Inculte

  • La certitude des pierres Nouv.

    Ségurian, un village de montagne, quatre cents âmes, des chasseurs, des traditions. Guillaume Levasseur, un jeune homme idéaliste et déterminé, a décidé d'installer une bergerie dans ce coin reculé et paradisiaque. Un lieu où la nature domine et fait la loi. Accueilli comme une bête curieuse par les habitants du village, Guillaume travaille avec acharnement ; sa bergerie prend forme, une vie s'amorce. Mais son troupeau pâture sur le territoire qui depuis toujours est dévolu à la chasse aux sangliers. Très vite, les désaccords vont devenir des tensions, les tensions des vexations, les vexations vont se transformer en violence. «La certitude des pierres» est un texte tendu, minéral, qui sonde les âmes recroquevillées dans l'isolement, la monotonie des jours, l'hostilité de la montagne et de l'existence qu'elle engendre, la mesquinerie ordinaire et la peur de l'inconnu, de l'étranger. D'une écriture puissante, ample, poétique, Jérôme Bonnetto nous donne à voir l'étroitesse d'esprit des hommes, l'énigme insondable de leurs rêves, et l'immensité de leur folie.

  • Le maître et Marguerite

    Mikhaïl Boulgakov

    • Inculte
    • 16 Septembre 2020

    Moscou, années 1930, le stalinisme est tout puissant, l'austérité ronge la vie et les âmes, les artistes sont devenus serviles et l'athéisme est proclamé par l'État. C'est dans ce contexte que le diable décide d'apparaître et de semer la pagaille bouleversant les notions de bien, de mal, de vrai, de faux, jusqu'à rendre fou ceux qu'il croise. Chef-d'oeuvre de la littérature russe, livre culte à travers le monde, «Le Maître et Marguerite» dénonce dans un rire féroce les pouvoirs autoritaires, les veules qui s'en accommodent, les artistes complaisants, l'absence imbécile de doute. André Markowicz, qui en retraduisant les oeuvres de Fiodor Dostoïevski leur a rendu toute leur force, s'attaque à un monument littéraire et nous restitue sa cruauté première, son souffle romanesque, son universalité.

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  • Jérusalem

    Alan Moore

    • Inculte
    • 30 Août 2017

    " Et si une ville était la somme de toutes les villes qu'elle a été depuis sa fondation, avec en prime, errant parmi ses ruelles, cachés sous les porches de ses églises, ivres morts ou défoncés derrière ses bars, les spectres inquiets ayant pris part à sa chute et son déclin ? Il semblerait que toute une humanité déchue se soit donné rendez-vous dans le monumental roman d'Alan Moore, dont le titre - Jérusalem - devrait suffire à convaincre le lecteur qu'il a pour décor un Northampton plus grand et moins quotidien que celui où vit l'auteur. Partant du principe que chaque vie est une entité immortelle, chaque instant humain, aussi humble soit-il, une partie vitale de l'existence, et chaque communauté une cité éternelle, Alan Moore a conçu un récit-monde où le moindre geste, la moindre pensée, laissent une trace vivante, une empreinte mobile que chacun peut percevoir à mesure que les temps semblent se convulser. Il transforme la ville de Northampton en creuset originel, dans lequel il plonge les brûlants destins de ses nombreux personnages. Qu'il s'agisse d'une artiste peintre sujette aux visions, de son frère par deux fois mort et ressuscité, d'un peintre de cathédrale qui voit les fresques s'animer et lui délivrer un puissant message, d'une métisse défoncée au crack qui parle à la braise de sa cigarette comme à un démon, d'un moine du IXe siècle chargé d'apporter une relique au « centre du monde », d'un sans-abri errant dans les limbes de la ville, d'un esclave affranchi en quête de sainteté, d'un poète tari et dipsomane, tous sentent que sous la fine et fragile pellicule des choses, qui déjà se fissure, tremblent et se lèvent des foules d'entités. Des anges ? Des démons ? Roman de la démesure et du cruellement humain, Jérusalem est une expérience chamanique au coeur de nos mémoires et de nos aspirations. Entre la gloire et la boue coule une voix protéiforme, celle du barde Moore, au plus haut de son art." Claro

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  • Ceux des marais

    Virginie Barreteau

    • Inculte
    • 3 Mars 2021

    Dans un pays de marais, au début des années 60, un docteur rend visite à ses patients en flottant sur sa « plate ». De maison en maison, d'îlot en îlot, il sillonne ce paysage d'eau et de limon. Ses tournées le mènent à la rencontre d'une population miséreuse et isolée, réduite à quelques poignées de familles, auprès desquelles il fait office de vigie autant que de guérisseur. Passionné de photographie, il a aussi l'étrange manie de faire poser les habitants pour lui, comme s'il cherchait à ausculter à la fois l'intérieur et l'extérieur des êtres. Il devient ainsi le témoin de leurs vies, l'archiviste de leurs traces, le gardien de leur mémoire - et le révélateur des troubles qui circulent entre les corps. Mais lorsque Pacot, l'un de ceux des marais, disparaît mystérieusement, son absence perturbe le cours immuable de ce microcosme.

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  • La femme et le robinet de cuisine de Paul Solveig fuient. Pour sa femme, il ne peut rien faire, pour le robinet, il appelle un plombier tchèque. Au cours de son intervention, ce dernier laisse échapper une ancienne photographie de sa mère, disparue dans sa Moravie natale pendant la période communiste. Cet étrange cliché, d'une grande beauté formelle fascine Paul. Son épouse partie, son robinet réparé plus rien ne le retient à Paris. Aussi le jeune homme quitte la France pour retrouver cette femme, avalée derrière le rideau de fer il y a plus de trente ans et l'artiste qui l'a ainsi immortalisée. Il atterrit alors dans la petite ville de Blednice, au coeur de la Moravie, pour poursuivre sa folle quête. Il croisera là-bas, une serveuse cinéphile, un artiste contemporain un peu en retard sur le contemporain, un ancien de la police politique entre autres personnages farfelus. Il va surtout découvrir un pays, une langue, des paysages. Le silence des carpes est un roman drôle souvent, aigre-doux parfois, mélancolique aussi. C'est surtout une magnifique ode à la République Tchèque, à sa culture, à son cinéma et à la folie de ses habitants. 

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  • Boulevard de Yougoslavie Nouv.

    Sur les terres agricoles qui se trouvaient au sud de Rennes est née dans les années 60 une « ville nouvelle » : le quartier du Blosne. D'abord promesse de confort ou d'ascension sociale, l'ensemble a vieilli au fil des décennies, et les espérances se sont érodées. Au tournant des années 2010, un grand projet de rénovation est initié. Mais contrairement à ce qui se fait ailleurs, celui-ci va donner lieu à une vaste consultation appelant les habitants à associer leurs voix aux décisions de la mairie. Mieux : ils seront écoutés sincèrement. Youcef Bouras dirige une agence d'urbanisme impliquée dans le chantier. Pour lui aussi ce processus de concertation est une nouveauté, qui lui fait vite l'effet d'un caillou dans sa chaussure. Doit-il accepter de remballer une partie de l'expertise dont il est fier, lui qui a grandi dans une autre cité ? Les pratiques des usagers contredisent-elles les principes qu'il a mis en oeuvre dans d'autres circonstances ? L'intelligence qu'ils démontrent va-t-elle l'empêcher d'être le démiurge de ce chantier ? Pendant quatre ans, sur de longues périodes, les trois auteurs de ce roman ont résidé au Blosne. S'écartant des représentations habituelles de la « banlieue », ils racontent ici un quartier pluriel, où se cristallisent les transformations récentes de la société française. Dans la tension entre l'idéal et le réel, entre les volontés de domestication et la créativité concrète des habitants, c'est toute notre vie démocratique qui trouve à s'incarner.

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  • Lorsqu'Emanuel Haldeman-Julius se noie dans la piscine de son jardin le 31 juillet 1951, il est perçu comme un homme fini. Accusé de communisme par la presse américaine et mis sous surveillance par le FBI de J. Edgar Hoover, il vient de perdre un procès pour évasion fiscale et risque la prison. Compte tenu de l'atmosphère qui prévalait en ces temps de guerre froide, on murmura dans les cours d'écoles qu'Haldeman-Julius avait été assassiné car il était un espion soviétique ; les adultes, quant à eux, tablaient sur un suicide - quoique le seul mot qu'il eût laissé fût une mauvaise blague à l'attention de sa femme. Une fin étrange pour un homme qui, en seulement trente ans, était devenu l'un des éditeurs les plus prolifiques de l'histoire des États-Unis, diffusant environ 300 millions d'exemplaires de ses «?Petits livres bleus?» aux lecteurs américains des classes ouvrière et moyenne. Vendus au prix modique de 5 cents et conçus pour tenir dans une poche de pantalon.

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  • Tandis qu'au-dehors, à quelques centaines de mètres de chez lui, des attentats ensanglantent Paris, Jean-Michel Espitallier vit un autre drame, plus intime. Sa compagne, Marina, s'éteint, « assassinée » par le cancer. Ce livre est la chronique d'une disparition, qui enregistre - au sens musical du terme - la lente et calme approche de la mort, son surgissement, capté avec une rare acuité, puis la première année dans l'absence. Sans voyeurisme, mais avec parfois la crudité que suppose la grande intimité entre les corps, Jean-Michel Espitallier consigne, au fil des jours, les remarques, les pensées, les sentiments que la perte lui inspire.

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  • Une ville de papier

    Olivier Hodasava

    • Inculte
    • 3 Février 2021

    États-Unis, années trente. L'industrie automobile fait la pluie et le beau temps de l'économie américaine. Le pays, gigantesque, s'offre à des routes rectilignes qui en traversent chaque état. Les citoyens s'équipent en nouveaux modèles, le crédit marche à flot, les autoroutes fleurissent, les stations-services éclosent. Afin d'encourager ces trajets qui enrichissent géants du pétrole et adeptes du fordisme automobile, on offre à tour de bras des cartes autoroutières aux conducteurs. Et pour s'assurer qu'elles ne sont pas copiées par des concurrents, on y place des fausses villes en guise de signature invisible, des « villes de papier ». Desmond Crothers, jeune cartographe, conçoit une telle carte de l'état du Maine pour Esso. Mais sa ville aura un tout autre destin : elle existera vraiment, une fois qu'un commerçant obstiné décidera de la fonder quelques années plus tard, comme pour valider cette ville imaginaire

  • Le dit de l'ost d'Igor

    Anonyme

    • Inculte
    • 7 Octobre 2020

    «Le Dit de l'Ost d'Igor», qui est le plus vieux poème russe (il date de la fin du XIIe siècle), est une oeuvre malchanceuse. Malchanceuse, parce qu'on n'en a trouvé qu'une copie, publiée à la fin du XVIIIe siècle, et que cette copie a brûlé en 1812 dans l'incendie de Moscou. Et que, très vite, son éditeur, le comte Moussine-Pouchkine a été soupçonné de forgerie et accusé d'avoir imité Macpherson, qui avait inventé le barde national de l'Ecosse, Ossian... Aujourd'hui, deux siècles de recherches, de traductions et d'études, ont établi l'authenticité de cette oeuvre, réellement unique : le récit d'un désastre, de l'expédition d'un prince russe, Igor, contre un peuple des steppes, les Polovtsiens - de sa défaite, de sa captivité et de sa fuite, de son retour chez lui. Et l'oeuvre elle-même, comme un soleil noir, traverse toute l'histoire russe, toute la littérature : innombrables, depuis Joukovski et Pouchkine et jusqu'à Mandelstam sont les poètes qui s'en sont inspirés, la traduisent ou la citent.

  • Une jeune journaliste phobique découvre qu'il existe une tribu perdue quelque part en Malaisie au sein de laquelle la peur est la vertu cardinale, où le courage passe pour de l'idiotie. Une autre jeune femme se demande si la nouvelle compagne de son frère ne feint pas son daltonisme. Le père d'une jeune fille se suicide en se pendant dans le garage le jour où elle s'apprête à faire un exposé sur l'Égypte en classe. Dans ces trois nouvelles initialement parues en anglais dans le New Yorker et traduites par elle-même, Camille Bordas déploie encore une fois son talent pour la demi-teinte, sa sensibilité, son goût pour les outsiders, pas vraiment perdants mais jamais gagnants. Avec «Faits extraordinaires à propos de la vision des couleurs», et ces trois étranges points de départ, l'autrice d'«Isidore et les autres» avance en funambule sur la mince ligne de crête qui sépare le doux de l'amer, l'humour de la tristesse. Trois textes aussi poignants que drôles.

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  • Zones à risques

    Olivier Bodart

    • Inculte
    • 10 Mars 2021

    A la suite d'un drame personnel, Rook Rope cède son poste d'analyste à la FEMA (Federal Emergency Management Agency) à un certain Mat Check. C'est à lui que revient désormais la lourde tâche de se rendre sur des lieux où la nature s'est déchaînée, et de décider si le gouvernement doit décréter ou non l'état de catastrophe naturelle. Sans le rencontrer jamais, Rope continue de superviser le travail de son successeur. Il relit les rapports que Check envoie à son administration et, peu à peu, il est envahi par un curieux sentiment : les photographies des catastrophes sont prises de trop près, les témoignages concordent étrangement avec ceux que l'on trouve dans la presse. Check ne se serait-il jamais rendu sur les lieux dont il parle ? Pourtant, Rope ne fait pas part de ses doutes à la FEMA. Car Check connaît le terrible secret de Rope.  Autour de la trame acérée de ce roman à suspense vient s'enrouler un second récit, celui-ci autofictionnel. L'auteur, Olivier Bodart, décide d'aller visiter les lieux de cette histoire qu'il n'est jamais parvenu à achever d'écrire. Il se rend sur les vestiges des drames véritables qui ont inspiré son texte. Il s'interroge, s'immerge, parcourt les lieux que son personnage n'a pas parcourus, mène une enquête que son personnage n'a jamais menée, plongé dans ce qui n'était jusque-là qu'un décor de fiction pour lui et pour Mat Check.

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  • Isidore et les autres

    Camille Bordas

    • Inculte
    • 2 Octobre 2019

    Difficile à onze ans de trouver sa place dans une famille de surdoués, surtout lorsqu'on se contente d'être « normal ». Entouré de cinq frères et soeurs qui dissertent à table des mérites comparés de Deleuze et Aristote, Isidore recherche d'abord l'affection de son meilleur ami, monument de douceur : son canapé. Dans sa famille, seul Isidore est capable d'exprimer des émotions, de poser les questions que les autres n'osent pas formuler. Et lorsqu'un drame survient, il est le seul capable d'écouter et réconforter son prochain. A moins que, épris d'ailleurs, il ne réussisse enfin une énième fugue qui lui ouvrirait un monde de liberté et de légèreté. Dans «Isidore et les autres», écrit initialement en anglais par l'auteure, Camille Bordas brosse avec humour le portrait sensible d'un jeune garçon qui s'affranchit de son enfance sous le regard d'adultes encore plus désorientés que lui. Une fresque familiale tendre et émouvante, un portrait d'adolescent plein de finesse, une voix littéraire qui s'affirme plus que jamais.

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  • Octobre Liban

    Camille Ammoun

    • Inculte
    • 7 Octobre 2020

    C'est dans les villes que naissent les révolutions, qu'elles s'épanouissent, qu'elles s'ancrent. La révolution libanaise encore en cours aujourd'hui ne fait pas exception. Pour écrire «Octobre Liban», Camille Ammoun a arpenté Beyrouth en révolte usant de sa double identité d'urbaniste et d'acteur de ce mouvement qui est en train de modifier profondément le Liban. Dans sa déambulation, l'auteur nous décrit les places où fleurissent les tribunes improvisées, les lieux de vie alternatifs où la révolte s'est installée, où la parole circule, où les idées s'agitent, mais pointe aussi les signes qui ont menés à ce mouvement. Comme des stigmates, la corruption, l'abus de pouvoir, les prébendes et petits arrangements ont laissé des traces, des blessures sur les murs, les édifices. «Octobre Liban» dépeint une révolution en cours, une ville entre agonie et espoir fou.  

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  • Depuis l'open space où il travaille comme informaticien pour une grande entreprise, un quinquagénaire en proie aux premiers signes de l'andropause - cette érosion du désir masculin - s'évade comme il peut. Il se laisse aller à des rêveries érotiques, alimentées par des recherches sur Internet à propos d'une certaine contrebassiste qui aiguise ses fantasmes. Mais cette figure hautement désirable ne s'avère pas moins incernable dans le monde virtuel que dans l'esprit du narrateur. Par ce récit plein d'autodérision et d'un humour à la Monty Python, ironisant sur la doxa psychanalytique aussi bien que sur les codes de l'expérience amoureuse, Philippe De Jonckheere rebat les cartes du tendre, et déconstruit les signes de la masculinité. Il nous montre que le roman d'amour est toujours à réinventer - et s'y consacre de façon fort originale, et souvent hilarante.

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  • Egotrip

    German Maggiori

    • Inculte
    • 13 Janvier 2021

    « «Un homme seul est impuissant face au système, il ne peut que fuir »». Le poète Edgardo Caparano, drogué, alcoolique, vivant un insupportable quotidien dans la périphérie de Buenos Aires « lâche la rampe ». Il part, laissant derrière lui une ex-femme à qui il doit verser la moitié de son salaire et une fille, Mimi, la seule personne qui le raccroche encore à la vie. Filant vers le sud de l'Argentine, vers une pampa peuplée de marginaux hauts en couleur. En chemin, il rencontrera des héroïnomanes demeurés, un pilote du Paris Dakar et quelques autres spécimens de la marge argentine. Il finira hébergé au fin fond de la pampa, otage-esclave volontaire d'une ancienne nazie. Avec ce récit féroce, implacable, cruellement drôle, German Maggiori nous offre un road-trip dans la marginalité, une descente aux enfers picaresque, folle, sombre et lumineuse.

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  • Vilains moutons

    Katja Lange-Muller

    • Inculte
    • 10 Février 2021

    A la mort d'Harry, l'homme qu'elle aimait, Soja, Berlinoise de l'est récemment passée à l'ouest, découvre un cahier renfermant 89 phrases. Le journal de son amant. Soja, 39 ans, a fui Berlin-Est, survécu en faisant des petits boulots et un jour, rencontré un beau jeune homme paumé, taciturne, héroïnomane récemment sorti de prison. Soja tombe amoureuse immédiatement du jeune ombrageux. Elle l'héberge, le prend en charge, engage tout son temps, son amour et son argent pour l'aider à s'en sortir et le soutient dans sa thérapie de désintoxication et resocialisation. Malgré son aide, il replonge dans la drogue, son état se dégrade rapidement et c'est finalement dans son agonie que Soja l'accompagne, pratiquement jusqu'à sa mort. Leur histoire aura duré trois ans. Vilains Moutons est une longue lettre que Soja adresse à son amant après sa mort. Si elle essaie de comprendre cet amour fou qu'elle a éprouvé pour Harry, elle tâche surtout de comprendre pourquoi elle n'est mentionnée dans aucune des 89 phrases qui constituent le journal intime de l'homme qu'elle aimait tant. S'est-elle trompée, a-t-elle été aveugle ? S'est-elle donnée tout entière à un homme qui ne l'aimait pas ? La question est ouverte, et finalement la réponse importe peu à Soja, car Harry est l'homme qu'il lui fallait pour donner un sens à sa vie.

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  • Projet El Pocero ; dans une ville fantôme de la crise espagnole Nouv.

    «El Quiñon a été construite en quelques années sur le territoire de la commune de Seseña, à environ trente-cinq kilomètres au sud de Madrid. Cet énorme ensemble d'immeubles exhibe l'évidence de son exécution rapide. Tout est également neuf.» «Projet El Pocero» est une déambulation dans cette ville fantôme, symbole parfait de la folie spéculative qui s'est emparée de l'Espagne au milieu de la première décennie 2000. Symbole également d'un capitalisme sauvage, outrancier, qui a précipité l'économie mondiale dans une chute vertigineuse. Anthony Poiraudeau, diplômé de l'EHESS et spécialiste de l'art contemporain, démonte ici les mécanismes qui ont conduit l'Espagne à la faillite et décrit brillamment une forme de contre-utopie urbaine, une non-ville, créée de toutes pièces au milieu d'un désert, une cité bâtie pour accueillir 40 000 habitants, et qui n'en abrite aujourd'hui que quelques milliers.

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  • De Beyrouth a` Damas, de la Russie au Tadjikistan, aux Balkans et a` l'Espagne, Mathias Enard de´peint a` travers un recueil d'errances poe´tiques l'immense carte de son monde d'e´criture, mais aussi sa ge´ographie intime. L'auteur de Boussole (prix Goncourt 2015), en lieu de poe`mes, nous offre ici des re´cits poe´tiques, brefs, e´clate´s, fulgurants, sensuels parfois, brusques souvent.
    Des re´cits dont le style rappelle Cendrars, Apollinaire, Pessoa et me^me Garcia Lorca par leur brutale simplicite´, leur e´vidence poe´tique. Dernie`re Communication a` la Socie´te´ proustienne de Barcelone traverse vingt ans d'e´criture et dessine pour l'auteur une manie`re d'autobiographie voyageuse.

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  • Jérusalem terrestre

    Emmanuel Ruben

    • Inculte
    • 18 Mars 2020

    De son séjour à Jérusalem, Emmanuel Ruben rapporte un texte qui interroge les cartes, met au jour les frontières, les limites, les murs qui sillonnent aussi bien la géographie d'une région aux contours flous que celles, intimes, de ses habitants. 

  • En 1666, un vieil astronome prédit qu'une éclipse solaire totale va plonger l'Europe dans les ténèbres pendant quatre secondes. Non seulement il est le seul dans la communauté scientifique de son époque à oser une telle prédiction, mais en plus il est parfaitement aveugle - on lui a arraché les yeux dans des circonstances mystérieuses. Intrigué par cette rumeur, le jeune Leibniz, encore étudiant mais déjà chantre de la raison, décide d'aller passer les trois heures qui précèdent la prétendue éclipse en compagnie de cet étrange vieillard. Dans l'attente du phénomène, l'astronome dévoile peu à peu au futur philosophe les arcanes de son passé... et voilà le lecteur embarqué dans une histoire pleine de chausse-trapes et de circonvolutions, où, un peu à la manière du «Manuscrit trouvé à Saragosse» de Potocki, les récits s'enchâssent de façon diabolique, chaque digression relançant le suspense qui précède l'éclipse.

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  • L'alcool et la nostalgie

    Mathias Enard

    • Inculte
    • 9 Février 2011

    L'alcool et la nostalgie nous révèle une part du mystère de l'âme russe qui, ici, se confond subtilement avec celle du narrateur au point qu'il en devient difficile de les distinguer. En Russie, le dedans et le dehors, l'histoire, la littérature et la géographie s'entremêlent et s'insinuent dans le coeur de chacun, y pesant de tout leur poids, sans qu'il soit possible de s'en délester. C'est ce poids qui fait la mélancolie russe, mélange de fatalisme et d'exaltation vaine. L'alcool et la nostalgie c'est la volonté de l'oubli et la malédiction de la mémoire.
    C'est cette vérité de la Russie et des Russes que Mathias Énard nous fait toucher du doigt.

  • L'empire et l'absence

    Léo Strintz

    • Inculte
    • 19 Août 2020

    Dans un futur proche, il existe une ville où les habitants ont adhéré au « feuilleton ». Désormais leur vie est filmée, montée, aiguillée, mise en forme pour la télévision par celui que l'on appelle « le Roi ». L'homme est un démiurge, artiste fou, mégalomane et mélancolique qui use de l'existence des habitants de la ville pour nourrir ce grand récit qu'il tisse, jour après jour. Rebelle à ce système, Magnus Gansa, un jeune homme solitaire, s'évertue à mener une vie sans événement et sans interaction. Son but : rester invisible afin de demeurer extérieur aux séries de la ville. Lorsque Lo DeLilla, ancienne héroïne du feuilleton, présente ses milliers de peintures élaborées à partir d'une machine restituant ses images mentales, Magnus y voit un acte révolutionnaire... Peut-être une porte de sortie, une alternative au feuilleton. Et si chacun pouvait devenir maître de sa création, de son existence ? Au sein de l'Empire des séries, va alors démarrer pour Magnus une longue quête qui va le mener au coeur de cette mystérieuse ville et de son roi.

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  • Lucius est vieux. Retraité. Seul. Quand il étreint Mona, son amante alzheimer, il tient la mort dans ses bras. À cet âge, le médecin devient une relation trouble, entre dealer et unique ami... Et puis Frank Lahire lui montre un truc, dans le sous-sol d'une boîte de nuit, et lui propose d'en faire partie, lui aussi. Des combats de vieux, sous le regard d'une foule jeune, avide et fascinée. Un «Fight club» gériatrique, faisant la part belle à des combats mous et des corps dégénérescents. Où les lunettes sont scotchées à même le crâne, où l'oubli d'un dentier au moment du combat peut se révéler fatal... Et les corps jeunes des filles viennent se coller à celui du vainqueur. À côté des combats il y a aussi le quotidien, la vieillesse, le corps qui lâche et les sentiments qui fanent. Il y a le business des paris, il y a ces vieux qui acceptent d'entrer dans l'arène ; il y a les enterrements, le médecin, la faiblesse.

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