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  • Dégrader, c'est condamner la personne à perdre sa dignité. L'enquête exceptionnelle de Corinne Rostaing, fruit de trente années de recherche, notamment dans les prisons de femmes, révèle combien, aujourd'hui en France, la détention, malgré les continuelles améliorations, dégrade. Et cet effet ne se limite pas à la durée de l'incarcération ni aux seules personnes détenues.
    Assurément, les conditions diffèrent, selon que la personne est incarcérée en maison d'arrêt pour le prévenu (en attente de jugement ou de jugement définitif) ou le condamné à une courte peine, en centre de détention pour les condamnés à des peines plus longues (moins de dix ans généralement) ou en maison centrale pour les condamnés à de longues peines ou nécessitant une surveillance particulière. Mais l'effet de l'enfermement, expérience totale et spécifique, est le même : l'espace limité, l'organisation bureaucratique, la vie artificielle, l'isolement et la promiscuité, l'ennui.
    L'incarcération provoque une remise en cause de l'identité et constitue une épreuve morale sans équivalent. Face à la mission de retrancher l'individu de la société, que pèse la mission de réinsertion sociale, du point de vue de l'institution et des personnes incarcérées ? Comment les sortants peuvent-ils s'en sortir ? La prison, réduite à un rôle de gardiennage des individus, ressemble davantage, pour les 200 détenus qui en sortent chaque jour, à une voie sans issue qu'à un nouveau point de départ.
    Cet ouvrage formule la question essentielle : quel sens peut-on donner aujourd'hui à la peine et à la prison dans la société démocratique ?

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  • Cette recherche sociologique, basée sur deux ans d'enquête de terrain au sein des prisons françaises, englobe toutes les religions et se décentre du versant le plus exceptionnel ou spectaculaire du religieux pour embrasser ses manifestations ordinaires. Elle met au jour la façon dont l'administration gère les cultes. Elle donne des clés pour comprendre la façon dont les personnes détenues mobilisent - ou non - la religion et les rôles que peuvent tenir les aumôniers en la matière.

    Avec le soutien de l'Institut universitaire de France et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), laboratoire ISP-UMR 7220.

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  • École, police, prison, hôpital psychiatrique, aide sociale à l'enfance ou centre de rétention : ces institutions sont à la fois productrices et régulatrices de violences. Longtemps critiquées pour leur violence symbolique (Bourdieu), leur dimension disciplinaire (Foucault) ou leur organisation totale (Goffman), elles continuent d'être interrogées sur leur (in-)capacité à réguler la violence sociale, à la légitimité de la violence qu'elles exercent. À partir d'enquêtes empiriques au coeur de ces institutions, cet ouvrage étudie les dynamiques entre «institutions» et «violences»: comment les institutions publiques contemporaines font-elles face à de telles mises en cause ? Parviennent-elles à maintenir, envers et contre tout, leurs modes de faire traditionnels ? Ou bien inventent-elles de nouveaux dispositifs de régulation et d'usage de la violence, auxquels sont associées des rhétoriques de légitimation rénovées ? Une réflexion sur les façons dont se renouvellent, dans notre société, les rapports entre institutions publiques et usages de la violence.

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