Langue française

  • Une héroïne bouleversante : d'origine très modeste, Marie « pète les plombs » lorsqu'elle est soudain confrontée à la misère du monde. Marie a perdu le fil de sa vie. Plus rien n'arrête son regard, sauf ce jour-là, un groupe d'hommes en haillons massés près du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente dressée près de la mairie, se joint aux bénévoles pour servir des repas à ceux que dans la ville on appelle les « kosovars ». Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, elle se consacre entièrement à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout : de la nourriture, des vêtements, son temps, son argent. Entraînée malgré elle dans un drame, elle s'expose à tous les dangers, y compris celui d'y laisser sa peau.

  • « La nuit nous protégeait et à ce moment précis j'avoue avoir pensé que les choses allaient redevenir possibles, ici j'allais pouvoir recoller les morceaux et reprendre pied, nous arracher les enfants et moi à cette douleur poisseuse qui nous clouait au sol depuis des mois, à la fin la maison, les traces et les souvenirs qu'elle gardait de nous quatre, c'était devenu invivable, je ne sortais presque plus et les enfants se fanaient sous mes yeux. » Depuis que sa femme a disparu sans plus jamais faire signe, Paul Anderen vit seul avec ses deux jeunes enfants. Mais une année s'est écoulée, une année où chaque jour était à réinventer, et Paul est épuisé. Il espère faire peau neuve par la grâce d'un retour aux sources et s'installe alors à Saint-Malo, la ville de son enfance.


    Mais qui est donc Paul Anderen ? Un père qui, pour sauver le monde aux yeux de ses enfants, doit lutter sans cesse avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leurs vies. Olivier Adam, dans ce livre lumineux aux paysages balayés par les vents océaniques, impose avec une évidence tranquille sa puissance romanesque et son sens de la fraternité.

  • Depuis que son frère Nathan est mort, Sarah se sent incomprise et de plus en plus prisonnière de sa « si parfaite » vie de famille.
    Elle décide de partir sur les traces de Nathan, au Japon, et s'installe dans un petit village connu pour une étrange raison : ce village est en effet le lieu d'élection de tous les candidats au suicide. Un homme, Natsume, arpente les falaises pour les dissuader de commettre l'irréparable. Nathan, avant son accident, prétendait avoir enfin trouvé la paix auprès de lui. Sarah a l'espoir de se rapprocher, une dernière fois, de son frère.
    Mais il lui faudra plus qu'un voyage pour se réapproprier son histoire et reconnaître qu'elle s'est dupée elle-même. « Toutes ces années, je m'étais tellement échinée à me perdre, à me fondre dans le décor, à me noyer dans la masse. Je m'étais noyée tout court ».Le Coeur régulier raconte le voyage intérieur qu'entreprend Sarah pour reconquérir, peu à peu, une sérénité.

  • Falaises

    Olivier Adam

    Etretat. Vingt ans jour pour jour après le suicide de sa mère, un homme revient sur les lieux de sa disparition et remue les cendres d'une époque révolue.
    Le temps d'une nuit passée sur le balcon d'une chambre d'hôtel où il est venu avec sa compagne et sa fille, le narrateur déroule le film de ses trente premières années, cherche désespérément dans sa mémoire pleine de trous et de blancs les traces vivantes et vraies de sa jeunesse et mêle présent et passé. A-t-il grandi sur du vide ? Dans la région la plus reculée et la plus douloureuse de sa mémoire s'est enfoui le souvenir de cette mère qui l'a quitté, de la femme qu'elle était et qu'il n'a eu de cesse de retrouver dans d'autres visages. Avec en toile de fond une adolescence violente, un père brutal, un frère en fuite et le constat amer et blessant qu'il n'a jamais réussi à empêcher les personnes aimées de prendre congé du monde. Même si tout ce qu'il puise dans sa mémoire rétive ne ressemble guère au bonheur, l'alchimie de la douleur opère et le présent finit par scintiller. Car non loin du narrateur dorment Claire et Chloé, leur petite fille, qui l'ont définitivement arrimé à la vie. Grâce à elles, la journée qui s'annonce promet d'être plus lumineuse.

  • " Tout à l'heure, comme chaque matin, Marie se tenait derrière la porte.
    La radio s'est mise en route. Elle a fait demi-tour, rassurée. Antoine a entendu le pas de sa mère dans les escaliers. La porte a claqué. Puis au-dehors, le bruit bientôt flou de ses talons qui s'éloignent. Antoine a grogné, a envoyé valdinguer l'appareil. Il s'est retourné, enroulé dans ses draps. S'est rendormi. " Antoine a presque dix-neuf ans. Fragile, rêveur, indocile, il sèche le lycée, erre dans le centre commercial de son quartier, et ne fait rien de sa vie.
    Il cherche l'amour - et les coups. Camille veille sur son grand frère, et calme ses angoisses en se réfugiant dans la prière. Quant à Marie, leur mère, elle fait ce qu'elle peut... Mais c'est elle qui, un beau matin, déclenche l'explosion. Dans une langue d'une extrême sobriété, Olivier Adam décrit ces trois êtres prédisposés à prendre le large, comme si leur nature était de donner congé au monde.

  • " j'avais trop bu et pialat était mort.
    J'avais appris ça dans la soirée. les petites dormaient à l'étage. après le repas je les avais bordées. j'avais eu un mal de chien à les laisser seules, là-haut, dans le noir de leur chambre, à m'arracher à leurs visages paisibles, leurs fronts pâles, leurs mains fines posées sur la couverture. " ils sont sonnés, lessivés, cassés. un souffle suffirait à les faire tomber. chauffeur de taxi, infirmière, ex-taulard ou vendeuse dans une station-service, peu importe : ils restent invaincus.
    Avec ce recueil, olivier adam s'impose d'emblée comme un nouvelliste hors pair.

  • " Le gamin devait avoir seize ans, pas plus.
    Il s'appelait Karim. Je le connaissais de vue, Chef le tenait pour un des plus sûrs espoirs du club. Il s'est mis à me tourner autour et à décocher des petites droites, il avançait et je ne pouvais rien faire contre ça, je devais rester concentré et anticiper ses coups, ses poings heurtaient mes gants et parfois mes avant-bras. J'ai tenu un round sans qu'il parvienne à me toucher. Chef m'a dit que je me débrouillais pas mal pour une épave.
    " Antoine travaille dans une entreprise de pompes funèbres. Le soir, il boxe. Mais la vie n'est pas un ring. S'il n'y prend pas garde, Antoine risque de tout perdre : son travail, ses amours. Et sa liberté.

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