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  • La philosophie française du XXe siècle ne coïncide pas avec le segment continental allemand, mais en est une réception, tout en étant aussi réception, quoiqu'à un degré moindre, de la philosophie analytique, principalement issue de la tradition anglo-saxonne. La question est donc le problème franco-analytique et non pas le problème analytico-continental. Une fois ce fait admis, la " cassure " analytique, puis la " cassure " à certains égards similaire qu'ont tenté les philosophes subversifs français des années 60-70, peuvent être étudiées, en en mettant en lumière les opérations et les enjeux.
    A partir de ce premier repérage, est analysé du point de vue de la confrontation avec la chose analytique la phénoménologie française et l'épistémologie dite " à la française ". S'engage un programme pour la philosophie française à venir : on lui enjoint d'assumer les mathématiques au-delà de la logique, d'intégrer les recherches analytiques à ses ressources, et de favoriser l'ouverture lévinassienne.

  • Quelles ont été la réception, la circulation, les lectures et les réappropriations des textes d'Henri Bergson à l'intérieur du champ philosophique français ? L'auteur écrit «après», après le succès relativement récent de l'oeuvre de Bergson, mais aussi «sur l'après», sur ce qui est arrivé à l'ensemble de la philosophie française après Bergson. Il prend en considération la période qui va des lendemains du traité de Versailles au début du XXIe siècle et introduit une approche «chorale» à l'histoire de la philosophie : textes, concepts, auteurs et groupes sont évoqués pour l'importance qu'ils ont dans la construction des schémas d'analyses déployés, et non pas à cause de leur valeur supposée.
    Dans cette ample fresque sont ainsi mobilisées des ressources analytiques originales, tirées de l'épistémologie historique et pragmatique, de l'histoire intellectuelle, de la sociologie de la connaissance et des récentes études sur les aspects rituels de la philosophie.

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  • L'ouvrage défend la thèse d'une compréhension de la philosophie comme contre-culture, direction dans laquelle nous encouragent à aller les philosophies de langue française des années 1960. Il s'agit, d'une part, d'affirmer que la philosophie est une pratique de discours dépendante des contextes culturels dans lesquels elle est formulée, et, d'autre part, de localiser des scènes de la contre-culture philosophique et de les décrire.
    Encore cette description ne saurait-elle être menée pour elle-même. En révélant un style de philosophie, nous voilà projetés dans des allures de vie considérées comme interdites, tant que nous en restons aux vieux schémas des universaux faisant la loi à toutes les vies, imposant leur légitimité aux dépens des expérimentations. Ce geste philosophique des années 1960 est encore aujourd'hui notre geste, qu'il importe plus que jamais de reprendre, d'expérimenter à notre tour.

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  • Les années soixante ont constitué un véritable moment philosophique, ce qui veut dire à la fois transversal aux différentes dimensions de la pensée (scientifique, politique, esthétique, philosophique) et collectif, donc irréductible à un seul des trajets singuliers qui l'ont caractérisé. Cet ouvrage se propose d'en prendre toute la mesure en rassemblant les meilleurs spécialistes de la période.
    Il est divisé en huit parties. Quatre parties sont consacrées à la réévaluation de l'événement des années soixante dans une de ces dimensions transversales : épistémologique, politique, philosophique et esthétique. Ils alternent avec quatre autres parties consacrées à quatre grands livres caractéristiques de cette période : La Pensée Sauvage de Lévi-Strauss (1961), les ouvrages d'Althusser de 1965 (Lire le Capital et Pour Marx), ceux de Jacques Derrida autour de De la Grammatologie (1967), et Discours Figure de Lyotard.
    Patrice Maniglier est maître de conférences à l'Université d'Essex (Royaume-Uni). Il est notamment l'auteur de La Vie énigmatique des signes : Saussure et la naissance du structuralisme (Léo Scheer, 2006).

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  • Le problème du vivant n'est plus un problème « local », il traverse et bouscule tous les domaines, depuis les fondements de l'esprit (dans le cerveau) jusqu'à la préservation de la vie (dans l'univers), en passant par le rapport de l'homme et de l'animal, le soin et le pouvoir, la littérature et l'art.
    Mais rien ne serait plus trompeur que d'y voir une évidence réductrice :
    De la pensée aux neurones, de l'histoire à la survie, de l'éthique à la « bioéthique », de la littérature à la biographie. C'est comme problème, à travers une diversité d'approches nouvelles, que se constitue le moment philosophique (scientifique et historique) du vivant.
    Le but de ce livre est d'explorer ce domaine, c'est-à-dire non seulement d'en donner une carte, mais de le parcourir en acte, de la métaphysique à l'esthétique en passant par la biologie, l'anthropologie, l'éthique et la politique. Ce ne sont pas des études « sur » le vivant, comme objet extérieur, mais des interventions engagées et constituant ce moment par leurs relations elles-mêmes.

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  • A travers les différents thèmes abordés le réel, la poésie, la pulsion de mort, l'interprétation, la télépathie, le rêve, l'inconscient ou le rire est ici interrogée la relation entre ces deux penseurs strictement contemporains du XXe siècle. L'exégèse textuelle recrée un dialogue qui n'a pas réellement existé entre eux. Elle l'inscrit dans un contexte épistémique très riche où se livre une bataille spéculative à l'origine d'une rupture majeure dans les sciences humaines, dont les retombées sont encore palpables aujourd'hui, se nouant autour de nombreux points théoriques liés à la naissance de la psychologie.
    La finalité revendiquée par celle-ci est ambivalente : à la fois se distinguer de la philosophie et de la médecine, et s'y rattacher. Dans cette optique, autant Bergson que Freud vont se trouver au centre d'un débat sur la "scientificité" de la science du psychique, revendiquant, à l'instar de T Ribot ou P Janet par exemple, le recours à l'expérimentation et aux thèses psychophysiologistes et psychophysiques.
    La métaphysique de Bergson, comme la métapsychologie de Freud, ainsi désignée en 1896, seront redevables de ces théories, tout en s'en détachant pour aller vers l'idée d'inconscient, concept fondateur de la psychoanalysefreudienne.

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  • Bergson rencontre Einstein à Paris, en 1922 : la discussion tant attendue entre le penseur de la durée et l'inventeur de la relativité tourne au dialogue de sourds. Une fois distingués le " temps de la conscience " et le " temps des horloges ", le problème de la réalité et de l'unité du temps reste entier. Durée et Simultanéité, l'ouvrage de Bergson qui paraît quelques mois plus tard, ne fait qu'aggraver - durablement - le malentendu. Que s'est-il passé ? Qu'est-ce que Bergson n'a pas compris dans les " paradoxes " de la relativité ou dans le concept d'espace-temps ? Et qu'est-ce qu'Einstein ne pouvait entendre ? Cette étude répond à deux objectifs : 1°) éclairer le contexte intellectuel de la réception de la théorie de la relativité en convoquant des témoins ou des relais (Langevin et Poincaré, Brunschvicg et Whitehead, etc.), 2°) dégager les enjeux philosophiques de fond de l'intervention de Bergson. Ces enjeux encore actuels sont de nature " cosmologique " : ils concernent la coexistence des choses dans l'espace et dans le temps. Que signifie que l'univers dure, et nous en lui ?
    Né en 1972, ancien élève de l'École normale supérieure (Ulm), agrégé de philosophie, Élie During est maître de conférences en philosophie à l'Université de Paris Ouest - Nanterre La Défense et enseigne également à l'École des Beaux-Arts de Paris. Il fait partie du comité éditorial de la revue Critique et co-dirige la collection " MétaphysiqueS " aux PUF.

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