Espace Nord

  • Parmi les canaux blêmes de l'ancien port figé dans des eaux sépulcrales, le roman se joue entre des reflets : celui d'une femme que Hugues Viane a passionnément aimée, celui d'une morte dont il croit retrouver l'image chez une vivante.
    Chef d'oeuvre du symbolisme. Récit fétichiste dont le personnage principal est la ville de Bruges, où toute la sémiologie de la ville participe aux cérémonies du deuil.
    Livre-culte pour les spleens d'aujourd'hui.

  • Les marais

    Dominique Rolin

    Il y a des familles sur lesquelles le malheur et la fatalité pèsent plus lourd que sur d'autres. Car le drame qui se joue au sein de la maison Tord est le pire de tous : celui qui se répète de génération en génération, imperceptiblement, sans répit.Ludegarde, Alban et la petite Barbe avaient pourtant cru échapper à la terrible tyrannie du père Tord et se défaire de l'emprise maléfique exercée par la sombre bâtisse sur ses occupants. C'était sans compter sur la force du destin qui brise les rêves de liberté de chacun et finit par ramener les âmes courageuses dans les pas de leurs ancêtres.

  • Malpertuis

    Jean Ray

    À la fin du XIXe siècle, sentant sa fin prochaine, Quentin Moretus Cassave, un énigmatique vieillard immensément riche, convoque les membres de sa famille. Son testament stipule que pour prétendre hériter de sa fortune, il est impératif de venir vivre à Malpertuis, sa vaste demeure sombre et inhospitalière.
    Le dernier survivant sera le légataire universel, sauf s'il reste un homme et une femme : ils devront alors se marier pour se partager l'héritage.

  • L'employé Nouv.

    Dans ce roman explosif, Jacques Sternberg réalise le tour de force d'explorer l'univers intérieur d'un employé arrivé cinq minutes trop tard au bureau, entre le moment où il s'apprête à en pousser la porte (première page : « Devant la porte, je regardai l'heure: dix heures cinq. J'hésitai un instant.») et celui où son employeur lui réservera sans doute un accueil glacial.

    En mêlant ce qui existe péniblement au jour le jour et les projections les plus loufoques, L'Employé met à mal tous les principes. En allongeant puis en rétrécissant le temps, en élargissant puis en compressant l'espace, il provoque un vertige qui vient troubler jusqu'aux chiffres et aux mots. Mais qui est-il donc, cet employé ? Il n'arrête pas de se le demander, pendant l'énorme minute qui sépare dix heures cinq de dix heures six.

  • Keetje Nouv.

    Keetje

    Neel Doff

    Publié pour la première fois à Paris en 1919, ce roman dessine, avec Jours de famine et de détresse et Keetje trottin, un triptyque de la famille Oldema et plus spécialement de Keetje, troisième enfant de neuf que comptera le noyau familial.

    Bien qu'ayant à sacrifier une partie d'elle-même, Keetje se sent profondément différente de ses parents. Son père, alcoolique, travaille de moins en moins et disparaît pendant des périodes toujours plus longues. Sa mère continue à conduire le ménage d'une main de fer et lui impose régulièrement de ramener de l'argent, quoi qu'il en coûte. Ses frères et soeurs doivent aussi trouver des tâches, ingrates, parfois dangereuses. Au milieu d'un monde surdéterminé, Keetje lit, s'évade, s'individualise.

    Écrite avec une très grande simplicité de moyens, l'oeuvre de Neel Doff constitue un témoignage exceptionnel sur ce que pouvait être l'expérience de la pauvreté dans les taudis des grandes villes : la faim, les promiscuités honteuses, la prostitution, la cruauté inhumaine des nantis.

  • Quand Jean Ray mène la danse, la ronde des manèges tourne vite au cauchemar. Au son d'une musique stridente et trépidante, le cochon verni ou le cheval mordoré que l'on enfourche se révèlent goret d'Apocalypse ou cavale d'enfer ! Paru en 1964, Le Carrousel des maléfices offre de chevaucher à cru une araignée géante, de défaillir d'effroi face à quelques horreurs logiques insondables, de croiser Croquemitaine ou Tête de lune, ou de frayer avec une escouade de monstres. Revoici le monde des outre-coins fétides et vertigineux de demeures à l'inquiétante quiétude.

  • Comment accorder le moindre crédit aux histoires rapportées ici ? Ce ne sont que mensonges, pour faire peur aux idiots.
    Les fantômes, les ruelles ténébreuses, les statues des cimetières qui se mettent à vous menacer, ça n'existe pas. Pourquoi vous inquiéter ? Soyez raisonnable. Mais...attendez ! Pourquoi la lumière s'est-elle éteinte ? Juste un moment où l'on a entendu ce cri... Ne partez pas ! Ne me laissez pas tout seul dans le noir...

  • À une époque imaginaire qui ressemble à s'y méprendre au XVIIe siècle, la jeune Maria Concepción, infante d'Espagne, se voir offrir le jeune Girolamo, huit ans, enfant châtré rescapé d'un navire d'esclaves.
    Les deux enfants grandissent ensemble, comme deux âmes jumelles, partageant le même nom et la même solide éducation promettant Maria à un grand destin, car son père ambitionne pour elle de régner. À quinze ans, elle épouse le roi d'une France déchirée par les guerres de religion. Girolamo accompagne la jeune souveraine dans sa quête de pouvoir : rien ne semble pouvoir séparer les deux être unis par un amour platonique mais charnel, intense mais interdit.
    Jacqueline Harpman rejoint la tradition des grandes histoires d'amour tragique dans un livre sensible aux airs de roman historique.


  • long poème en prose, equipée est l'aboutissement d'une fascination exercée par la chine, cette " impératrice d'asie ".
    la description d'un voyage aux confins du pays permet une succession d'images colorées et vivantes. une question s'impose, s'agit-il d'un périple réel ou imaginaire ? les deux thèmes s'affrontent et s'imposent tour à tour.

  • Espace Nord nous propose de plonger ou de replonger dans la langue et dans l'oeuvre de William Cliff, considéré comme le plus grand poète belge contemporain, à travers une anthologie regroupant des textes issus de différentes publications, qui pour certaines ne sont plus disponibles, et permettant d'avoir une vision d'ensemble de l'immense travail de ce poète.

  • Ce volume reprend pour la première fois au format de poche des textes de Simon Leys consacrés à trois de ses thèmes de prédilection : la Chine, la littérature et la mer. De "L'attitude des Chinois à l'égard du passé" à "Prosper" en passant par "L'expérience de la traduction littéraire", "L'imitation de notre seigneur Don Quichotte" et "La Belgitude de Michaux", se dessine le portrait d'un auteur parfaitement inscrit dans son siècle, qui figure parmi les plus justes, précis et incisifs de son époque. Le volume comporte un entretien inédit de Simon Leys avec Jean-Luc Outers et Jacques De Decker.

  • À la suite d'un tremblement de terre provoqué par une explosion nucléaire, deux personnages tentent de se reconstruire une vie. Guerre ? Accident ? Adamek ne répond pas. Peu importe la cause, quand l'effet est épouvantable.Le Château rouge est une grotte souterraine qui vient d'être ouverte au public. Lors d'une visite, un séisme violent emporte les passerelles et les galeries s'effondrent. Seules deux personnes survivent à la catastrophe : Anton Malek, un spécialiste du comportement animalier, et Marie, une vieille dame venue de Bruges. Les rescapés attendent en vain du secours, mais aucun signe de vie ne provient de la surface.Ce dixième roman d'André-Marcel Adamek nous entraîne dans un récit fort, lucide et sans concession sur l'homme, qui renoue avec la vieille et terrible constatation de Plaute : «Homo homini lupus». Ces lendemains d'apocalypse sont aussi le seuil d'un nouveau jour où tout devient possible.

  • Dave Galloway a élevé seul son fils Ben. Un soir, l'adolescent ne rentre pas : il a fugué en compagnie d'une très jeune fille qu'il veut épouser. Mais l'aventure a mal tourné : un homme est mort, un policier est blessé.
    Commencent alors pour Dave, après les angoisses de l'attente, celles de la quête. Il veut retrouver son fils, lui parler, le comprendre.
    Cette histoire simple et tragique d'une crise d'adolescence révèle à un père abasourdi l'insondable fossé des générations.

  • " Un pauvre homme, dans ce livre, s'arrache, non sans douleur, de rouges morceaux de vérité.
    " Au fil de cinq " confessions " adressées à un médecin de l'hôpital psychiatrique de la Salpêtrière, l'écrivain Jean Martin raconte ce qui l'a amené à l'internement : les mille distractions de la vie quotidienne, l'écartèlement entre deux femmes et, enfin, ses sentiments pour la fille de sa compagne. Au bout du chemin : l'anorexie et la dissociation de la personnalité. Se réfugier à la Salpêtrière, c'est pour lui fuir la dispersion, retrouver la simplicité et se consacrer à son idéal : la littérature.

  • Ce recueil réunit deux oeuvres poétiques de Jean-Pierre Verheggen : Gisella, paru en 2004 aux Editions du Rocher et L'Idiot du vieil âge, paru en 2006 aux Editions Gallimard. Le premier texte est une lettre d'amour posthume adressée à Gisella Fusani, le grand amour du poète décédé d'un terrible cancer. A travers ce bouleversant poème d'amour fou, elle ne cesse de vivre comme avant : belle, infiniment douce et magnifiquement rebelle. Le second texte est une somme d'excentries : l'Idiot est convaincu qu'il n'y a qu'une bonne cure d'idiotie et une solide dose de rire qui puissent nous permettre de tenter d'en sortir avant le rictus final. Ce volume comporte également un entretien inédit avec l'auteur, conduit par Éric Clemens.
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  • Bruxelles est une ville en plastique, comme le reste de la planète : on y voit courir des petits bonshommes dérisoires, emportés dans le courant de leur vie comme des bouteilles vides à la surface du canal. On rit, on se bat, on se débat, puis on se laisse aller et on se retrouve noyé dans la vase, sans avoir rien remarqué. A moins qu'un soubresaut ne change le cours des choses. Il suffit de presque rien : une tache de sauce, un appareil photo, une agrafeuse, un abri de jardin ou un paquet de cigarettes pour qu'une vie banale bascule dans la grande aventure, pour que l'absurde redonne des couleurs à une existence terne.

  • Le froid tombe très tôt en cet automne 1941. Dans la grande maison de Norhogne réquisitionnée par les Allemands, Jeanne est peu à peu gagnée par un sentiment troublant.
    La résurgence de souvenirs enfouis, la rencontre avec l'officier qui commande la compagnie, vont la précipiter, comme malgré elle, dans une passion étrange qui se doublera du désir d'éprouver jusqu'au bout ce que fut le secret amour de sa mère. De cette liaison interdite, François Emmanuel établit la chronologie fascinée, au long des cinq mois de l'hiver 41-42. Récit hanté de mémoire, le texte saisit les trois destins de la lignée des Savinsen jusqu'au lieu de leur embrasement.

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