Claude Bremond

  • Les Mille et Une Nuits ou le paradoxe : elles sont, au moins par leur nom et quelques contes, sur toutes les lèvres et dans toutes les mémoires, alors même que le mystère continue, par pans entiers, de les envelopper.
    Si l'on ne peut, en un seul livre, prétendre épuiser la nuit, ni les Nuits, ces trois éclairages convergents en illuminent l'insondable richesse.
    André Miquel s'attache à l'énigme, moins de l'apparition du recueil que de son effacement dans le corpus général des lettres arabes classiques. Autres problèmes : le lien entre le conte et la société, et le rôle joué par les lieux du récit, par le cadre, dans l'histoire racontée.

    Claude Bremond s'attaque, lui, aux thèmes ou, plus justement, à certains, primordiaux. Comment les Nuits ont-elles recueilli, créé ou travaillé leur matériau. En quoi ce traitement permet-il de définir leurs contes comme arabes et musulmans ? Et dans la littérature universelle, entre l'Inde et l'épopée germanique, comment se situent les Nuits et les thèmes qu'elles véhiculent ?
    Jamel Eddine Bencheikh, enfin, voit le recueil sous l'angle de la créativité et de l'imaginaire.
    Le conte, cette impeccable machine à susciter le rêve, occupe une place singulière, parfois contestée et toujours forte, dans les lettres arabes. Par quels mécanismes, et sous quelles couleurs, répond-il à l'éternelle question de l'amour et de la mort ? Et quelle place affecte-t-il, dans cette réponse, à la parole ?.

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  • Chez Albin Michel idées est paru De Barthes à Balzac, fictions d'un critique, critiques d'une fiction de Claude Brémond et Thomas Pavel. Un essai sur la célèbre lecture de S/Z, tentative doctrinale vouée à l'échec d'un structuralisme total - voire totalitaire - devenant jeu combinatoire à la Perec par son formalisme extrême, mais admirable enquête sur l'étrange Sarrasine de Balzac parce qu'elle reconduit le lecteur à l'impératif de déchiffrement. Faillite épistémologique patente face à l'histoire littéraire, mais étude préfigurant l'engouement actuel pour les théories de la réception, donc. À lire en contrepoint de S/Z. Les auteurs diagnostiquent une certaine déroute des ambitions épistémologiques de Barthes dans ce dernier grand ouvrage doctrinal. Ils revendiquent un droit d'inventaire quant à cette forme de critique « moderniste », relisent à leur tour la nouvelle de Balzac incriminée (Sarrasine), et veulent rendre ses lettres de noblesse à l'antique figure du liseur, qui se soumet à l'écoute patiente de l'oeuvre.

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