière de la langue. Lors de la Seconde Guerre mondiale, suspectées par le pouvoir, elles sont enfermées dans des camps de concentration.

  • Un roman peut en cacher un autre.
    Comme chez Hitchcock - qui souvent s'inspira de l'oeuvre de Daphné Du Maurier - nous nous trouvons d'abord lancés sur une fausse piste : meurtre crapuleux dans la Rome de l'après-guerre. A moins que cette fausse piste elle-même... Armino, témoin bouleversé de l'affaire, décide de laisser tomber son job - guide pour touristes - et va se mettre au vert dans la petite ville dont il est originaire, aux confins de la Toscane, des Marches et de l'Ombrie.
    Le passé, espère-t-il, aura là-bas un autre goût : celui de la glorieuse Italie des ducs de Ruffano, qui ont laissé nombre de monuments dans la petite cité, et quelques légendes insistantes - parmi lesquelles celle du duc Claudio, dit le Faucon, un orgueilleux mort cinq siècles plus tôt, précipité de la plus haute tour de son palais alors qu'il essayait de s'envoler dans les airs. Passé et présent ont tendance, en de tels lieux, à confondre leurs rôles.
    Armino croit reconnaître en Aldo, l'agitateur culturel local, son frère aîné porté disparu pendant la guerre. Entre eux vont renaître les jeux cruels d'autrefois, où les femmes désormais auront un trouble rôle à jouer. Quel secret se cache derrière la porte si bien cadenassée de cette enfance qui refuse de mourir ? Pour l'avoir débusqué, Aldo un jour, devant la ville en fête, va se risquer à monter lui aussi l'escalier de la tour...
    Comme dans Le Bouc émissaire, auquel on l'a comparé, Daphné Du Maurier joue au long de ce romain sur le double registre du vertige et des intermittences de la mémoire. La guerre là encore n'est pas loin, et la vie a du mal à faire la paix avec elle-même, empoisonnée par quelques méchants secrets de famille. Invite à aller fouiller de l'autre côté des apparences : en ces obscurs retraits où l'Histoire de Secrètement rendez-vous à l'histoire de chacun.

  • Chacun sait que l'Orient-Express, le train mythique qui relie Paris à Istanbul, a inspiré la fiction dès sa mise en service en 1883. Mais le public n'en a guère retenu que les noms d'Agatha Christie, de Graham Greene ou de Paul Morand. Pourtant, cette littérature est aussi abondante que méconnue. Dès 1914, elle aborde par exemple de grandes thématiques telles que le luxe et la luxure, le brigandage, le complot et l'imaginaire d'une plus grande Europe. La Belle Époque explore plus particulièrement les paradoxes de cet imaginaire, de la séduisante madone des sleepings au train de l'angoisse.
    Avant que le second vingtième siècle ne balance entre la critique, la parodie et la nostalgie d'un monde perdu.
    De Jean Giraudoux à Graham Greene, d'Apollinaire à Agatha Christie en passant par Lawrence Durrel, Edmond About ou Albert Londres, Blanche El Gammal nous offre une anthologie de textes célèbres et oubliés et nous fait voyager de manière singulière dans l'Europe du siècle dernier, entre exotisme, propagande, fantasmes et désillusions.

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  • Voici l'histoire de deux familles dans les dernières années du XXe siècle. L'une, les Kazanci, est turque et vit à Istanbul; la seconde, arménienne, les Tchakhmakhchian, s'est installée à San Francisco après le génocide. Chez les Kazanci, les femmes sont de grandes amoureuses, des hypocondriaques ou des fortes en gueule, et les hommes n'atteignent pas les quarante ans. Chez les Tchakhmakhchian, on est prude, religieux, sans imagination, frileux en tout, excepté Rose qui abandonne son époux pour se remarier avec un. Turc. Lorsque la fille de Rose, Armanouch, se rend à Istanbul pour y rencontrer la famille de son beau-père, elle se lie d'amitié avec la plus jeune des Kazanci, Asya, celle que l'on appelle la "bâtarde". Au cours du séjour d'Armanouch beaucoup de secrets seront mis à nu, et pas des moindres: inceste, rapt d'enfant, identité volée. Un meurtre conclura les révélations. Et la vie continuera.

    Elif Shafak est en train de devenir, avec Orhan Pamuk, l'écrivain turc le plus célèbre du monde. Née à Strasbourg en 1971, elle passe son adolescence en Espagne (sa mère est diplomate), avant de partager son temps entre Istanbul et l'Arizona. Tout en bâtissant une oeuvre de premier ordre (six romans à ce jour, dont The Flea Palace que Phébus publiera en 2008), elle mène une carrière de journaliste respectée (notamment comme correspondante régulière du New York Times). Elif Shafak est de tous les combats, ce qui lui vaut des menaces de mort. La Bâtarde d'Istanbul, le premier de ses livres à paraître en français, est déjà un succès aux États-Unis et lui a valu un procès retentissant en Turquie: parce qu'elle ose y aborder le génocide arménien, elle a été accusée d'"atteinte à la dignité de l'État turc".

    Avec ses intrigues à foison et ses personnages pour le moins extravagants, La Bâtarde d'Istanbul pose une question essentielle: que sait-on vraiment de ses originesoe Elif Shafak, écrivain engagé et n'utilisant pas la langue de bois, demande à son peuple d'affronter enfin son histoire, en particulier le génocide arménien et le massacre des Kurdes. Elle a le sens du récit, un humour féroce et un talent incontestable pour enchevêtrer la comédie au drame, le présent au passé. La Bâtarde d'Istanbul est donc une réussite romanesque, et un plaidoyer contre l'injustice, la bêtise et la haine.


  • Il aura suffi d'un coup de fil et d'un malentendu pour que Willa Drake devienne la grand-mère d'une petite fille de neuf ans qu'elle n'a jamais vu.

    Avec humour et tendresse, Anne Tyler nous rappelle qu'il n'est jamais trop tard pour choisir sa vie.

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  • L'attente interminable d'une jeune femme qui vient d'envoyer un sexto à sa nouvelle conquête ; un premier rendez-vous se terminant aux urgences ; la chronique poignante de la thérapie d'un couple quinquagénaire ; le vertige existentiel de jeunes parents qui découvrent que leur fille adoptive est malade ou encore un amour de vieillesse qui prend fin trop rapidement.
    Les chroniques de Modern Love rapportent des histoires de flirts, d'aventures d'un soir et de passions dévorantes mais aussi d'amour romantique, platonique et familial, balayant ainsi un large spectre de ce qui façonne les relations humaines :
    L'amour.
    Panorama complet de la façon dont nos sociétés contemporaines envisagent et vivent ce sentiment complexe, le livre met en scène les défis qu'elles rencontrent (l'invasion de la technologie dans le dialogue amoureux ou la conjugaison parfois complexe de la relation de couple et du rythme effréné de la vie moderne) et leurs interrogations. Qu'est-ce qui façonne le désir ? Y a-t-il plusieurs formes d'amour ? Qu'est-ce que le couple ? Qu'est-ce qu'une famille ?

  • Rédigé sur commande au mitan du xive siècle à l'occasion d'une promesse de mariage, ce roman chevaleresque destiné à une princesse est un témoin ambitieux de la littérature de la fin du Moyen Âge.
    Nourri d'un idéal courtois mis en danger par la guerre, les rivalités politiques et les épidémies, le livre ne se contente pas de raconter une histoire d'amour modelée sur tant d'autres. La poésie, la musique, la danse et la qualité des images se conjuguent pour composer une ode à l'empire des sens. OEuvre complète, le texte a vraisemblablement inspiré le très célèbre cycle de six tapisseries baptisé La Dame à la Licorne et exposé au musée de Cluny. Il offre en outre une image renouvelée de la féminité. Pour une jeune femme, ce livre-coffret se présentait autant comme un manuel de conduite éthique et érotique que comme une promesse de divertissements secrets pour égayer les heures passées dans des chambres aux tentures multicolores et momentanément à l'abri des catastrophes du monde.
    Idéal pour les amateurs de fantasy qui y retrouveront tous les ingrédients qui ravissent l'imaginaire de bien des lecteurs aujourd'hui.

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  • Le vent dans les saules

    Kenneth Grahame

    • Phebus
    • 12 Janvier 2006

    Kenneth Grahame (1859-1932) est aujourd'hui encore l'un des auteurs anglo-saxons les plus lus de par le monde, alors qu'au total il n'a pas publié grand-chose. Mais tout de même, parmi ce pasgrand-chose, un pur chef-d'oeuvre de malice faussement enfantine, Le Vent dans les saules
    (1908), traduit dans quasi toutes les langues de la planète et bizarrement ignoré chez nous... lors même que Borges hier et Alberto Manguel aujourd'hui n'ont pas hésité à le ranger au tout premier rang de leur bibliothèque imaginaire. Soit les aventures - disons plutôt mésaventures - de quatre Mousquetaires pantouflards lancés bien imprudemment sur les routes du vaste monde, et qui trouvent le moyen, entre trouille verte et candide inconscience, de rendre des points à feu Don Quichotte soi-même. Le tout, pourtant,
    sans quitter de bien loin les bords humides et rassurants de leur chère rivière. Car nos quatre bretteurs malgré eux ont nom M. Mole (la Taupe), M. Water Rat (le Campagnol des berges), M. Badger (le Blaireau) et M. Toad (le Crapaud).
    Nostalgie, nostalgie... Oui, c'est bien de cela qu'il est question au bout du chemin, même si l'on a beaucoup ri. C'est que Kenneth Grahame, grand enfant égaré dans le monde adulte, dégoûté par l'utilitarisme et par l'activisme ambiants (il n'était pas précisément ce qu'on appelle un homme de progrès), écologiste avant la lettre, ne se contente pas de nous rappeler que nos jeunes années sont ce vert paradis chanté par le poète. Il nous enjoint de ne jamais le perdre du regard, ce paradis, faute de quoi la porte risque de s'en refermer malignement dans notre dos sans que nous y prenions garde, nous privant de ce qu'un autre poète a appelé « la vraie vie », et ne nous laissant que nos larmes pour pleurer. On a tenu, pour restituer ce chef-d'oeuvre méconnu à tous ses lecteurs - petits et grands confondus - à le donner ici dans une traduction nouvelle due à Gérard Joulié, poète à ses heures et « grahamien » de toujours. Et pour faire bonne mesure, on a résolu de faire reparaître en même temps l'autre grand livre du même Grahame, Jours de rêve (histoire un brin romancée de l'enfance champêtre de l'auteur) dans la belle traduction de Léo Lack.

  • Alamut

    Vladimir Bartol

    • Phebus
    • 1 Août 1991
  • Cinquième rentrée, cinquième école pour Osei Kokote, le fils de onze ans d'un diplomate ghanéen, cette fois-ci, à Washington D.C, aux Etats-Unis, où il s'avère être le seul garçon noir de sa classe.
    Heureusement, il tombe par hasard sur Dee, la fille la plus populaire de l'école, qui n'a pas peur de s'intéresser à lui. Pour Ian, le troisième membre de ce triangle amoureux d'école primaire, cette relation naissante entre Dee et le garçon noir n'est cependant pas envisageable... Témoignage trop vraisemblable d'une cour d'école dans les années 70 aux Etats-Unis (que Tracy Chevalier fréquenta elle-même à Washington D.C.) ou remake shakespearien ébouriffant et ébouriffé en culotte courte ?
    On ne sait bientôt plus. Tout simplement du pur Tracy Chevalier, aussi à l'aise avec les grandes figures du théâtre élisabéthain qu'avec la peinture flamande.

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  • Miarka

    Antoine de Meaux

    • Phebus
    • 1 Octobre 2020

    De son passage chez les éclaireuses, Denise Vernay avait retenu une leçon à laquelle elle fut toujours fidèle : « aider les autres le plus possible ». Elle y avait aussi gagné un surnom, Miarka. C'est le pseudonyme qu'elle choisit quand elle entre dans la Résistance.
    Elle a alors dix-neuf ans. Elle est la soeur aînée de la future Simone Veil, qui incarnera aux yeux des français le destin singulier de la famille Jacob dans l'histoire de notre pays. Une famille juive laïque, héritière d'une très haute culture en butte avec la barbarie.
    A Lyon, Miarka est agente de liaison. A pied ou à bicyclette, elle recueille les demandes de faux-papier, livre le journal du mouvement Franc-Tireur, collecte les informations.Arrêtée le 19 juin 1944, elle subit la torture de la baignoire, mais ne parle pas.
    Déportée à Ravensbruck, elle y constitue avec six autres détenues un groupe d'amies solidaires. Seules deux d'entre elles survivront.
    Antoine de Meaux dresse le portrait d'une femme d'exception. Il nous offre un document sensible et inspiré :
    Une oeuvre de mémoire alors que la haine gagne du terrain.

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  • Paul-Émile Victor aimait à rappeler que s'il avait consacré sa vie à l'exploration des régions polaires, c'était pour avoir lu un jour la relation du voyage de Sir Ernest Shackleton à bord de l'Endurance : à ses yeux le plus beau récit d'aventures qui ait été publié en ce siècle - rien de moins. Deux ans après qu'Amundsen eut atteint le pôle Sud, Shackleton s'embarque à bord de l'Endurance. Son but : débarquer sur la côte de l'Antarctique une équipe d'exploration au complet. et tenter de traverser, en traîneaux à chiens, le continent glacial dans toute sa largeur, de la mer de Weddell (Atlantique sud) à la mer de Ross (qui s'ouvre au sud de la Nouvelle-Zélande).En fait rien ne se passa comme prévu et l'expédition faillit bien tourner à la tragédie : il s'en fallut quasi d'un miracle. ou plutôt de l'obstination insensée d'un homme qui s'ingéniait à trouver dans la pire adversité des ressources insoupçonnables. Shackleton et son équipage ne réussiront même pas à toucher le continent : leur navire, prisonnier des glaces dès l'hiver austral 1915, finira broyé par la banquise après quelques mois de dérive. Il leur faut alors, pendant des semaines, pousser sur la glace leurs trois chaloupes montées sur traîneaux, jusqu'à la mer libre. et de là, tenter de remonter vers le nord et atteindre une île où l'on puisse les secourir. Après une navigation périlleuse au milieu des icebergs, sans nourriture et presque sans sommeil, la petite troupe réussit à toucher l'île Éléphant, aux portes de la mer de Weddell. Mais l'île est déserte et aucun navire ne fréquente ces parages. Shackleton ose alors l'impossible : il laisse sur place le gros de son expédition, qui tentera de survivre quatre mois durant presque privée de tout. et rejoint en canot, avec cinq hommes, les côtes de l'archipel de Géorgie du Sud où hivernent parfois quelques baleiniers - soit 1 500 km à la voile et à la rame à la veille de l'hiver austral ! Il lui faudra encore traverser, sans aucun matériel, les montagnes et les glaciers vertigineux de l'archipel ( jusqu'alors inexplorés) avant de toucher le premier poste civilisé. Puis organiser rien de moins que quatre tentatives pour rallier l'île Éléphant bloquée par les glaces. et ramener finalement son équipe au complet. Bref, un échec. Mais où Paul-Émile Victor persiste à voir la plus fabuleuse aventure jamais vécue par les hommes en terre australe. Et de s'étonner que la dernière édition intégrale de ce texte en français (avant sa remise au jour par Phébus en 1988) remonte aux années trente ! (C'est elle qui se trouve reprise ici, illustrée par les célèbres photos de Frank Hurley, membre de l'expédition - dont la BBC a tiré il y a quelques années un film primé dans plusieurs festivals internationaux.) Sentiment de la presse à l'occasion de la redécouverte de ce texte, résumé par Jean-Louis Ezine dans le Nouvel Observateur : « Quand on nous envoie Shackleton, même Paul-Émile Victor s'agenouille ! »

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  • les compagnons de jéhu (1857) marquent pour dumas l'heure du grand retour au roman, après dix années vouées pour l'essentiel à quelques aventures journalistiques joliment ruineuses - un retour en fanfare, car le livres, de l'avis des connaisseurs.
    est l'une de ses plus fières réussites. ils constituent surtout le premier volet publié de la " trilogie des sainte-hermine ", qui depuis les blancs et les bleus jusqu'au chevalier de sainte-hermine (son grand roman perdu, retrouvé en 2005) embrasse la période cruciale de la révolution et de l'empire: trois récits que l'on peut lire dans l'ordre qu'on veut - dumas y a veillé - et qui figurent à ses yeux une manière de testament.
    l'épisode que retient cette fois le romancier nous conduit au 18-brumaire et à ses suites : oú la révolution, battue en brèche par le soulèvement royaliste. , va se trouver " sauvée " par une poignée de comploteurs rassemblés autour d'un général de trente ans. nous voici donc conviés à suivre. à la piste le brave roland de montrevel, dépêché en franche-comté par le jeune bonaparte pour mater l'armée invisible des compagnons de jéhu, qui tiennent le pays au nom du roi, détroussent les diligences et rançonnent les puissants de l'endroit avec un panache qui ne tarde pas à leur valoir la faveur du peuple.
    cavalcades, embuscades, trahisons sont bien sûr au rendez-vous et ont tôt fait de nous tenir en haleine. dès lors peut-on s'étonner de ce que ce roman, chouchou de tous les dumasiens avertis, ait fait de si brèves apparitions eu librairie depuis un siècle et demi. mais l'on se réjouira de ce que claude schopp, maître d'oeuvre de cette remise au jour, épluchant manuscrits et archives, se soit aperçu qu'on en avait jusqu'alors largement censuré le texte - qu'on découvrira ici dans une version enfin fidèle au voeu de dumas.
    et qu'on espère définitive.

  • Le roman a pour décor le Paris du xixe siècle, oscillant entre accalmies et luttes pour la liberté. Marqué par la mort prématurée de ses parents, Louis Lefèvre est élevé par sa tante.
    Choyé, le garçon fait pourtant montre d'un caractère farouche et ombrageux. Très jeune, Louis manifeste un don pour la composition et se réfugie dans la musique.
    Séduit par un idéal de justice sociale, Louis se joint aux journées révolutionnaires de 1848 et 1871 et rêve d'y consacrer une majestueuse symphonie.
    Malgré un talent hors pair, Louis rechigne à rendre ses oeuvres publiques. Son trouble mental s'aggrave : quasi aliéné, rongé par la haine de soi, il détruit ses créations.
    Une suite de passions tragiques creuse le gouffre de sa folie :
    Chez lui, l'amour du beau s'accompagne de l'attrait irrésistible de la violence qui le poussera à la transgression...

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  • La vie commence à 60 ans

    Bernard Ollivier

    • Phebus
    • 28 Février 2008

    "La retraite est une aventure. Qu'elle soit ardemment souhaitée ou rejetée, elle est inéluctable. Il y a de nombreuses recettes pour la rater. Hélas pour ceux qui ne réagissent pas, il n'y aura pas d'autre chance; c'est la dernière. Comment ne pas transformer une période cruciale - a troisième et dernière partie de la vie après l'adolescence et la maturité - en marais intellectuel et physique, avant la déchéance promiseoe Voici 10 ans, alors que j'entamais cette dernière page de mon existence, j'étais déprimé, anémié, sans espoir et sans projet, en un mot désespéré. La chance et sans doute une volonté de vivre qui ne demandait qu'à s'exprimer m'ont permis de transformer cette "retraite" en une aventure fertile. De me re-fabriquer une existence riche et créatrice. A travers ma propre expérience, je souhaite montrer à tous ces lecteurs qui m'ont suivi sur la route de la soie puis dans l'aventure de Seuil que, pour eux aussi, "la vie commence à 60 ans".

  • Ce n'est qu'en 1990, soit trois ans avant sa mort, que stegner aura rassemblé en volume l'essentiel de ses nouvelles - dont on n'a retenu ici que la plus haute fleur (cinq textes, pas plus).
    Il s'agit là pour la plupart d'oeuvres de jeunesse, l'écrivain avant assez tôt délaissé le genre pour se consacrer au roman puis à l'essai historique. quelques-unes d'entre elles peuvent néanmoins prétendre au rang de chefs-d'oeuvre - et d'autant mieux que s'y retrouve, à l'état natif en quelque sorte, le précieux minerai qui servira de matière spécifique aux romans. comme dans les grands romans de stegner, la vie est là, solidement campée dans le réel, charriant son lot d'espérances et d'épreuves.
    Jusqu'à cette heure inévitable oú l'on se dit que ce rien, justement, apparaît comme la seule vraie richesse qui vous restera bientôt entre les mains. la sagesse de stegner, cavalier peu bavard, prend sa source dans l'antiquité : du côté de chez les stoïciens. il y ajoute son humour, et sa très fraternelle mélancolie. un cocktail comme l'amérique n'en offre pas souvent. conclusion du washington post : " l'un des plus grands ! ".

  • Le docteur Battista vit seul avec ses deux filles depuis le décès de leur mère. Savant fou aussi sympathique que farfelu, il laisse volontiers son aînée, Kate, s'occuper de tout à la maison - et notamment de sa petite soeur, Bunny. Tout ce qu'il demande, c'est un sandwich pour son déjeuner et le moins d'intendance possible. Tout fonctionne parfaitement jusqu'au jour où Louis Battista découvre que le visa de Piotr, son jeune et brillant assistant, arrive très prochainement à expiration définitive... Pour ne pas remettre en cause son précieux rythme de travail, il imagine alors joindre l'utile à l'agréable : convaincre Kate et Piotr de se marier.

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