Colette Soler

  • Lacan, lecteur de Joyce

    Colette Soler

    • Puf
    • 27 Février 2019

    Avec son titre Joyce le symptôme, Lacan faisait un retour à Joyce pour lequel il avait déjà formulé un diagnostic en 1967, le rangeant parmi les Pères des « diologues », entre Moïse et Maître Eckart. Dire symptôme n'exclut pas la logique mais ajoute autre chose, le métabolisme de la jouissance. Tout ce qui dérive de l'OEdipe freudien en tient le père pour responsable. Lacan, lui, s'inscrit en faux, le discours analytique procédant sans « recours au nom du Père ». Ici se place son appel à Joyce.
    Ce que Lacan cherchait alors pour la psychanalyse, James Joyce l'a réussi par son art.
    Il fournit alors à Lacan l'exemple pour ainsi dire spontané, non analytique, qui apporte latéralement de l'eau au moulin de sa thèse d'une psychanalyse... réinventée, qui se passe du Père. Mais surtout il fournit un exemple qui montre ce qu'il faut bien appeler l'efficace du sujet, qui loin d'être seulement un effet du langage ou du discours comme il l'a d'abord développé, est aussi origine, origine possible d'un dire constituant.
    Exemple sans prix, dans notre époque de déploration des carences du discours.

  • La question des affects est cruciale dans la psychanalyse puisqu'elle vise à traiter " l'impossible à supporter ". Il faut donc dire jusqu'où elle y parvient, pourquoi et comment ?
    Une conception des affects qui dise ce qui les produit était là nécessaire.
    Le livre suit sa mise au point chez Jacques Lacan à mesure qu'il avance dans sa conception de la structure, depuis l'inconscient " structuré comme un langage ", déchiffrable, jusqu'à l'inconscient-lalangue, réel, indéchiffrable. Les affects deviennent alors les seuls témoins de ce qui dans l'expérience ne passe pas au langage.
    Le livre suit le développement de la théorie proprement lacanienne de la production des affects, de la série des affects spécifiques auxquels il s'est arrêté, depuis l'angoisse jusqu' aux affects de fin d'analyse, en passant par tristesse, ennui morosité et quelques autres, ainsi que les conséquences pratiques.
    Agrégée de l'Université, psychanalyste formée par Jacques Lacan, Colette Soler pratique et enseigne la psychanalyse à Paris. Elle est à l'origine de l'École de Psychanalyse des Forums du Champ lacanien dont elle est membre fondateur. Elle a notamment publié Ce que Lacan disait des femmes (Éd. du Champ lacanien, 2003) et Lacan, l'inconscient réinventé (PUF, 2009).

  • Le livre interroge la trajectoire de l'enseignement de Jacques Lacan, qui le fait passer du concept de l'inconscient « structuré comme un langage », symbolique donc, à l'affirmation de « l'inconscient réel ». Lacan dégage ce qui la fonde : les questions analytiques restées en souffrance à chaque pas, notamment autour de cet objet majeur de l'analyse qu'est le symptôme. Il déplie les remaniements en cascade impliqués par la prise en compte de ce qui n'est pas symbolique, lesquels touchent l'ensemble de la théorie et de la pratique de la psychanalyse : révision du concept du sujet de l'inconscient, des formations dites de l'inconscient (rêves, lapsus, actes manqués, etc.), de la fonction du transfert, de la clinique du symptôme, de la jouissance et des affects, de la fonction du Père, de la visée d'une cure analytique orientée vers le réel, de son tempo, de sa fin, sans oublier. les questions de l'institution analytique.
    Colette Soler est psychanalyste et membre fondateur de l'École de Psychanalyse des Forums du Champ lacanien. Elle est également enseignante du Collège clinique de psychanalyse des Forums du Champ lacanien à Paris.

  • Retour sur la « fonction de la parole » Jacques Lacan fit en 1953 une entrée fracassante et enthousiaste dans la psychanalyse, avec la « fonction de la parole » dite pleine, fondatrice du sujet. C'était du jamais entendu. Quelque vingt ans plus tard c'est un autre son de cloche, la parole est un parasite, un chancre imposé aux êtres qui se définissent d'être parlants. Ce livre s'emploie à suivre ce trajet, à éclairer méthodiquement les redéfinitions de la parole qu'il implique, leurs raisons, ainsi que les nouveaux effets aperçus au fur et à mesure avec leurs enjeux pour la pratique de la psychanalyse.

  • La préface que Jacques Lacan rédige en 1974 pour la pièce de Wedekind, L'Eveil du printemps, est comme il se doit un hommage à l'auteur. On se tromperait cependant à ne pas y voir plus loin, car ces trois petites pages ne mobilisent rien moins que ses thèses les plus complexes sur le sexe, la langue, l'Homme, le nom propre, les Noms-du-Père, La femme - et sans le moindre didactisme. D'étonnement en étonnement, une lecture d'élucidation s'imposait, que tente Colette Soler.

  • Cet ouvrage nous propose une plongée dans les fondements même de la psychanalyse, à partir dun de ses concepts majeurs, le transfert, cet étrange amour découvert par Freud, l'inventeur de l'inconscient.
    Reprenant les premières thèses de celui-ci, l'auteur procède méthodiquement pour les mettre en regard des différents développements postérieurs, souvent complexes, de Jacques Lacan. Elle y montre, avec rigueur et exigence de simplicité, combien celui-ci a renouvelé tant le concept que l'usage pratique de cet amour « subverti ». Les professionnels, psychanalystes, psychiatres, psychologues, et cliniciens divers aussi bien que les usagers de la psychanalyse, les analysants, y sont tous intéressés.

  • Synthèse des apports de Jacques Lacan sur la question de la différence des sexes dans l'inconscient et dans la civilisation.

  • Lacan consacre une annéee de son Séminaire à James Joyce. A travers la littérature de Joyce et en particulier, l'oeuvre intitulée Finnegans Wake, il souligne l'affinité entre la création et la psychose.
    Mais cette affinité peut aussi être mise en relief au travers de l'oeuvre de nombre d'autres créateurs littéraires, parmi lesquels l'auteure a retenu Fernando Pessoa et Jean-Jacques Rousseau.

  • Désir inassouvi, morcellement des pulsions, répétition et symptôme sont les maîtres mots des effets sur le corps de l'inconscient déchiffré par Freud. L'harmonie n'est pas au programme mais bien la discordance, la déliaison et l'arrogance des jouissances cyniques. Il semble bien que le discours du capitalisme en redouble aujourd'hui les méfaits délétères, avec tous ces suicides démonstratifs mais aussi divers que ceux des terroristes, des moines tibétains, des harcelés de l'entreprise capitaliste et de tous les désespérés de notre temps. D'où la question que posait Lacan de « l'humanisation » possible de cet animal dénaturé dont Freud ne reculait pas à dire qu'il est un loup pour l'homme, alors même que de toujours il a fait société. Que dira le psychanalyste des recours possibles, lui dont l'acte exclut l'appel aux normes de quelque ordre qu'elles soient ?

  • Dans la psychanalyse le sujet qui est mis en demeure de « se dire », est par définition en manque d'identité. « Que suis-je ? » est sa question mais étant seulement représenté par ses mots, son être est « toujours ailleurs » dans d'autres mots à venir. Paradoxe donc : on cherche par la parole l'identité d'un être qui, dans la parole n'est pas identifiable. N'empêche qu'il a un corps et qu'il est rivé à des troubles que la psychanalyse, de Freud à Lacan, a bien identifés, qui ne sont pas d'accident, qui se nomme répétition et symptôme, et qui déplace la question de l'identité car Un réel y est en jeu.

  • On le constate, la parole analysante, irrésistiblement, est aspirée vers les histoires de papa maman, et toutes les figures originaires de l'enfance. Pourquoi ? Cette capture pose la question de savoir ce qui se perpétue des premiers effets de lalangue maternelle et du discours de l'Autre tant au niveau de la jouissance, pulsions et symptôme, que des options de la subjectivité. C'est la question de ce qui reste de l'enfant dans le dit adulte, et elle va de pair avec une autre, celle du poids respectifs des contingences de l'histoire, des rencontres, et des choix cependant possibles.

  • Ce livre est l'histoire d'une crise dans la psychanalyse.
    Jacques Lacan, pour avoir pêché contre le dogme et les standards de l'Association Psychanalytique Internationale, fut frappé, en 1963, d'une mesure d'exclusion. Aujourd'hui, une même politique d'ostracisme a pris pour cible tous ceux, nombreux, qui, dans la nouvelle Association Mondiale de Psychanalyse, l'AMP, ont osé résister si peu que ce soit à l'imposition de la pensée unique.
    Freud a triomphé dans le siècle par ses textes, non par son association, l'IPA. Pour Lacan, la différence est encore plus nette : le renouveau de son enseignement a commencé à se faire reconnaître contre l'opposition de la puissante IPA, et c'est lui, cet enseignement, qui l'a légitimé comme chef d'Ecole, et non l'inverse.
    /> Quand au contraire, le pouvoir légifère sur le savoir, l'amour du chef induit la soumission mentale : alors commence la secte. Face à un tel risque, il faut choisir, et beaucoup l'ont fait dans cette crise.

  • Ce livre est l'histoire d'une crise dans la psychanalyse.
    Ce n'est pas la première, mais elle ne ressemble à aucune autre. Jacques Lacan, pour avoir péché contre le dogme et les standards de l'Association Internationale de Psychanalyse, l'IPA, fut frappé, en 1963, d'une mesure d'exclusion analogue à une excommunication. Aujourd'hui, une même politique d'ostracisme a pris pour cibles tous ceux, nombreux, qui, dans la nouvelle Association Mondiale de Psychanalyse, l'AMP ont osé résister si peu que ce soit à l'imposition de la pensée unique.
    Quelle ironie que ces Excommunications bis, dans une association qui se voulait l'héritière de l'Ecole de Lacan ! S'assurer le monopole de la doctrine par les moyens de la politique, c'est une conjoncture inédite, du moins dans la psychanalyse. Rien de tel ne s'était produit jusque-là. Freud a triomphé dans le siècle par ses textes, non par son association, l'IPA. Pour Lacan, la différence est encore plus nette : le renouveau de son enseignement a commencé de se faire reconnaître contre l'opposition de la puissante IPA, et c'est lui, cet enseignement, qui l'a légitimé comme chef d'Ecole et non l'inverse.
    Quand, au contraire, le pouvoir légifère sur le savoir, l'amour du chef induit la soumission mentale : alors commence la secte. Face à un tel risque, il faut choisir : beaucoup l'ont fait dans cette crise, et ils sont entrés en dissidence. C'est donc l'histoire d'un combat contre un dévoiement de l'institution et du discours analytiques. Il a pris la même dimension mondiale que ce qu'il combat et il débouche sur la construction d'une alternative : celle des Forums du Champ lacanien.

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