Andre Versaille

  • Le 11 avril 1961, le monde a les yeux fixés sur Jérusalem où s'ouvre le procès d'Adolf Eichmann, un des principaux responsables de la " Solution finale de la question juive ".
    Comment Eichmann fut-il retrouvé et enlevé par les agents secrets israéliens ? Pourquoi l'Etat d'Israël a-t-il décidé d'en faire le " Nuremberg du peuple juif " ? Comment fut construit cet événement médiatique mondial ? A mesure de leur déroulement, les audiences où témoignent des survivants offrent une nouvelle lecture du génocide des juifs et le font entrer dans la conscience collective. Au-delà du récit du déroulement dramatique du procès et de l'analyse de la personnalité d'Adolf Eichmann, Annette Wieviorka examine les suites polémiques de l'affaire, notamment les positions de Hannah Arendt, ainsi que les procès ultérieurs pour crime contre l'humanité, jusqu'à celui, en 1988, en Israël encore, d'Ivan Demjanjuk.
    Situé entre les procès de Nuremberg en 1946 et le procès de Barbie à Lyon en 1987, le procès Eichmann marque une étape décisive dans la prise en considération du génocide des Juifs par la communauté internationale.

  • Vue par 33 millions de visiteurs, l'Exposition coloniale de 1931 sera la dernière manifestation de la bonne conscience européocentriste. À l'invitation de la France, les puissances coloniales présentent, exposent et rivalisent d'exotisme ludique et de scénographie didactique. Les visiteurs se pressent à la rencontre de cette planète rêvée où l'Occident se mire. Ultime représentation à l'heure où les empires commencent à se lézarder.

  • Un homme. Une décision.
    Rien, au départ, ne destinait Franklin Roosevelt à la présidence des États-Unis. Et tout indiquait que ce pacifiste convaincu s'évertuerait à éviter à cette nation profondément isolationniste un nouvel engagement dans un conflit dangereux qui, longtemps, ne la toucha que de loin.
    Certes, l'attaque de Pearl Harbor de 1941 facilitera les choses mais la décision, la sienne, est prise bien avant. Comment ? Pourquoi? On pose là cette question fondamentale : doit-on faire la guerre pour obtenir la paix ? Avant de pouvoir lui-même y répondre, Roosevelt va suivre un long cheminement, à la fois personnel et politique, qui l'amène à prendre cette décision et à convaincre son peuple de le suivre. Il n'est pas tout seul : il a avec lui Churchill - avec qui il met au point une vaste stratégie, bien avant Pearl Harbor, pour vaincre Hitler et Hiro-Hito -, et, surtout, sa remarquable compagne, Eleanor, avec qui il forme un tandem indissociable. Contre lui, il a ses convictions religieuses et politiques ; ses partenaires politiques et ses (nombreux) adversaires ; le peuple américain aussi, qui ne rêve que de paix. Ce livre cherche à retracer les racines profondes de cette décision tout à la fois improbable et inévitable, et mûrement réfléchie.
    Il s'agit donc ici d'une analyse politique mais dont les dimensions biographique et psychologique sont également très importantes. En d'autres termes, la décision d'entrer en guerre sert de fil rouge pour comprendre l'homme, pour comprendre aussi le pays qu'il dirige et le monde qu'il va largement contribuer à redéfinir ; pour comprendre, d'une certaine façon aussi, la dialectique de la guerre et de la paix.

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  • Dans le contexte actuel, et face aux assauts des lois mémorielles et des interrogations sur l'identité nationale, il s'agit, à propos de la colonisation française, de dire le plus vrai qu'il est possible, sans soupçons ni remords.
    Aujourd'hui, il n'est pas plus question de se contenter de refaire le procès du colonialisme ou d'un "système" colonial, que de glorifier une "épopée" : il s'agit de tenir compte des interpellations du présent et d'affirmer qu'en effet une France "coloniale" a existé, et qu'elle a une légitimité à l'instar de la France "rurale", "urbaine", "politique" ou "culturelle". Faire ici de l'histoire exige de rappeler ce que la France a entendu aux XIXe et XXe siècles par "colonies" et "colonisation", et ce qu'il en a été en intentions comme en actes : qu'impliquait le rêve de Jules Ferry ? Comment évaluer l'action de De Gaulle en outre-mer ? Pourquoi la décolonisation fut-elle manquée en Algérie ? Etc.
    Mais il s'agit également (pour rendre compte des avancées de la recherche en histoire) de dresser un inventaire, aussi large et rigoureux que possible, sans nullement prétendre contribuer à l'établissement de vérités ou d'une histoire officielles. Il est temps pour la France de s'examiner elle-même au miroir colonial. Et de se poser, au présent et au futur, des questions restées en souffrance depuis trop longtemps : que faire de ce passé ? Quel avenir pour tous ceux qui sont venus d'outre-mer ? En réfléchissant à la France coloniale de Ferry à de Gaulle, en passant par Alger, Jean-Pierre Rioux ouvre largement les débats difficiles mais essentiels auxquels les Français du XXIe siècle sont confrontés.

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  • Certaines questions demeurent à propos de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.
    Quelles sont les origines de Pearl Harbor ? Quand s'est produit le tournant de la guerre ? L'extermination des Juifs : qui savait, et quoi ? Etc. Cet ouvrage rend intelligible à tous les principales interrogation que suscite cette période.

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  • Voici la nouvelle édition de cet essai magistral qui a été traduit en plus de vingt langues. Loin de tous les dogmatismes, marxistes ou libéraux, cet ouvrage, qui est aussi le bilan d'une vie de " spectateur engagé ", a été salué dans le monde entier, et de tous les horizons intellectuels et idéologiques, comme un chef-d'oeuvre à ce jour sans équivalent.
    Coédition avec le Monde diplomatique

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  • Pauline a treize ans lorsqu'éclate le génocide des Tutsis au Rwanda. Elle habite la préfecture de Kibuye, au bord du lac Kivu, la plus meurtrie par les tueurs Interahamwe. « Dis-leur que tu es Hutue » lui souffle sa mère. Trop jeune pour posséder une carte d'identité ethnique, possédant un physique peu identifiable, l'artifice fonctionne.
    C'est ainsi qu'elle échappe par des miracles successifs aux machettes.
    La guerre achevée, un calme précaire revient. Pauline retourne dans son village natal, mais personne ne peut lui dire ce que sont devenus sa mère ainsi que ses frères et soeurs. Seule avec son père, elle n'a plus qu'une idée en tête : mener à bien ses études, faire le cursus secondaire puis l'université. Lorsqu'une amie lui fait miroiter la possibilité de trouver un asile politique en France, elle renoue avec son mensonge : puisque la France soutient les Hutus, elle dira à l'administration française qu'elle est Hutue. Et encore une fois, cela fonctionne. Cette France qui l'accueille et la protège devient sa seconde patrie.
    Mais que sont devenus les siens ? Sont-ils vraiment morts ? La terrible vérité lui arrive un soir, à Paris, par un coup de téléphone : son père a retrouvé les corps des membres de la famille assassinés huit ans plus tôt. Pauline est sûre désormais qu'ont été assassinés sa mère, deux grands-parents et ses cinq frères et soeurs. Mais elle doit à présent attendre d'avoir la naturalisation française pour avoir le droit de se rendre dans son pays. Elle obtient finalement la nationalité française. Elle est enfin libre de se rendre au Rwanda et d'y accomplir le geste qu'elle attendait depuis quinze ans : enterrer les siens dans la dignité.

  • 1857 : année mythique de la censure. Charles Baudelaire, Gustave Flaubert et Eugène Sue sont tour à tour poursuivis par le même procureur, Ernest Pinard. Les oeuvres incriminées ? Les Fleurs du Mal, Madame Bovary et Les Mystères du Peuple. Par ces procès, le régime de Napoléon III entend juger le poète et les deux romanciers pour leurs outrages et leur insubordination à l'ordre politique et moral.

    À l'aide de documents d'archives, d'articles de presse, des plaidoiries et des réquisitoires, des correspondances que s'échangent les écrivains pourchassés par Pinard, Emmanuel Pierrat nous replonge dans cette année 1857. Dans un décor saisissant, il fait revivre les procès intentés par le procureur impérial à des écrivains de génie soudainement pris dans l'implacable mécanique de la censure.

    Le lecteur découvrira donc la galerie de créateurs devenus depuis célèbres et des journalistes qui se lancent dans la bataille, tout comme l'état de la censure sous le Second Empire (et ses prolongements actuels). Jamais le tableau de ces quelques mois qui vont durablement marquer le milieu des Lettres n'avait été dépeint avec autant de force.

    Les pièces du dossier (plaidoiries, réquisitoires et jugements) sont publiées en annexe de cette saga tout autant judiciaire que littéraire.

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  • Ce livre est né de plusieurs interrogations.
    Pourquoi y a-t-il, depuis quelques années, un emballement chez les universitaires, les médias et le grand public pour la question des réparations de " crimes " coloniaux ? pourquoi choisit-on de préférence la traite négrière, l'esclavage ou l'extermination de populations indigènes dans le cadre de la colonisation à d'autres " crimes ", lorsque l'on fait valoir que l'écoulement du temps n'efface pas les responsabilités de ceux qui, dans un passé souvent lointain, ont commis de tels actes ? comment en est-on venu à penser qu'une politique de réparation serait susceptible, mieux que l'aide au développement, de contribuer à réduire les inégalités nord-sud ? pourquoi ce déplacement d'accent de l'économie vers le politique et l'éthique ? l'originalité de cet ouvrage est de donner des réponses à ces questions en adoptant la perspective de l'histoire comparative de longue durée.
    Son auteur remonte jusqu'au xvie siècle pour retrouver, dans le vaste monde colonial, les racines des notions de crime et de réparation. il évalue l'importance des préjudices subis tant par les peuples autochtones d'amérique et du pacifique (dépeuplement et spoliation foncière) que par les africains et les noirs de la diaspora (traite négrière et esclavage). il établit la portée et les limites des demandes actuelles de réparation, censées redresser les injustices héritées du passé colonial et formulées par les indiens d'amérique, les aborigènes d'australie, les maoris de nouvelle-zélande, les noirs d'afrique et de la diaspora.

  • Après avoir été parfois considérés comme des héros, les abolitionnistes occidentaux, et notamment français, sont aujourd'hui de plus en plus critiqués.
    Car si l'on reconnaît leurs prises de position en faveur de l'abolition de l'esclavage, on met aussi en avant la lenteur du processus abolitionniste. Dans cet ouvrage, Lawrence C Jennings, nous montre combien la chose n'allait pas de soi. On découvre comment un mouvement abolitionniste, quasiment anéanti au moment où Bonaparte devient Premier Consul, se reconstitue peu à peu après 1815, dans un contexte difficile, où l'abolitionnisme est parfois représenté comme une sorte de cheval de Troie britannique destiné à réduire la France à une puissance de second rang.
    Bien que secondés par de grandes figures libérales, comme Benjamin Constant, les abolitionnistes subissent le contrecoup de leur opposition au régime de la Restauration. Paradoxalement, leur arrivée au pouvoir, avec la révolution de juillet 1830, ne permet pas de faire aboutir leur projet. De tergiversations en oppositions, les abolitionnistes les plus convaincus - comme Victor Schoelcher et le Martiniquais Cyrille Bissette - en arrivent peu à peu à l'idée qu'il convient de mettre immédiatement fin au fléau de l'esclavage.
    Une autre révolution, celle de 1848, leur en donnera enfin l'occasion. En nous contant ces multiples péripéties, Lawrence C Jennings nous montre combien l'histoire de l'abolitionnisme s'articule avec celle de notre entrée dans l'ère démocratique.

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  • Qu'est-ce que la femme ? Un animal étrange né de la vase des bords du Nil, comme le croyaient les Égyptiens ? Ou formé sur le fumier exposé au soleil d'Arabie, comme le pensaient les Grecs ? Ou un sous-produit de la côte d'Adam, comme le veut la Genèse - c'est pourquoi elle a l'esprit tordu ? Ou encore, plus scientifique, selon Aristote : «La femme est une erreur de la nature. Dans un ordre parfait n'existeraient que des mâles».
    En 1617, un certain Jacques Olivier publie un livre intitulé Alphabet de l'imperfection et malice des femmes. Dès l'entrée, le ton est donné : «Femme, si ton esprit altier pouvoit connoître le sort de ta misère et la vanité de ta condition, tu fuirois la lumière du soleil, tu chercherois les ténèbres, tu entrerois dans les grottes, tu regretterois ta naissance et tu aurois horreur de toi-même.» Dans la stigmatisation de la femme, Jacques Olivier n'est pas seul. Il est épaulé par une école de misogynes qui jonglent avec les exégèse bibliques, le discours patrologique ou traditionnel, la grivoiserie proverbiale et manient l'invective avec un naturel déconcertant.
    Ainsi prend corps la «querelle des femmes».
    Car face aux misogynes se dressent de fougueux féministes. Ils reçoivent de leurs adversaires les qualificatifs de «damarets», «muguets», «effeminez». Ils s'appellent Vigoureux, Meynier, chevalier de l'Escale et, par dessus tout, Poullain de la Barre, esprit des Lumières égaré au coeur du XVIIe siècle et féministe si audacieux qu'on a du mal à le surpasser dans ses idées, même aujourd'hui.
    Tout au long des XVIIe et d'une partie du XVIIIe siècle, la «guerre des sexes» se poursuit, orchestrée par les stratèges du refoulement autour du thème de la «descouverture des seins» ou des dangers incarnés par l'Amazone.
    Au XIXe siècle le discours se fait plus subtil. Il est laïcisé par les médecins qui se penchent avec paternalisme sur la femme, être fragile qui implore la protection de l'homme fort. En somme, la nouvelle stratégie se résume en peu de mots : protéger pour mieux soumettre.
    C'est cette histoire de la mysogynie, depuis la plus virulente, la plus violente et la plus paillarde, jusqu'à la plus subtile, la plus paternaliste et la plus féministe d'apparence, que Pierre Darmon retrace dans ce livre.

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  • Peu de réalités exotiques ont frappé l'imaginaire occidental comme le Harem impérial ottoman.
    Le vain acharnement des étrangers à forcer la partie la plus secrète du Sérail n'a d'égal que l'impassibilité de la Porte qui, jusqu'au déclin final de cette institution en 1909, n'autorisa presque aucune indiscrétion.
    Le Harem impérial est encore, à l'aube du XXe siècle, un sanctuaire inviolé, malgré ce que l'on a pu en déduire à partir des harems privés plus perméables et des rares confidences d'un bailli de Venise ou d'une voyageuse anglaise.
    Le témoignage de Leïla Hanoum, fille du médecin du Palais et conseiller du Sultan, qui relate la vie quotidienne du Harem impérial, apparaît dès lors comme une évocation sans précédent. À la valeur du document s'ajoute l'atmosphère rendue par les anecdotes et les détails minutieusement restitués par une femme qui a vécu sous six sultans et dont l'âge n'a pas entamé la prodigieuse mémoire.
    Leïla Hanoum nous fait pénétrer dans un univers jusqu'alors hermétique, qui, un siècle seulement après sa disparition, semble aussi éloigné de nous, et aussi mythique, que la cour du roi Salomon.

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  • 1918. Les canons se taisent, mais la joie de la victoire, très brève, cède vite la place à l'amertume et à l'angoisse. Ces sentiments saisissent tout particulièrement les élites. Ainsi, un groupe encore trop méconnu, le corps diplomatique, essentiellement catholique, panique : son hégémonie sociale et politique est questionnée.
    Dans un premier temps, leurs craintes se focalisent sur le péril rouge : refusant le changement d'époque, les diplomates haïssent et craignent le Juif, associé à l'internationalisme communiste, révolutionnaire, républicain et athée. Dès cette époque, plusieurs axes s'imposent dans le regard porté par les diplomates sur les Juifs et les antisémites : les thématiques intemporelles de la juste mesure, de l'extrémisme, de la violence, les statuts de victimes et de bourreaux, l'intégrité territoriale et l'unité belges.
    Au milieu des années 1920, la situation internationale se stabilise et l'Église condamne certaines dérives antisémites. Le concept d'«ennemis de la nation et de la foi», associés aux judéo-bolcheviques, perd du terrain. Les fissures au sein du monde catholique s'accentuent. Mais l'accession d'Hitler au pouvoir modifie bien plus la donne. Non seulement le corps diplomatique dénonce le nazisme comme menace suprême sur la paix européenne et redistribue les rôles entre Juifs et antisémites. Mais la politique allemande contraint aussi les Belges à se positionner lors des négociations internationales. Le gouvernement belge et ses représentants aux conférences pour les réfugiés tiennent un double discours. Ils cherchent à tranquilliser les secteurs de l'opinion, fragilisée par un chômage de masse et fantasmant sur un déferlement prochain d'étrangers. Mais en même temps, ils veulent donner des gages aux quelques personnalités qui dénoncent, à raison, le cynisme, le manque d'humanité, de solidarité et l'absence d'état de droit véritable de cette politique.
    Ces deux thématiques, la peur et la haine de l'autre d'une part, la question de l'asile et du statut des réfugiés de l'autre, sont d'une dramatique actualité. À travers ce livre, vous pourrez trouver quelques clés utiles pour une réflexion et pour une remise en perspective face à des questions qui ne sont pas nouvelles.

  • En principe brèves, à l'occasion dangereuses et donc redoutées, les crises sont susceptibles de modifier le cours de l'histoire.
    Analysant soixante crises internationales s'étalant sur une centaine d'années, les unes célèbres, d'autres méconnues, l'auteur éclaire de manière originale quelques-uns des événements qui ont rythmé l'histoire de notre temps et façonné le monde d'aujourd'hui.
    Pour chaque crise, l'auteur présente les acteurs aux prises avec la succession des événements, contraints de prendre sans délai et sans nécessairement disposer de l'ensemble des données du problème, des décisions pouvant conduire à des affrontements armés.

    Parmi les 60 crises étudiées, citons, entre autres :
    L'attentat de Sarajevo (1914) ;
    Le génocide arménien (1915-1917) ;
    Munich (1938) ;
    La remilitarisation de la Rhénanie (1936) ;
    Les missiles de Cuba (1962) ;
    La «Guerre des Six jours» (1967) ;
    L'intervention soviétique en Afghanistan (1979) ;
    Crise et guerre aux Malouines (1982) ;
    La crise yougoslave (1991) ;
    Le Caucase en crise (2008).

  • Ce dictionnaire présente une originalité : il se place résolument dans la perspective historique, indispensable pour comprendre les singularités - qui paraissent parfois illogiques - des structures qui se sont développées pour aboutir au système européen tel que nous le connaissons aujourd'hui.
    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le "chantier européen" n'a cessé d'évoluer. L'unité de l'Europe s'affirme maintenant dans l'Union européenne compétente dans les domaines politiques, économiques et sociaux, dotée d'une monnaie unique et élargie à la plupart des États de l'Europe géographique.
    Il s'agit donc d'un phénomène très complexe, résultant du jeu de forces diverses, variable selon les époques, dont la compréhension est facilitée par la connaissance de l'évolution historique.
    D'où l'utilité d'un dictionnaire qui précise l'origine et le développement des éléments constitutifs de ce grand mouvement vers l'unité : les hommes dont les idées et l'action ont poussé à l'organisation de l'Europe, penseurs, militants, hommes politiques ; les idéologies politiques qui ont intégré progressivement la notion d'Europe ; l'opinion publique dans les différents pays, favorable en principe mais capable de s'opposer sur des problèmes particuliers ; les États nationaux, leur attitude à l'égard de l'Europe et leur rôle dans ses institutions ; les institutions européennes, leurs origines et leurs réalisations.

    Ce Dictionnaire a été conçu et rédigé par des historiens français et belges qualifiés par leurs travaux de recherche sur les questions européennes et par leurs publications antérieures.

  • 1945 : Libération de Berlin. Les Soviétiques traquent les derniers nazis dans les quartiers berlinois.
    Le 24 avril, des soldats russes prennent le contrôle du quartier Wedding et découvrent un bâtiment à peu près intact abritant plusieurs centaines de personnes - médecins, infirmières, malades, personnel non médical, et un groupe d'individus hétérogène. Un homme s'avance : «Ceci est l'hôpital juif. Nous sommes juifs !» Les Russes sont incrédules, persuadés que tous les Juifs d'Allemagne étaient morts.
    C'est au cours d'un dîner mondain, à la fin des années 1970, que Daniel Silver, l'auteur de cet ouvrage, apprend l'incroyable histoire de la survie tout au long de la guerre d'un hôpital juif à Berlin, qui abritait des centaines de Juifs.
    Sa curiosité piquée, le désir de comprendre les raisons de cette «anomalie» incite Silver à mener une enquête fouillée, appuyée sur des interviews de personnes ayant vécu ou travaillé toute ou une partie de la guerre dans l'enceinte de l'hôpital. Ces témoignages seront complétés et recoupés grâce notamment aux mémoires de Hilde Kahan, la secrétaire du médecin-chef de l'hôpital, le Dr Lustig.
    L'ouvrage passionnant s'articule autour de deux questions : comment cela a-t-il pu se passer ? Comment vivait-on en pareilles circonstances ?
    À ce titre, cet ouvrage apporte une contribution importante à la connaissance de la situation des Juifs en Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale.
    L'auteur tente également de percer une autre énigme : la personnalité du Dr Lustig. Juif allemand, marié à une «aryenne», lié à de hauts responsables nazis, le directeur de l'hôpital est-il un méprisable collaborateur, chargé de dresser les listes de déportation parmi le personnel hospitalier, ou, au contraire, un héros qui a réussi à sauver des centaines de vie ?

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  • Négocier avec les nazis pour sauver des centaines de vies, est-ce collaborer ?

    Deux mois après son onzième anniversaire, le 9 juillet 1944, les portes du camp de concentration de Bergen-Belsen se ferment derrière Ladislaus Löb. Cinq mois plus tard, alors que la Seconde Guerre mondiale fait encore rage, il franchit la frontière de la Suisse neutre, hébété mais sain et sauf. Il n'est pas seul : il fait partie d'un groupe de 1 670 Juifs - hommes, femmes, enfants - venus de Hongrie, sauvés des nazis grâce à un marché exceptionnel conclu par un homme appelé Rezsö Kasztner - lui-même Juif hongrois - avec Adolf Eichmann, le maître d´oeuvre de la Shoah.
    Dix ans plus tard, Kasztner sera accusé de collaboration criminelle avec les SS. Au cours d´un procès retentissant, un juge estimera que Kasztner avait "vendu son âme au diable".
    Lorsqu´en 1958 la Cour suprême israélienne annulera la sentence, Kasztner n´est plus : quelques mois plus tôt, an mars 1957, il est tombé sous les balles sous les balles d´un groupuscule de Juifs extrémistes.
      "Dans ce livre écrit d´une plume retenue, Ladislaus Löb offre un récit détaillé et émouvant de l´affaire Kasztner. Mal connu du public francophone, c´est pourtant l´un des épisodes les plus étonnants de l´histoire de la Shoah et une sombre histoire lui a secoué le jeune État d´Israël dans les années 1950. Pour les uns, Rezso Kasztner fut un "collaborateur" pour avoir tenté de négocier avec Eichmann le sauvetage de Juifs hongrois promis à la mort. Pour les autres, il fut un héros, devenu un martyr après son assassinat, à Tel-Aviv, en 1957. L´auteur avait onze ans à l´époque. Il eut la chance de faire partie du "train Kasztner" qui permit à près de 1 700 autres Juifs de Budapest de rejoindre la Suisse en 1944. Son témoignage nous fait pénétrer au coeur d´une terrible question : pour sortir de l´enfer, avec qui négocier sinon avec le maître des lieux ? Ladislaus Löb a également participé à l´extraordinaire documentaire de Gaylen Ross, Le juif qui négocia avec les nazis.

    À lire, pour sortir des visions édifiantes d´une histoire qui saigne encore." Henry Rousso

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  • De Haan quitte sa Hollande natale en 1919 pour s´installer à Jérusalem. Correspondant d'un quotidien amstellodamois, il a laissé derrière lui près de 400 reportages rédigés sous forme de feuilletons qui constituent une chronique fascinante de la vie palestinienne au cours des années 1919-1924 (année où il est abattu, en pleine rue).
    Des reportages passionnants qui restituent admirablement le climat et l´ambiance de l´époque, et qui sont à mettre dans la lignée de ceux de Joseph Kessel ou d'Albert Londres.

  • Septembre 1959 : de Gaulle affirme le droit de l'Algérie à l'autodétermination.
    À Alger, la colère des partisans de l'Algérie française se manifeste, en janvier 1960, par la Semaine des Barricades. À partir de ce moment, des activistes Pieds noirs vont multiplier les violences jusqu'à attaquer les forces de l'ordre.
    Quelques mois plus tard, la peur, la haine, la rancoeur devant la progression du pays vers l'indépendance amènent les ultras à créer l'OAS dans le but de renverser la situation, par tous les moyens, y compris par l'assassinat de De Gaulle.
    La spécificité du temps de l'OAS tient à sa situation dans la phase terminale d'une guerre de décolonisation très dure dont il constitue l'épisode le plus violent. À partir de sources aussi variées que possible, l'auteur s'efforce de retrouver le sens et les modalités du combat dans lequel des civils et des militaires s'engagèrent, afin de défendre l'Algérie française contre un gouvernement accusé d'abandon. Elle interroge également les convictions des militants qui se mobilisèrent contre le retour du danger fasciste. Entre ces deux pôles, elle met en évidence une zone d'indécision propre à favoriser la mise en oeuvre de liens inattendus dont l'Organisation secrète se prévaut, quoique l'opinion métropolitaine ait finalement tranché contre elle et pour de Gaulle.
    Si respectueux qu'il soit de la progression chronologique, ce livre se veut donc moins une histoire que la restitution du climat des quelques mois pendant lesquels les deux rives de la Méditerranée s'embrasèrent, ambition favorisée par l'ouverture progressive des archives. Aucun des acteurs ne retrouvera pleinement le souvenir qu'il garde de la période ;
    C'est la rançon d'une démarche qui associe des imaginaires et des pratiques restées inconciliables après plus de cinquante ans, sans avoir rien perdu de leur charge émotionnelle.

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  • C'est en 1943 qu'est découvert par les Allemands, au bois de Katyn, un immense charnier de cinq mille officiers polonais portés disparus par les armées des Alliés.
    Après 50 ans de négation, Moscou reconnaît sa culpabilité en 1990 et en livre les preuves accablantes en 1992.
    Alors que sort sur les écrans français le film d'Andrzej Wajda, Katyn, ce livre revient sur les faits et analyse la tragédie, le crime et le combat pour la vérité et la mémoire.

    Il y a 70 ans...
    1939 : Staline et Hitler agressent de concert la Pologne en septembre.
    Une partie de l'Armée polonaise combat les Allemands à l'Est de la Pologne lorsque l'Armée rouge envahit ces territoires, prétendant faussement venir en renfort. Capturés par traîtrise par les soviétiques, alors qu'ils luttent contre les nazis, les officiers polonais sont internés dans des camps du NKVD.
    Le 5 mars 1940, Staline et le Politburo du PCUS au Kremlin ordonnent officiellement leur massacre, ainsi que l'assassinat ou la déportation de leurs familles et de plus d'un million et demi de civils polonais.
    C'est en 1943 qu'est découvert par les Allemands, au bois de Katyn, un immense charnier de cinq mille officiers polonais portés disparus par les armées des Alliés.
    Après 50 ans de négation, Moscou reconnaît sa culpabilité en 1990 et en livre les preuves accablantes en 1992.

    L'ouvrage d'Alexandra Viatteau raconte les nouvelles exhumations par les Polonais et les Russes, à Kharkov et Tver, de charniers de dix mille officiers manquants. Il informe sur l'action judiciaire, les nouvelles reculades du Kremlin, la rétention de pièces classées "secret d'État" et la fermeture des archives, mais aussi sur les avancées de la recherche.
    => Un livre qui intéressera les gens qui se passionnent pour les grandes énigmes de l'Histoire, comme ceux qu'interpellent les crimes de guerre et les rouages de la propagande.
    => L'agression commune de la Pologne par Berlin et Moscou en septembre 1939 est l'événement qui provoque directement le déclenchement de la IIe Guerre mondiale.

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  • La guerre de 1914 est sans doute l'événement le plus important de l'Histoire du XXe siècle.
    Elle a non seulement produit des changements considérables dans tous les domaines, mais s'est aussi trouvée à l'origine des principaux bouleversements des décennies suivantes.
    Les entrées de cet ouvrage en restituent tous les aspects et en présentent les acteurs : pays belligérants et neutres, opérations militaires et transformations économiques, combattants et civils, ouvriers et paysans, etc., sans oublier les origines mêmes du conflit et les comportements intellectuels et mentaux des populations.
    À l'heure où l'on va commémorer la fin de la guerre 1914-1918 et "panthéoniser" le dernier poilu, ce Dictionnaire offre une synthèse claire et pratique de cette guerre qui, depuis quelques années, provoque un intérêt grandissant dans le grand public. En témoigne le succès de films comme Joyeux Noël ou Un long dimanche de fiançailles.

    Exemples d'entrées : Aviation ; Brest-Litovsk (paix de) ; Canard enchaîné ; Démobilisation ; Écrivains français ; Fiume ; Grippe espagnole ; Maréchal Hindenburg ; Journaux des tranchées ; Mata-Hari ; Mutineries de 1917 ; Maréchal Pétain ; Réparations ; Accords de Sykes-Picot ; Bataille de Verdun.

  • Qui ne connaît le dirigeant nazi Joseph Goebbels ? Dans les images documentaires d'époque, il est partout.
    Apothéose du tragique et du pathétique, en 2005, une séquence du film La Chute lui est réservée : son suicide et celui de sa femme le 1er mai 1945, après avoir procédé au meurtre de leurs six enfants.
    Pourtant, au-delà de ces apparitions insistantes, de ces évoca-tions anecdotiques, le grand public en sait-il beaucoup sur son environnement familial, sa personnalité, sa formation, sa vie ? Il est temps de mettre fin au « mythe » répandu par certains au-teurs allemands au lendemain de 1945. Pour accréditer la thèse d'une Allemagne « victime » de « déments diaboliques », ils voyaient en Goebbels le « démon » en action, d'ailleurs doté du pied fourchu de Satan. Dans le monde d'aujourd'hui, où propa-gande et « désinformation » s'amplifient, son activité visant à modeler l'opinion publique n'a jamais été aussi instructive.
    Cet ouvrage se veut le portrait d'un polémiste impitoyable à l'égard de ses adversaires, d'un manipulateur conscient et cynique, d'un virtuose de la ruse et de la séduction, d'un jusqu'au-boutiste blasé. Grâce aux nombreuses citations tirées des textes mêmes de Goebbels, et souvent insuffisamment prises en considération par les historiens - ses écrits « littéraires », ses articles, ses allocutions radiophoniques, ses discours -, ce livre se veut en même temps un tableau de l'Allemagne nazie.

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  • Cet ouvrage propose un autre regard sur le métèque dans la cité athénienne classique : celui du métèque lui-même sur cette cité où il vit. Un regard fort éloigné de celui de l'historiographie traditionnelle.
    Cette réflexion riche, documentée, méthodique soulève en même temps la question de l'étranger dans un État démocratique et celle des rapports avec lui. En réalité, les Athéniens souhaitaient, appréciaient la présence du métèque dans leur cité. Aux Ve et IVe siècles avant J.-C., le métèque est pleinement présent dans le champ politique, dans celui de la guerre et également dans celui des interventions économiques et sociales ; il est aussi un défenseur d'Athènes, de son Empire et de sa démocratie. À côté du citoyen, il débat avec lui sur l'agora et contribue à la circulation des idées politiques et sociales.
    C'est également l'occasion pour l'auteur de déconstruire la figure imaginaire du métèque : bon ? mauvais ? versatile ? mû par l'appât du gain ? traître et à surveiller?
    En réalité, le métèque d'Athènes n'a jamais été confronté à nos concepts contemporains : intolérance, racisme, xénophobie, etc. Les discours de certains idéologues de notre temps, puisant dans l'univers athénien les sources de toutes les discriminations entre "nationaux" et "non nationaux", trouvent ici leur antidote : non, Aristote n'aurait pas combattu la loi Gayssot !

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  • Nul ne pourra sortir indemne de la lecture des correspondances de poilus rassemblées dans cet ouvrage... De manière assez inattendue, c'est grâce à la censure que l'on dispose de ces documents exceptionnels. A partir de décembre 1916, le service du contrôle postal reçoit en effet l'instruction de sonder la correspondance de chaque unité combattante. L'objectif pour le commandement de l'armée est de se donner les moyens de connaître l'état d'esprit qui règne au front.
    L'auteur de cet ouvrage a pu, au fil des ans, mettre au jour ces milliers de lettres de poilus, recopiées par les services de la censure et enfouies dans des cartons au château de Vincennes. Grâce à ce travail considérable d'exhumation, on saisit l'évolution des sentiments de ces millions d'hommes pris dans l'engrenage de la guerre, analysant au jour le jour le spectacle de leur propre souffrance et s'interrogeant sur le bien-fondé du sacrifice qui leur est demandé.

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