Saber Mansouri

  • Auditionné par la « Haute Instance de réparation des maux du passé », un vieux poète fait revivre les voix de ses sept camarades condamnés à mort il y a quinze ans. Seul survivant, son rôle est de retracer leur utopie commune : la fondation de l'improbable République de la Source-de-l'Aube. Une république heureuse, fondée sur l'estime des siens et la justice sociale, mais qui ne vécut que trois jours, entre la chute de Ben Ali et la reprise en main du pouvoir central.
    Les huit narrateurs hors du commun dessinent le portrait caustique d'une Tunisie multiforme et talentueuse, dont les habitants sont minés par la haine de soi. Au-delà de la rive sud de la Méditerranée, ces destins algériens, français, tunisiens, bretons, libyens, rendent hommage aux peuples qu'on gouverne sans les estimer.

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  • Au moment où le faux débat sur l'"identité nationale" se fourvoie dans l'islamophobie, il est plus que jamais nécessaire, pour penser l'islam et le monde musulman, de les affranchir du sujet théologico-politique.

  • « Personne ne comprend au bon moment », écrit Goethe dans Le Divan. Serait-il ainsi trop compliqué de comprendre la grandeur d'un empire, la République, l'octroi de la citoyenneté, la figure de l'étranger, l'Algérie, le Moyen-Orient, les Arabes, les musulmans, les cités contemporaines, la Marche des Beurs, l'Attentat, l'assimilation ? Comment est-on passé, depuis 1989, du « beur » au « musulman » puis à « l'islamiste » ? Telles sont les questions posées par Saber Mansouri dans cet essai aussi original qu'accessible, et non dénué d'humour.

    Alors refaire la France, ce n'est pas la culpabiliser. C'est initier sa renaissance sans lui demander une réparation financière des crimes commis pendant la colonisation, sans fantasmer un « grand remplacement » pour gagner le pouvoir, mais en exigeant d'elle l'estime de ses propres citoyens, ceux qui prient et ceux qui ne croient plus. C'est gouverner sans raconter d'histoires en somme, avec l'unique philosophie vertueuse : l'estime des siens, de tous les siens.

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  • Le souffle dune vie naît dune rencontre entre un enfant devenu jeune adulte, Massyre, et un lieu, la Montagne Blanche, particulièrement apprécié par tous les conquérants venus visiter la Tunisie, y compris les frères protecteurs armés français. Le lieu est unique. Massyre est multiple. Il y a dabord ses sept surs et leur destin qui le regardent en silence, lui, le garçon, le huitième. Et puis, il y a ses huit métiers : suiveur de chèvres jusquà labattoir, chercheur d'Helix aperta, lescargot souterrain, vendeur de fruits sauvages, deau à la criée, de boissons gazeuses, négociant en journaux au kilo et fripier. Tout en commerçant, Massyre va à lécole puis à luniversité, fait une rencontre déterminante avec la problématique et lHistoire, et devient professeur au lycée de sa région natale. Mais, sauf à partir ailleurs, au-delà de la Montagne Blanche, peut-on enseigner le passé sur le lieu de sa propre histoire ?

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  • "Cher immigré choisi, nous n'aimons pas les assistés.
    Vous devrez être consensuel car vous allez vivre dans la France d'aujourd'hui, celle du XXIe siècle. Consensus, toujours le consensus, rien que le consensus, telle sera votre arme efficace pour une future carrière française réussie. Pour le consensus, prévoir zéro euro". "Votre Initiation commence ici et maintenant. On vous conseille de respecter les lois de la République : ne pas frauder dans les transports en commun ; ne pas exercer de violences physiques et verbales sur les femmes ; ne pas battre votre petite soeur ou votre copine ; ne pas travailler au noir ; ne pas prier Allah dans les mosquées clandestines et souterraines".
    Est Français accompli celui qui lit, écoute et exécute cet oracle.

  • Cet ouvrage propose un autre regard sur le métèque dans la cité athénienne classique : celui du métèque lui-même sur cette cité où il vit. Un regard fort éloigné de celui de l'historiographie traditionnelle.
    Cette réflexion riche, documentée, méthodique soulève en même temps la question de l'étranger dans un État démocratique et celle des rapports avec lui. En réalité, les Athéniens souhaitaient, appréciaient la présence du métèque dans leur cité. Aux Ve et IVe siècles avant J.-C., le métèque est pleinement présent dans le champ politique, dans celui de la guerre et également dans celui des interventions économiques et sociales ; il est aussi un défenseur d'Athènes, de son Empire et de sa démocratie. À côté du citoyen, il débat avec lui sur l'agora et contribue à la circulation des idées politiques et sociales.
    C'est également l'occasion pour l'auteur de déconstruire la figure imaginaire du métèque : bon ? mauvais ? versatile ? mû par l'appât du gain ? traître et à surveiller?
    En réalité, le métèque d'Athènes n'a jamais été confronté à nos concepts contemporains : intolérance, racisme, xénophobie, etc. Les discours de certains idéologues de notre temps, puisant dans l'univers athénien les sources de toutes les discriminations entre "nationaux" et "non nationaux", trouvent ici leur antidote : non, Aristote n'aurait pas combattu la loi Gayssot !

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  • Un historien, né en Tunisie et parti vivre à Paris, rêve d'écrire la biographie de Mabouka, sa mère, restée au pays avec les siens. Redoutant la trahison de sa mémoire, Mabrouka rédige et adresse sa réponse au fils. Cette lettre au vitriol est le prélude à une formidable épopée des femmes de la famille, de l'Algérie des années 1820, où Sihème, l'aïeule, se distingua en fabriquant le chasse-mouches du dey d'Alger avec lequel celui-ci gifla le consul de France, à l'exil en Tunisie de sa fille, Gamra, et d'autres descendantes, jusqu'à aujourd'hui. Lyrique et picaresque, voici le roman d'une lignée de quatre femmes libres traversant un immense pays et l'Histoire, chacune à sa manière, mais guidées par une même volonté : rompre le silence et s'emparer du verbe pour écrire leur destin.

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  • A l'inverse de l'historiographie traditionnelle, Saber Mansouri propose un autre regard sur le métèque dans la cité athénienne de Périclès : celui du métèque sur la cité où il vit ; cette réflexion riche, documentée, méthodique soulève en même temps la question de l'étranger dans un État démocratique. Et malgré beaucoup d'idées reçues, en réalité, les Athéniens souhaitaient et appréciaient la présence des métèques dans leur cité. Aux Ve et IVe siècles avant J.-C., le métèque est pleinement présent dans le champ politique, dans celui de la guerre et également dans celui des interventions économiques et sociales ; il est aussi un défenseur d'Athènes, de son Empire et de sa démocratie. À côté du citoyen, il débat avec lui sur l'agora et contribue à la circulation des idées politiques et sociales. C'est également l'occasion pour l'auteur de déconstruire la figure imaginaire du métèque : bon ? mauvais ? versatile ? mû par l'appât du gain ? traître et à surveiller ? En réalité, le métèque d'Athènes n'a jamais été confronté à nos concepts contemporains : intolérance, racisme, xénophobie, etc. Les discours de certains idéologues de notre temps, puisant dans l'univers athénien les sources de toutes les discriminations entre " nationaux " et " non nationaux ", trouvent ici leur antidote.

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