Livres en VO

  • Chant éloigné

    Rainer Maria Rilke

    • Verdier
    • 1 Février 2007

    Une idée répandue a longtemps voulu que Rilke, familier des peintres et des sculpteurs, ait éprouvé pour la musique une forme de défiance allant jusqu'à la répulsion. La vérité est bien plus complexe, comme le prouve cette anthologie où sont réunis trente-cinq poèmes et fragments directement inspirés à Rilke par ses expériences musicales, de 1899 à sa mort. Rilke, en fait, n'a jamais cessé d'exhorter la musique à dialoguer avec le silence, et c'est la recherche d'une correspondance intime entre le son et l'espace qui mène, fil rouge à travers toute son oeuvre, jusqu'à l'arbre sonore dressé au premier vers des célèbres Sonnets à Orphée. Depuis la parution de la première édition de Chant éloigné, d'éminents compositeurs de notre temps, Philippe Fénelon (Quatrième quatuor avec voix, 1999) et Henri Dutilleux (Correspondances, 2004), ont mis en musique plusieurs des poèmes ici rassemblés, confirmant ainsi que la conception rilkéenne de la musique est plus actuelle que jamais.

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  • Au printemps 1940, un homme avec une valise s'apprêtait à partir pour l'Amérique depuis le port de Saint-Nazaire, tandis qu'à quelques kilomètres de  là l'écrivain italien en exil Carlo Levi écrivait sur la peur de la  liberté. Des nuages toujours plus noirs s'amoncelaient sur l'Europe entière. Le transatlantique Normandie, construit par des dockers antifascistes italiens et attendu à New York par leurs compatriotes fidèles à Mussolini, s'apprêtait à partir du port sur la Loire. Dans un livre qui rassemble souvenirs de famille, suggestions littéraires et enquêtes journalistiques,  l'auteur  entremêle les aventures d'Italiens qui ont côtoyé l'Histoire et  la Littérature. En partant du jour où Gabriel Garcia Marquez rencontra à La Havane le petit-fils d'Antonio Daconte et lui raconta le roman de la vie de son grand-père, le Calabrais qui émigra à Macondo.

  • On attendait. Un courrier ou un appel téléphonique, un jour, après que, depuis des mois ou des années, vous écriviez dans la solitude, faisait de vous un écrivain. Un éditeur vous adoubait. Si cette pratique postale n'a pas disparu, d'autres procédures apparaissent. En France, des universités créent des formations à la création littéraire, des maisons d'édition proposent aussi des cours ou ateliers afin de trouver de nouveaux auteurs.
    C'est aussi le cas aux Pays-Bas. L'idée nous est venue de demander à des écrivains éparpillés dans l'espace et le temps, de plusieurs pays et de plusieurs générations, de revenir sur ce moment, capital, de leur première rencontre avec leur premier éditeur, l'histoire de leur première publication. Ce recueil rassemble les contributions d'écrivains hollandais et marocains, représentants de ces deux littératures mises à l'honneur cette année par la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs, d'autres aussi, de France ou d'Italie, du Chili.
    Tous viennent en ce mois de novembre à Saint-Nazaire et à Paris se rencontrer, rencontrer les lecteurs, présenter leurs livres, s'interroger sur les changements en cours dans l'édition, la librairie, la critique, et dans leur propre activité, si curieuse, d'écrire des livres et de les publier.

  • Paru en février 1928, la tour est probablement le plus célèbre des recueils de w.
    B. yeats. il doit son titre à thoor ballylee, le cottage acquis par yeats en 1917, dont la tour devient ici le symbole d'un esprit qui monte la garde en temps de ténèbres. tous les grands thèmes de l'oeuvre de yeats trouvent ici leur expression la plus accomplie au service d'une conscience aiguë de la nécessité de redéfinir la mission de la poésie dans le monde moderne. pour yeats, il n'est pas d'autre fondement possible à la dignité humaine que la prise en compte du destin de l'âme ; le matérialisme, le rationalisme étroit en germe dans la pensée anglaise depuis le xviiie siècle, lui paraissent la source de tous les maux.
    La poésie et l'art sont seuls à pouvoir rappeler la primauté de la vocation spirituelle de l'homme. alors que l'histoire se fait toujours plus sombre et que s'annonce la fin d'un monde, yeats trouve dans le pouvoir des images une lueur qui le guide dans les ténèbres. il s'invente une tradition secrète. byzance lui apparaît à l'horizon de l'histoire comme un de ces moments oú s'est réalisé l'équilibre refusé à l'homme moderne, tout comme l'athènes du siècle de périclès ou l'italie de la renaissance.
    Mais en même temps que se multiplient les appels à la fuite vers un passé meilleur, la tour est un livre traversé du rappel insistant que l'éphémère est la loi. la force de la poésie de yeats est de convertir en vision l'amertume du poète vieillissant face aux tragédies qui accablent l'irlande, et de faire de sa colère une source de grandeur.

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  • La publication de ce recueil, en 1919, consacra l'entrée de yeats dans la période de sa plus grande maturité créatrice.
    Ayant définitivement conquis son ton de voix le plus personnel, yeats donne ici à la poésie anglaise quelques-uns de ses chefs-d'oeuvre et, dépassant le symbolisme de sa jeunesse, trouve les métaphores fondamentales qui vont guider sa recherche jusqu'à la fin de sa vie. l'envol des cygnes dans le parc de coole, vus dans la beauté d'une heure, d'une saison, d'un lieu précis, et dont le tournoiement " en grands cercles brisés " annonce les images de spirale des recueils qui suivront, est un moment inaugural : c'est la poésie du vingtième siècle qui commence, et c'est aussi une poésie rêvée, utopique, impossible, qui révèle ici sa splendeur.
    Cette première traduction intégrale d'un recueil majeur de yeats a été entièrement révisée par le traducteur à l'occasion de la présente réédition. elle constitue aujourd'hui le troisième volume, dans l'ordre chronologique, de l'intégrale des poèmes de yeats publiée aux éditions verdier.

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  • Le Parasite, abordant le thème de la psychiatrie en Hongrie, correspond à un extrait traduit du préambule et du premier chapitre (soit aux pages Il à 35) de l'édition originale Az él6skod6, Kalligram, Pozsony [Bratislava], 1997.

  • Je suis en ce moment en france, à saint-nazaire.
    Je voudrais seulement demander à ce ciel resplendissant, à cet océan qu'il m'est donné de contempler pour quelques jours encore, d'abriter ma terreur.

  • Le lendemain, c'était l'anniversaire de son petit-fils et, comme chaque année, mon oncle ne serait pas présent. Pour se faire pardonner son absence, il essayait de lui expliquer la situation. Il lui expliquait qu'avoir une entreprise c'était une responsabilité énorme, particulièrement une entreprise à laquelle on avait tant donné. "C'est comme avoir un enfant de plus," disait mon oncle à un gamin de neuf ans.
    "Un jour tu comprendras tout cela, parce qu'un jour, tu seras l'héritier de l'Empire Familial," C'était là le nom extravagant que Fernando donnait à son entreprise d'installation et d'entretien de piscines : Empire Familial.

  • Les voisins

    Tahsin Yücel

    Deux heures plus tard, alors que l'autocar tournait le dos à la mer et s'éloignait, un faisceau de questions étranges tournait dans son cerveau comme la chanson de Ayten Hanim : est-ce la dispute qui conférait une beauté et un sens à l'existence, la vie était-elle trop belle par rapport à la dispute, ou encore tout était-il contenu dans l'acte qui, hier soir, avait commencé par un accrochage ? ' Je n'en ai pas la moindre idée ', murmura-t-il.

  • Au terme d'une longue attente, l'année 1980 fut pour tout le peuple soviétique source de fierté. La toute-puissante U.R.S.S. tendait les bras aux sportifs du monde entier. Au plus fort de la guerre froide, le pays des Soviets accueillait les jeux Olympiques. L'âme frémissante, les hommes du pays suivaient les préparatifs de cette grande fête du sport. Discussions, pronostics, supputations et paris allaient bon train, quels que fussent la discipline, l'équipe ou le champion.

  • Maître Helga Bauer scrutait les yeux azurés et bienveillants de Jojo d'où perlaient de grosses larmes lourdes qui éclataient sur le plancher en éclaboussant ses souliers rouges vernis.
    Jojo tremblait de tout son corps sans cesser de sangloter. Maître Helga Bauer sortit un paquet de mouchoirs en papier de son sac. Après avoir décollé la bandelette bleue, elle lui en tendit quelques-uns. "Arrêtez, s'il vous plaît!", dit-elle mais elle se mordit aussitôt la langue. Une fois de plus, elle s'était adressée à lui en le vouvoyant. "Ne pleure pas, Jojo, je t'en prie, arrête!" se reprit-elle.
    Mais Jojo fondit en larmes de plus belle en se mouchant bruyamment et en s'essuyant le nez avec les Kleenex. Elle se dit que si clic ne se mettait pas dans la tête, une bonne fois pour toutes, que ce septuagénaire refusait d'être vouvoyé, ses visites n'aboutiraient à rien. Or elle ne pouvait se permettre d'échouer car elle était sur le point de boucler son doctorat. "Ma petite maman, tu me manques tellement, je te pardonne pour le grenier", dit Joseph.
    "Jojo, de quel grenier parles-tu ? Pourquoi pardonnes-tu à ta petite maman ?" demanda Maître Helga Bauer. Mais Joseph ne lui répondit pas. Il appuya sur le bouton qui dépassait du bureau, se leva et sortit.

  • Je prends congé des adieux.
    Un voyage en direction de Passau au-delà de la frontière. J'apprends à voler dans la chute; mon ombre accrochée au talon, aux épaules, je me laisse porter de l'autre côté de la frontière, vers le nord, en bord de côte; voir l'horizon, cousin de nom de mon père : la pluie, les gouttes qui plongent tête la première d'une mer dans l'autre.

  • Chaque année, le troisième week-end de novembre, laMaison des écrivains étrangers et des traducteurs de Saint-Nazaire organise un colloque littéraire international, meeting, auquel sont invités des écrivains français et étrangers. Ce colloque est thématique. Cette année, meet a passé commande de textes autour du thème L'aventure géographique.

    Écrivains publiés dans ce numéro 14 :
    Sébastien Lapaque, Justyna Bargielska (sous réserve), Mauro Covacich, Olga Tokarczuk, Roberto Ferrucci, José Angel Gonzalez Sainz, Simonetta Greggio, Tiziano Scarpa, Filip Springer, Wojciech Nowicki.

  • Enis Batur et Yigit Bener sont deux écrivaillons ténébreux ayant sévi durant les années cauchemardesques de la sublime littérature turque, qui s'écrivait encore à l'époque avec ce misérable et impur alphabet latin aujourd'hui fort heureusement damné ; ils ont publié quelques ouvrages aussi sordides que futiles, avant de disparaître totalement des étals des libraires. Il nous a semblé que la divulgation de ce pamphlet qu'ils ont écrit en toute complicité était un acte de salubrité et d'exorcisme universels, dans la mesure où ils y avouent si impudemment la vraie nature des agissements délirants et démoniaques qui souillaient à l'époque l'univers des drogmans.

  • ces faux papiers font écho à d'autres récits, à des poèmes que le lecteur reconnaîtra ou non, au détour d'une phrase, d'un personnage.
    on y croise dante et dickens, poe et wilde, les délicieuses machines infernales de horacio quiroga. tout cela semble écrit dans la pénombre d'une bibliothèque borgésienne et sous la lampe, à l'abri des rayonnages. ce sont ceux de l'université de la havane. du palier de droite, en direction du département des littératures hispaniques, le sien, émane une clarté nébuleuse et ce bruit comme de petits cailloux qui tombent...

  • Contes cannibales

    Ronaldo Menendez

    La revue annuelle de la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs de Saint-Nazaire (meet) rassemble dans chacun de ses numéros deux littératures éloignées dans l'espace. Elle paraît à l'occasion du colloque littéraire international meeting, le troisième week-end de novembre, clans lequel ces deux littératures sont mises à l'honneur. Chaque texte est publié en langue originale, et accompagné d'une traduction française.

  • Traite de la providence

    Aphrodise D'A

    • Verdier
    • 23 Octobre 2003

    Nulle part dans son oeuvre, Aristote n'a traité de la Providence. Avant lui, Platon l'avait fait longuement dans les Lois. Plus tard, les stoïciens en consacrent la question, que nulle école philosophique ne pourra plus éluder. C'est d'Alexandre d'Aphrodise, l'exégète du corpus aristotélicien, qui vécut au troisième siècle, que nous tenons sur cette question l'exposé doctrinal, conforme à l'esprit grec du péripatétisme, le plus sûr et le plus complet.
    De cet exposé ne nous est parvenue que la version arabe dont nous donnons ici l'édition.
    Fruit d'un inestimable travail de recherche philologique, riche d'un apparat critique complet, elle vient combler une lacune majeure dans la connaissance de l'aristotélisme.

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  • Il pleuviote.
    Quelqu'un me heurte avec un "oh! Pardon Monsieur" puis il disparaît en direction de l'escalier. Je n'ai pas la moindre idée de comment j'ai réussi à venir ici depuis Paris. La gare est presque vide et peu de temps après le départ du train est reparti pour La Batik et Le Croisic je suis seul sur le long quai en béton. Je n'arrive toujours pas à comprendre comment j'ai réussi à venir jusqu'ici. Je ne me rappelle même plus comment j'ai fait pour descendre du train, ni comment je me suis rendu compte que j'étais arrivé.
    Il y a des absences. Je n'ai pas le moindre souvenir non plus de comment je suis arrivé à Paris. Je me rappelle par contre très bien d'autres choses. Mais je préfère ne pas et, en règle générale, j'arrive à contenir ces images. L'une d'elles est en route à présent alors je soulève le sac oblong en nylon brun et me hâte vers la sortie pendant que je focalise sur quelque chose de concret, quelque chose de différent.
    Si seulement le sac avait été plus lourd. Si seulement j'avais apporté plus d'affaires. Ce n'est pas une valise, plutôt un sac de sport. Il n'y a pour ainsi dire rien dedans. Ridicule.

  • Sur la photographie Betsy apparaît plus féminine que jamais.
    Elle a les cheveux teints en noir et très longs, peut-être avec des extensions. Elle est assise à côté d'un jeune garçon, certainement un élève, pense Victoria. Dona Lupina lui dit exactement où se trouve la tombe. Elle lui dit que sur la pierre tombale on a écrit entre parenthèses : Betsy, la meilleure chanteuse pop.

  • Il arriva en chemin de fer un dimanche de novembre de l'année dernière, par le train de 23h47 en provenance de Paris. Personne ne l'attendait ni sur le quai, ni dans le hall, ni dans la ville où il était enfin.

  • Anglais Pour Lowry

    Collectif

    Après les Rencontres de Fontevraud dédiées en mai 2008 à l'oeuvre de Antonio Tabucchi, la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs de Saint-Nazaire a consacré la deuxième édition de ce colloque littéraire à Malcolm Lowry, les 26 et 27 juin 2009. Cette manifestation annuelle a été organisée dans l'abbaye de Fontevraud en collaboration avec le Centre Culturel de l'Ouest et avec le soutien de la Maison des Écrivains et de la Littérature.
    À l'occasion du centenaire de la naissance du mythique auteur de Sous le volcan, la meet rassemble les traducteurs de ses oeuvres, des critiques littéraires internationaux, des écrivains français et étrangers pour une série de tables rondes, des créations artistiques, mais également des moments de rencontre et d'échange entre les invités et le public.
    Ces rencontres donnent lieu à la publication d'une monographie, en édition bilingue, rassemblant les communications, les actes des rencontres. Ce second ouvrage est publié dans la collection Les Rencontres de Fontevraud créée par les éditions de la meet.
    Avec la participation de Salim Bachi, Peter Bergsma, Arno Bertina, Jean-Marie Blas de Roblès, Nicole Caligaris, Jacques Darras, Patrick Deville, Mathias Enard, Rodrigo Fresan, Anne-Marie Garat, Frédéric-Yves Jeannet, Pierre Mertens, Pierre Michon, Miguel Motta, Maurice Nadeau, Philippe Ollé-Laprune, Olivier Rolin, Jacques Roman, Caroline Sagot Duvauroux, Tiphaine Samoyault, Pierre Schaeffer, Pacôme Thiellement, François Turner, Juan Villoro.

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