Pu De Rennes

  • L'ouvrage interroge les modes de fabrication des discours dans le milieu de la danse contemporaine en France pour se concentrer sur un réseau entièrement masculin de trois chorégraphes : Jérôme Bel, Boris Charmatz, Xavier Le Roy.

    Considérée pendant longtemps comme un art muet, la danse montre aujourd'hui un renversement de ses pratiques : danseuses et danseurs presque immobiles qui communiquent sur leurs oeuvres; critiques et historiens de la danse qui réfléchissent à côté des artistes sur les conditions d'exercice de cet art ; institutions publiques et privées qui de plus en plus partagent avec les artistes et le public l'attribution d'un rôle social à la danse.

    La réflexion menée autour des formes et des pratiques des discours dans l'art chorégraphique est à la fois esthétique, historique et sociologique. Elle suit une approche de type dramaturgique des discours pratiqués par l'ensemble des acteurs, à partir d'une idée de complémentarité et de complicité des voix. Ce qui émerge est la façon dont le "tournant éthique" de l'artiste "dialogue" avec les conditions de production, celles qui aujourd'hui dépendent du fonctionnement des marchés, du système culturel façonné sur le même modèle économique, et du rapport avec le spectateur en tant que consommateur de biens particuliers.

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  • Garder trace de la création contemporaine, de ses spectacles comme des processus qui menèrent à l'?uvre, telle est l'injonction qui semble gagner artistes et chercheurs dans le domaine des arts de la scène, longtemps perçus comme des arts de l'éphémère ; ceci pour tenter sans doute d'en conserver la mémoire, voire d'en écrire l'histoire et de pallier ainsi le manque crucial de traces de ses formes actuelles ou révolues. Ces nouvelles pensées et pratiques sont cependant placées sous le prisme de la révolution numérique qui transforme les modalités mêmes de la conservation du passé et du présent. C'est dans ce contexte sociétal, où apparaissent de nouvelles pratiques d'archivage des arts et des savoirs, que s'ancre notre réflexion, tout entière tendue entre le désir de capter des traces de la création et la conscience aiguë des risques adjacents d'une telle entreprise.

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  • L'attention portée aux gestes confirme le tournant anthropologique que connaissent depuis quelques années les études cinématographiques. Le geste filmé, le geste de filmer, le geste de recevoir un film et de lui répondre sont les vecteurs d'une expérience partagée : repris, détaillé, le geste filmé s'offre comme réalité sensible et adresse à l'autre. Loin de toute assignation de sens comme de toute obligation de résultat, le geste s'impose ainsi, selon Agamben qui est le fil rouge de ce volume, comme l'une des dernières formes d'expression du politique. L'expérience du film rendrait ainsi possible une nouvelle définition de l'être-ensemble qui constitue le politique : un passage de relais où personne filmée, cinéaste, spectateur, tour à tour s'exposent et (se) regardent.

    /> Les textes de ce volume cernent les points de tension où s'impose, dans l'éclat et l'éclair d'un geste, cette dimension politique, entre emprise et émancipation, action militante et mise en scène de soi. C'est surtout dans les formes libres du film-essai ou du documentaire de création, de Pasolini à Godard, de Kiarostami à Kawase, de Farocki à Wang Bing et de Zilnik à Klotz et Perceval que s'illustrent ces oscillations. Les contributions de trois cinéastes passeurs, Xavier Christiaens, Sylvain George et Sothean Nhieim, perpétuent le geste politique dont est ici proposée l'analyse.

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  • L'identité artistique du metteur en scène est réactualisée à chaque nouvelle métamorphose, souvent synonyme de nouvelle ère esthétique. Aujourd'hui, c'est dans la transversalité et l'intermédialité qu'apparaît cette interrogation, non seulement au sein des champs disciplinaires du théâtre mais aussi en collaboration avec tous les participants à la création artistique. Cet ouvrage offre des regards nourris, engagés, distanciés et critiques à travers la parole d'artistes et d'universitaires, français et étrangers pour éclairer l'évolution des processus de création, des métiers et des équipes, des représentations et de la réception des spectacles d'aujourd'hui.

    Avec le soutien de l'université de Lausanne, Fonds des publications.

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  • Connu comme l'un des cinéastes majeurs de la dissidence pendant la dictature franquiste, Carlos Saura l'est également pour ses nombreux films musicaux (Carmen, Tango) où la danse occupe une place centrale. Elle est aussi présente, sous une forme ou une autre, dans la plupart de ses films, et sert ici de fil d'Ariane pour s'orienter dans une oeuvre protéiforme et souvent hétérogène.

    Du bal populaire aux enlacements intimes, du ballet professionnel à la danse de combat ou de possession, le corps dansant traverse quasiment toute la filmographie où il dessine à la fois l'évolution d'une société, la libération des corps et des esprits, et la trajectoire esthétique d'un cinéaste également peintre et photographe. Recourant d'abord à la métaphore comme stratégie de contournement de la censure, il prolonge sa recherche formelle en élaborant des mises en abyme complexes, puis la réflexivité du processus de création devient une structure de prédilection qui aboutit, dès les années 1980, à un dialogue entre les arts se poursuivant jusqu'au dernier opus en date (Beyond flamenco, 2016). Dans la dernière partie de la filmographie, la danse et la musique partagent l'image filmique avec la peinture, la photographie, la projection cinématographique, la scénographie théâtrale, dans un vaste mouvement d'hybridation des formes et des langages.

    Ce livre propose ainsi de revisiter la majeure partie des films de Carlos Saura au prisme de la danse, et ouvre à une réflexion plus large sur l'ensemble de l'oeuvre, le rapport au corps, à l'art et à la représentation.

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  • Cette étude de l'oeuvre d'Abbas Kiarostami prise sous ses multiples facettes (films, vidéos, installations, poèmes, opéra) tenter d'en saisir, sous l'apparent dépouillement, la complexité. Elle offre aussi l'occasion de remettre à l'ouvrage la notion même de modernité dans une perspective plus vaste suscitée par l'oeuvre elle-même, incluant les champs de l'art et de la philosophie.

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  • Cet ouvrage propose d'étudier les discours sur le cinéma en France entre 1945 et 1949 et, au sein de cet ensemble, d'interroger la relation entre la reconnaissance progressive des écrits baziniens, et leur dimension profondément interdiscursive. Il émet l'hypothèse que cette caractéristique joue un rôle central dans ce phénomène de reconnaissance, en même temps qu elle constitue un ferment essentiel de la méthode de scientifisation de la pensée sur le cinéma mise en place progressivement par Bazin.
    Celui qui donne ici son nom à une transformation de la critique française par l'affirmation d'une méthode nouvelle, dans la façon de voir et de commenter les films, est donc un auteur qui tente de prendre en compte des conceptions du cinéma parfois contradictoires, en ne cessant jamais d'échanger avec elles et en acceptant de se laisser corrompre, lorsque l'idée d'un autre s'avère pertinente.
    Plus précisément, cette analyse historique du système discursif bazinien étudie la manière dont il répond aux problèmes du cinéma (en particulier du cinéma français), entre 1945 et 1949, en le confrontant à des discours de toutes natures. Ceux-ci sont ici réunis en trois principaux pôles discursifs : "renaissance", "reconnaissance" et "connaissance".
    Cette confrontation permet de montrer que la pensée de Bazin est tout à la fois traversée et travaillée par les enjeux des divers discours de l'époque. D'un point de convergence, elle devient un lieu de transformation tant des autres énoncés sur le cinéma que de leurs modalités.
    Ainsi s'opère la transformation Bazin.

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  • Ce livre étudie les interactions entre le cinéma et l'opéra, interactions qui se répètent et se réinventent constamment à travers des relations institutionnelles, techniques, esthétiques, génériques, formelles et humaines. Les contributions sont complétées d'entretiens avec la compositrice Michèle Reverdy et les réalisateurs Philippe Béziat, Benoît Jacquot, Jacques Martineau et Olivier Simonnet.
    Avec le soutien du CELLAM (EA 3206) de l'université de Rennes 2 , du Centre de littérature et de poétique comparée (EA 3931) de l'université Paris Nanterre , du Centre de recherche en littérature comparée (EA 4510) de l'université de Paris-Sorbonne et de l'ELLIADD (EA 4661) de l'université de Franche-Comté.

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  • Comment parler des spectacles que l'on a vus ? Comment mettre en mots une expérience qui s'inscrit dans l'intimité la plus profonde et se partage en société dans une pratique culturelle ritualisée ? Des spécialistes d'études théâtrales et de littératures française et européenne interrogent la construction d'un récit par le spectateur et témoignent de la force créatrice des discours par lesquels on s'affirme comme amateur de spectacles et où l'on se les approprie jusqu'à les réinventer.

    Avec le soutien du LASLAR de l'université de Caen-Normandie.

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  • Par le biais de deux groupes de production issus de la même base, Slon (1968-1973) et Iskra qui lui succède, l'auteure de cet ouvrage interroge les modalités d'intervention politique d'une partie des acteurs du champ cinématographique français, de la fin des années 1960 à la fin des années 1980. Ce travail interroge l'élaboration de modèles de productions spécifiques s'opposant au fonctionnement de l'industrie cinématographique, la diversité des voies d'engagement en cinéma ainsi que l'émergence de nouvelles pratiques de diffusion à l'aide d'archives jusqu'alors inexploitées et du recueil de nombreux témoignages.

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  • Nourrie notamment par la réflexion de Theodor W. Adorno sur les concepts de dislocation et de dissonance en art, cette étude interroge les formes du montage dans le cinéma d'avant-garde en termes de passage d'une esthétique positiviste à une esthétique de la positivité. Elle met en lumière le renversement de la totalité, de l'unité et de la continuité en leur exact contraire : le fragment, l'hétérogène et la discontinuité.

    Avec le soutien du centre de recherche Rirra21, université Paul-Valéry-Montpellier 3.

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  • Comment les traces et les archives sont-elles pensées et manipulées par les artistes dans leurs processus de création et une fois les créations achevées ? Comment les chercheurs s'emparent-ils à leur tour de ces traces pour écrire l'histoire du spectacle vivant ? Cet ouvrage, rassemblant artistes et chercheurs, développe une réflexion sur la nature et les usages des traces de la création (documents ou archives) dans les arts de la scène ainsi que sur les héritages et les modalités de transmission contenus au sein même des oeuvres.

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  • Du cinéma qui naît à la fin du XIXe siècle à celui qui s'expose aujourd'hui au musée, s'est jouée une histoire en trois temps, dont chacun est venu décrire un usage théorique et social du signifiant « cinéma ». Le premier est le moment Lumière. Le second, le moment Canudo et le troisième, le moment Youngblood. Cet essai se propose de reprendre l'histoire de ces moments cinématographiques et fait l'hypothèse que le cinéma ne s'est maintenu septième dans la suite des arts qu'au prix d'un conflit de définitions qui ne s'est pas achevé avec la généralisation de son modèle économique.

    Avec le soutien du laboratoire PASSAGES XX-XXI et de l'université Lumière Lyon 2.

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  • Comédien, dramaturge et chef de troupe, Molière a consacré une part cruciale de son activité au divertissement du roi Louis XIV. L'objet de cet ouvrage est l'un de ces spectacles, Le Divertissement royal dit Les Amants magnifiques, représenté au château de Saint-Germain-en-Laye pour le carnaval de 1670. Destiné à faire éclater la plus grande variété et la plus grande magnificence, il fut conçu en collaboration avec le décorateur et machiniste Carlo Vigarani, Jean-Baptiste Lully, compositeur favori du roi, les danseurs virtuoses Pierre Beauchamps et Hilaire Dolivet, et les meilleurs interprètes, comédiens de la troupe parisienne et musiciens de la musique royale.

    Issus de plusieurs disciplines - histoire, histoire de l'art, musique, littérature, histoire du théâtre et de la danse - les chercheurs ici rassemblés se penchent sur la signification de cette oeuvre complexe, fruit de la culture des élites aristocratiques et des préoccupations de Molière. Une édition des textes officiels, qui accompagnèrent la création, et des archives de la production, achève de donner corps à l'aventure des artistes au coeur de cette société fascinante : la cour de France.

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  • Les pratiques contemporaines de l'archive sont emblématiques de notre rapport au passé et à la tradition. Rassemblant des textes d'artistes, de chercheurs, de curateurs, ce livre tente de cerner notre actuelle « culture de l'archive » - à l'ère du Big data, de l'autoarchivage des réseaux sociaux, de l'économie de la connaissance qui transforment le spectateur en producteur de savoir, et l'artiste, à bien des égards, en médiateur, en archiveur de sa pratique et en entrepreneur de l'image.

    Avec le soutien de l'université Paris-Diderot et du centre d'étude et de recherche interdisciplinaire de l'UFR LAC. Cette publication est soutenue par le réseau Usages des Patrimoines Numérisés (www.udpn.fr) bénéficiaire d'un financement Idex (Sorbonne Paris Cité).

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  • Au seuil des années 1960, l'op art surgit et crée l'émulation. Une foule de graphistes publicitaires, d'arrangeurs de vitrine et de couturiers s'empare de ce mouvement artistique. Mais un autre art lui prescrit un renouveau profond : le cinéma. Sur quinze ans, les auteurs de films les plus variés exploitent sans égal un génie des formes, révélant ainsi un mariage pathologique, celui du voyeur et de l'halluciné. Le cinéma a trouvé dans l'op art sa victime consentante : une esthétique hallucinée, apte à sublimer un décor à moindre frais, apte à traduire des états mentaux délirants, ou des visons impossibles.

    Avec une préface de Arnauld Pierre.


    Avec le soutien de Sorbonne Université, de la Fondation Hartung-Bergman, et de ADHEX TECHNOLOGIES.

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  • Le point de vue n'est pas seulement une question de positionnement dans l'espace imaginaire que produit le cinéaste, pas plus que la technique ne se limite à la manière dont les techniciens manipulent et placent leurs appareils de prise de vues et de prise de son au sein d'une scène filmée. Partant de ce constat, l'ambition des textes ici réunis est de proposer une approche liant ouvertement la technique à la désignation et aux implications du point de vue/point d'écoute au cinéma.

    Avec le soutien de l'équipe d'accueil Arts : pratiques et poétiques de l'université Rennes 2.

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  • Les scènes contemporaines offrent depuis une trentaine d'années une présence forte de l'objet. Celui-ci, sous les auspices de cette « réalité du rang le plus bas » dont Tadeusz Kantor fut en son temps l'un des promoteurs, s'impose même dans certaines pratiques comme le fondement du travail théâtral. Sans valeur marchande et esthétique, cet objet arraché à la réalité a pour partie remplacé l'accessoire de théâtre traditionnel. Du Théâtre du Radeau à la compagnie Deschamps-Makeïeff en passant par les 26 000 couverts, Jean-Luc Mattéoli en étudie les mises en scène.

  • La description classique de l'accompagnement du film muet consiste à dire qu'un pianiste ou un orchestre jouait pendant la projection. Cet ouvrage a pour ambition de retrouver la réalité complexe des spectacles cinématographiques avant l9l4, dont le spectre d'écoute était d'une variété extrême. En explorant les archives municipales, les rubriques des spectacles des quotidiens locaux, la presse corporative, aussi bien qu'en observant les cartes postales de l'époque, on découvre un capharnaüm littéralement inouï. La multitude des lieux de projection explique l'éventail infini des sons entendus par les spectateurs. Car ceux-ci ont découvert les films dans des cafés, des music-halls, des grands magasins, des cirques aussi bien que dans des églises, des salles de classe ou même des patinoires! L'étude d'un grand nombre de villes françaises donne une idée précise de la vie pendant les projections. Le foisonnement sonore permet de redécouvrir l'expérience du spectateur de la Belle Epoque. L'importance de la participation du public est un point fondamental. Les cris, applaudissements et paroles diverses dans des patois variés, accompagnaient les films. Les projections étaient vivantes et, à chaque fois, uniques. Sur les champs de foire, les machines à vapeur - dynamo vrombissantes, les grognements des fauves et le vacarme des orchestrions résonnaient plus fort que le piano. Dans des lieux plus calmes, les paroles des conférenciers, des prêtres, des vulgarisateurs scientifiques et des bonimenteurs captaient l'attention de l'auditoire. Les bruiteurs, eux aussi, influençaient la vision des films et les musiciens, dans des orchestres de toutes tailles rivalisaient avec les chanteurs d'opéra pour amplifier l'émotion provoquée par les images en mouvement. Enfin, la synchronisation mécanique des films était bien plus courante qu'on ne le pense. C'est cette diversité sonore oubliée que ce livre entend remettre en oreille. Ce faisant, il déplace la façon dont l'historiographie traditionnelle présente la réception des films.

  • Avant d'être un art, avant d'être une industrie, le cinéma est d'abord une technologie. Bien qu'on en reconnaisse généralement l'importance, la dimension technologique du cinéma a pourtant longtemps été négligée. Cet ouvrage va à contre-courant de ces idées reçues et participe plutôt du nouvel intérêt pour la technologie qu'a suscité, notamment, l'envahissement par le numérique de toutes les sphères de la production et de la diffusion cinématographiques.
    En effet, l'abandon désormais généralisé du «dispositif de base» nous amène à reconsidérer la place qu'occupent les techniques et les technologies, dans notre façon non seulement de faire des films, mais aussi d'appréhender, de penser le cinéma. Les auteurs interrogent, sous un angle à la fois historique, théorique, esthétique et épistémologique, diverses manifestations qui mettent en relief cet ancrage technologique complexe : depuis les «photographies animées» produites chez Edison et Lumière, jusqu'aux images retouchées numériquement, les transformations technologiques n'ont semble-t-il jamais cessé de redéfinir les modalités du cinéma.
    En faisant ainsi se côtoyer différentes époques et perspectives d'analyse, ce livre dessine les contours d'un champ d'études en pleine ébullition et interroge avec originalité un enjeu crucial de la réflexion cinématographique actuelle.

  • Cet ouvrage dresse un historique des « films sur l'art » et considère leur apport à l'histoire de l'art. À cette fin, les contributeurs convoquent des historiens de l'art préoccupés par l'intérêt de ces films (d'Erwin Panofsky à Pierre Francastel), des artistes et critiques d'art liant leurs disciplines au cinéma (comme Jean Cassou et Pierre Huyghe) ou des historiens d'art se faisant cinéastes (tels Carlo Ludovico Ragghianti et Luc Haesaerts). L'ouvrage envisage au-delà du cinéma les enjeux de tels films à la télévision, ainsi que l'art vidéo.

    Avec le soutien du programme spécifique de recherches, reconnu et financé par l'ANR : FILCREA.

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  • À notre époque, les nouvelles technologies contribuent largement à l'évolution des langages scéniques modifiant profondément les conditions de représentation et intensifiant toujours davantage les effets de présence et les effets de réel.
    Ces technologies sont souvent liées à l'émergence de nouvelles formes scéniques qui transgressent les limites des disciplines et se caractérisent par des spectacles à l'identité instable, mouvante, en perpétuelle redéfinition. Projections, installations interactives, environnements immersifs, spectacles sur la toile, les sens(ations) sont plus que jamais sollicité(e)s. Le performeur y est confronté à un Autre virtuel, à la fois personnage et partenaire.
    Quant au corps, charnel, physique, palpable, il constitue encore la trace incontestée de l'homme dans ces espaces où la déréalisation fait loi. Contrepoint d'une culture du virtuel, le corps semble rester au coeur des dispositifs (scénique, interactif, immersif). Quel(s) corps ces oeuvres convoquent-elles ? Comment ces dernières renouvellent-elles la dynamique entre performeurs, spectateurs et dispositifs ? Quelles sont les diverses modalités d'interpénétration entre le virtuel et le réel dans ces formes d'art ? Voilà autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre.
    Celles-ci sont le résultat de plusieurs années de recherche consacrées aux effets de présence et aux effets de réel. C'est le résultat de ces explorations effectuées par l'équipe de recherche "Performativité et effets de présence" de l'université du Québec à Montréal (sous la direction de Josette Féral et Louise Poissant), que le lecteur pourra trouver dans ce premier volume consacré au corps. Body Remix reprend le titre du spectacle de la chorégraphe Marie Chouinard présenté en 2005.

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  • Les films de Michael Powell (avec le scénariste Emeric Pressburger) interrogent le supposé réalisme de l'image cinématographique : ils perpétuent et enrichissent la réflexion sur le concept de photogénie défini par les premiers théoriciens du cinéma. Comment la narration et la représentation y sont-elles suspendues ou défaites ? Pourquoi leur vision est-elle si poignante ? Comment qualifier la singularité de la poétique powellienne ? L'analyse des films met au jour une esthétique du débordement que révèlent la dialectique du trompe-l'oeil, l'expressionnisme en Technicolor et la virulence d'énoncés au pouvoir inattendu.

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  • Une étude complète autour du cinéma rohmérien. D'un texte à l'autre, s'établit une circulation entre les grands moments d'une carrière, et de fécondes perspectives se dessinent (relecture de l'oeuvre de Rohmer à la lumière de la pensée de Kleist, étude des stratégies de séduction dans les films à des époques différentes, etc.). Avec des interviews de Rohmer et de ses collaborateurs.

    Une polyphonie s'orchestre ici selon des mouvements bien distincts : le premier consiste à envisager les « affinités électives » qui inspirent le cinéma de Rohmer - depuis sa filiation éprouvée avec Kleist, avec André Bazin, jusqu'à ses interprétations plus personnelles de Murnau ou de Jean Renoir (en passant par des coïncidences inattendues avec l'art d'un David Hockney...). Le second cercle est celui des études transversales, qui s'attachent à dégager la modernité du récit rohmérien à travers tous les manques qui le constituent ou les ambiguïtés du point de vue ; une modernité à quoi se dérobent en même temps ses personnages, dans leur idéalisme amoureux et leur nostalgie d'une « nature humaine » devenue problématique. Autant d'éléments que précisent six analyses de films, tout en remontant vers un sous-texte métaphorique (dans Le Signe du Lion, dans L'Amour, l'après-midi), ou une re-présentation picturale et historique (dans L'Anglaise et le Duc). Enfin, une série d'entretiens dessine ce qu'on pourrait appeler « l'atelier d'Éric Rohmer » : qu'il s'agisse de production ou de montage, du recours au son direct, à la lumière naturelle ou aux essais vidéo, on y découvre une sorte de conspiration artisanale et familiale, sans exemple depuis Georges Méliès ou Marcel Pagnol - et où un certain ésotérisme dissimule une absolue liberté.

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