Souhayr Belhassen

  • Le 7 novembre 1987, Habib Bourguiba, 86 ans, président de la République tunisienne depuis 30 ans, est destitué par son Premier ministre Ben Ali. Il marque ainsi l'épilogue de 60 ans d'une carrière exceptionnelle, d'un destin hors du commun patiemment construit par un homme convaincu d'être supérieur aux autres. Pour comprendre cet homme, il faut fouiller les jeunes années, retracer les étapes d'une lutte de 30 ans pour la libération de son pays qui s'achève sur une apothéose : le 25 juillet 1957, jour de la proclamation de la République, Bourguiba devient le chef incontesté de la Tunisie indépendante. Pendant près de vingt ans, il va s'attacher à construire une Tunisie moderne, ouverte sur l'extérieur, solidement ancrée à l'Occident, mais c'est une Tunisie menée d'une main de fer, vouée à la célébration du culte du « chef suprême », où l'expression de toute différence est interdite. Fragile équilibre dont la précarité se manifestera dès l'entrée de Bourguiba en maladie.
    Suivront les années de lutte pour la succession, des années de contradictions dans un pays en pleine mutation, asphyxié par un autocrate vieillissant.

    Réédition du Bourguiba paru en 2 vol. aux éd. Jeune Afrique (1988).

empty