• Parmi toutes les crises dont il est question aujourd'hui, celle du langage, et du symbolique sur lequel il repose, est la moins étudiée. Elle concerne pourtant notre capacité à dire le monde.
    À première vue, les langues de l'anthropologie et de la poésie paraissent lointaines et inconciliables. Pourtant, elles visent toutes deux à nous représenter les choses, à les faire voir, et à rendre présent le monde. Ethnologues et poètes se rejoignent sans cesse dans leur quête d'un contact direct des réalités. Tous ont voulu échapper au carcan des cadres discursifs.
    Une poétique savante de l'anthropologie est possible, à travers un va-et-vient où les sons, les sens et la symbolique auraient toute leur place.

    Sur commande
  • Les modes de vie occidentaux s'étant diffusés partout, l'anthropologie n'a plus désormais de peuplades à découvrir.
    Désorientée après un essor fulgurant lié à l'ère post-coloniale, elle doit aujourd'hui faire face à l'absence de modèles explicatifs et se voit réduite trop souvent à une simple ethnographie de terrain, purement descriptive. Devant cette situation, les uns ont cherché le salut dans une analyse des sociétés contemporaines ; les autres, dans une formalisation capable de conférer enfin à l'anthropologie la dimension de science rigoureuse.
    Pour répondre à cet état de crise, Francis Affergan, professeur d'ethnologie à l'université de Nice, a voulu interroger les fondements mêmes de la discipline anthropologique et repenser son discours. S'inspirant des courants phénoménologiques, du second Wittgenstein et des théories du récit, et prenant appui sur son propre terrain, il recourt à la notion de fiction ou, selon l'expression de Husserl, d'" esquisse ", entendue au sens de fabrique expérimentale et d'horizon de sens.
    Les sociétés et les cultures se forgent elles-mêmes dans une temporalité qui leur est propre et l'anthropologue peut en rendre raison à condition qu'il ne se laisse pas aveugler par des concepts prédéfinis (le clan, la tribu, la parenté, etc.), mais qu'il accepte de lire les sociétés comme traversées par des événements. Ainsi, l'ethno-antropologie, refusant de s'enfermer dans un empirisme aveugle, peut se donner les moyens de comprendre le sens, la pluralité et la diversité des mondes humains.

    Sur commande
  • Cet ouvrage s'interroge sur la culture antillaise dans laquelle hommes et femmes usent beaucoup de masques, au sens large, tantôt pour montrer une certaine identité, tantôt pour en dissimuler une autre. Mais comment ces identités se sont-elles constituées ? Comment jouent-elles les unes avec les autres ? La mémoire de l'esclavage marque-t-elle encore ces identités ? Le lien social est-il encore dicible ? A partir de nombreuses enquêtes, l'auteur montre une nouvelle approche de l'identité martiniquaise.


    Table des matières Préface I -- Les identités transitives : Altérité, acculturation et déplacement identitaire -- Un oubli de l'histoire, l'Indien martiniquais -- Identité exilaire et identité empruntée -- Les trois fonctions -- Vers une anthropologie de l'espace indo-créole -- Nationalisme et identités -- Le motif dans le tapis et les ressemblances de famille II -- Quelques formes de vie : Le modèle du bestiaire -- Trois catégories désignatives -- Corps portés, corps porteurs -- Magie et désertion du sacré -- Les mécanismes de la magie vindicatoire -- Messianisme, millénarisme et illuminisme III -- Pour une pragmatique de la culture créole : Jeux de langage -- L'humour, l'évitement et l'inclusion -- Le juron, l'injure et l'insulte IV -- Normes, règles et jeux métaphoriques Index -- Bibliographie

    Sur commande
  • Il s'agit d'une recherche collective rédigée par des anthropologues et des épistémologues, portant sur l'état actuel de la discipline ethnologique.

    " A partir d'études de terrain et d'une relecture de grands textes fondateurs ("Naven" de Bateson, "Les Hautes terres de Birmanie" de Leach, "Les Argonautes" de Malinowski ... ) les auteurs s'efforcent de repenser la théorie ethnologique à la lumière de nouveaux questionnements.

    A quelles conditions peut-on construire une lecture critique de l'histoire des fondements de cette discipline ? Comment reformuler le problème de l'objet anthropologique ? Comment dépasser éventuellement en les englobant, les modèles positivistes et relativistes, tout en maintenant les exigences d'une théorisation de la discipline ?

    Sont proposées de nouvelles pistes sous forme d'hypothèses : la schématisation, la fiction, la métaphore, le voir, le style, l'altérité, le métissage conceptuel.

    Cet ouvrage collectif est destiné tout autant aux étudiants de second et troisième cycle qu'aux enseignants chercheurs intéressés par le destin de leur discipline." Texte de couverture Table des matières Préface, Francis Affergan Interprétation et construction, Silvana Borutti La construction discursive du genre en anthropologie : le Naven de Gregory Bateson, Claude Calame Réalités, fictions et problèmes de comparaison. A propos de deux classiques de l'ethnographie, Ugo Fabietti Fiction et vérité dans l'écriture anthropologique, Mondher Kilani Le savoir anthropologique comme alimentation, Francesco Remotti Bibliographie Index Notice sur les auteurs

  • Les poèmes de ce recueil, non titrés, brefs pour la plupart, sont parfois regroupés sur une même page, parfois seuls sur la page. Dans ces diverses configurations, le blanc, toujours, donne le rythme et participe du souffle qui parcourt le recueil.
    Le poète ne cherche pas ici la représentation symbolique, mais plutôt les images « à cru » de mondes - terrestre, céleste et marin - où l'homme se tient dans une souffrance muette.
    Ainsi se construit une anthropologie poétique primitive et radicale d'où naît le sens par intermittence. Tel est le statut du poème : il n'y aurait finalement rien à montrer sinon le geste même de l'inaccomplissement. Demeurent la jubilation de la langue et l'exultation devant l'entrelacement des choses vues.

    Sur commande
  • Les turbulences que l'anthropologie traverse depuis une trentaine d'années atteignent aujourd'hui un degré tel que, si l'on ne commence pas par dresser un diagnostic implacable de son état actuel, nous ne pourrons parvenir à trouver les solutions pour rétablir la situation. Les causes d'une telle crise sont triples : L'organisation institutionnelle dont l'anthropologie relève et les autorités de tutelle dont elle dépend n'ont toujours pas pris conscience de l'importance majeure de cette discipline qui est seule, aujourd'hui, à poser scientifiquement la question des identités, des différences et de l'altérité. Le monde actuel appelé tantôt mondialisation, tantôt postmodernisme, cherchant à unifier les différences fût-ce superficiellement , tend à faire croire qu'on pourrait se passer d'une discipline qui, par la méthode comparative, les fait valoir aux fins de compréhension entre les cultures. Et que dire enfin de l'absence de renouvellement des outils opératoires et essentiels pour mesurer ce nouvel état du monde, les instruments d'analyse n'ayant pas évolué depuis une quarantaine d'années. Ce livre s'emploie à dresser un constat sans complaisance de la situation et tente de proposer des pistes nouvelles.

    Sur commande
  • Exotisme et Altérité

    Francis Affergan

    • Puf
    • 1 Avril 1987
    Sur commande
empty