Langue française

  • Dans le sud de l'Irak, pour restaurer l'unité du Califat, un prince-régent arbore le drapeau noir de sa dynastie, lève une armée nombreuse et donne l'assaut à ses adversaires chiites. La guerre, longue, brutale, chemine avec son cortège d'horreurs : têtes coupées, chefs crucifiés, femmes violées et gardées captives.
    Ces quelques lignes pourraient sembler d'une actualité récente. L'histoire que raconte « Rose noire sans parfum », pourtant, ne se situe pas dans le Moyen- Orient en lambeaux de ce xxie siècle naissant, mais longtemps, bien longtemps avant, au ixe siècle de notre ère. Durant près de quinze ans, de 869 à 883, l'empire abbasside est secoué par la révolte des Zandjs, ces esclaves originaires de l'Est de l'Afrique que l'on emploie, depuis plus d'un siècle déjà, pour rendre cultivables les marais du Bas-Euphrate. A leur tête, Ali ibn Muhammed, un personnage mystérieux, mi-prédicateur mi-chef de guerre, faux prophète dont on sait peu de choses. Face à lui, le régent Al-Muwaffaq et son fils dirigent l'armée califale.

    Sur commande
  • Relire des écrits, qui courent sur quarante ans, revient à regarder le monde dans un miroir sans comprendre pourquoi son image est restée étrangement immobile : le passé semble nous contempler avec dérision et le futur avec ironie.
    Mais cela ne saurait nous figer dans l'immobilité du présent. Les textes qui jalonnent un temps vécu témoignent d'une respiration possible. De Julian Grimau et Puig Antich à Jean Sénac, Tahar Djaout et quelques autres ; du Chili à la Palestine, l'Iraq et au Maghreb, ces écrits se sont portés partout où se donnait la mort. Sans se réfugier dans l'utopie, il est loisible de lever les poings vers l'infini pour signifier la conjuration des malvivants, refuser toute servitude promise.
    À dessein, et depuis toujours, à l'écart des pouvoirs, n'ayant adhéré à aucune idéologie, l'auteur a émis publiquement ses opinions qui ne lui furent jamais dictées que par l'exigence de se mettre en accord avec lui-même.

  • Les Mille et Une Nuits ou le paradoxe : elles sont, au moins par leur nom et quelques contes, sur toutes les lèvres et dans toutes les mémoires, alors même que le mystère continue, par pans entiers, de les envelopper.
    Si l'on ne peut, en un seul livre, prétendre épuiser la nuit, ni les Nuits, ces trois éclairages convergents en illuminent l'insondable richesse.
    André Miquel s'attache à l'énigme, moins de l'apparition du recueil que de son effacement dans le corpus général des lettres arabes classiques. Autres problèmes : le lien entre le conte et la société, et le rôle joué par les lieux du récit, par le cadre, dans l'histoire racontée.

    Claude Bremond s'attaque, lui, aux thèmes ou, plus justement, à certains, primordiaux. Comment les Nuits ont-elles recueilli, créé ou travaillé leur matériau. En quoi ce traitement permet-il de définir leurs contes comme arabes et musulmans ? Et dans la littérature universelle, entre l'Inde et l'épopée germanique, comment se situent les Nuits et les thèmes qu'elles véhiculent ?
    Jamel Eddine Bencheikh, enfin, voit le recueil sous l'angle de la créativité et de l'imaginaire.
    Le conte, cette impeccable machine à susciter le rêve, occupe une place singulière, parfois contestée et toujours forte, dans les lettres arabes. Par quels mécanismes, et sous quelles couleurs, répond-il à l'éternelle question de l'amour et de la mort ? Et quelle place affecte-t-il, dans cette réponse, à la parole ?.

    Sur commande
  • Couvrir dix sept siècles de littérature arabe suppose des choix et des équilibres à respecter. Quelques articles de synthèse éclairent les origines, soulignent les évolutions et précisent les contextes. Un équilibre a été établi entre érudition et réflexion littéraire sans négliger la création contemporaine, jeunes auteurs et revues littéraires. Les monuments de la tradition savante ainsi que la littérature orale de langue berbère trouvent leur place dans ce dictionnaire. Les collaborateurs sont des universitaires français mais aussi arabes (Egypte, Maroc, Syrie, Liban, Tunisie). Ce dictionnaire est extrait du Dictionnaire universel de littérature publié sous la direction de Béatrice Didier.

    Sur commande
  • Quand ce fut la cent quarante-sixième nuit, Shéhérazade dit : Or donc sire, roi bienheureux, il y avait jadis un paon qui vivait au bord de la mer avec sa compagne...
    Puis certaine nuit une puce se glissa dans le lit d'une souris... La nuit d'après, un passereau rendait visite au roi des oiseaux... Et la nuit suivante, un hérisson creusait un trou au pied du palmier où nichait un ramier...
    Que ces histoires sont jolies, Shéhérazade, et qu'elles me plaisent ! En as-tu d'autres de ce genre ?
    Belette, tortue ou chameau, tous les animaux ont leur mot à dire dans Les Mille et Une Nuits, car nul n'est à l'abri des maléfices de l'homme. Écoutez Shéhérazade : elle a plus d'un conte dans son sac, et les nuits portent conseil...

empty