• Le devoir de mémoire aurait-il fait son temps ? L'injonction, prégnante dans le débat public depuis les années 1990, connaît un reflux relatif. Mais la formule, loin d'avoir disparu, est toujours prête à s'inviter dans l'espace public dès que surgit une nouvelle polémique sur le passé.
    Faut-il en finir avec le devoir de mémoire ? Est-il d'une invention aussi récente qu'on le croit ? Tantôt justifiée sous les auspices d'une justice réparatrice à l'adresse des victimes, tantôt contestée sous les travers des passions victimaires, la mémoire, dans sa forme injonctive, apparaît fortement polémique.
    Johann Michel cherche à en dégager les limites et les justifications. Le principe du devoir de mémoire, dans son usage politique, ne peut avoir une pleine légitimité que s'il est adossé à la fois à un travail de mémoire et à un devoir d'histoire.

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  • Première partie : L'héritage philosophique des sciences sociales 1 : La filiation positiviste et l'Ecole française de sociologie (Comte, Durkheim, Mauss, Lévi-Strauss) : expliquer les faits sociaux comme des choses 2 : La tradition herméneutique (Dilthey, Weber, Ricoeur) : comprendre le sens du social comme un texte 3 : La source phénoménologique (Husserl, Schütz, Goffman, Berger) et la source pragmatisme (Wittgenstein, Dewey, Austin, Sacks) 4 : La tradition marxiste (Adorno, Habermas, Bourdieu) : critiquer les inégalités sociales et transformer la société Seconde partie : Les rivalités entre sciences sociales et philosophie 1 : Les controverses sur les objets (Durkheim, Bourdieu, Popper) 2 : Les controverses sur les méthodes (Durkheim, Gadamer, Habermas) : La voie des idées et l'enquête de terrain 3 : Les controverses sur les fins (Weber, Strauss, Bourdieu) : Jugement de fait et jugement de valeur Troisième partie : Les nouvelles rencontres de la philosophie et des sciences sociales 1 : Epistémologie et réflexivité (Foucault, Karsenti, Boltanski) : D'une philosophie à l'autre 2 : Diagnostic, clinique et critique sociale (Honneth, Fischbach, Gulligan) : Philosophie sociale et sociologie critique

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  • Au croisement de la sociologie de l'action publique et de la sociologie pragmatiste, cet ouvrage explore les transformations depuis l'après-guerre des régimes mémoriels de l'esclavage en France. En s'appuyant sur une grande variété de matériaux empiriques (archives, entretiens, ethnographie), l'auteur distingue trois catégories de régimes mémoriels de l'esclavage, les conditions historiques de leur production et de leur autonomisation, les raisons de leur antagonisme, les possibilités de leur cohabitation.

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

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  • Paul Ricoeur laisse comme testament une oeuvre immense.
    Elle est justement saluée aujourd'hui pour s'être confrontée aux principaux enjeux intellectuels du XXe siècle, sans jamais cesser de dialoguer pour autant avec le " grand livre de la philosophie ". A travers la diversité des thématiques abordées par le philosophe, cet ouvrage nous éclaire sur ce qui fait la trame et le moteur de cette pensée en mouvement : une réflexion sur l'homme en tant qu'être agissant.
    L'auteur propose de reconfigurer le parcours de cette philosophie de l'agir humain en suivant trois perspectives à la fois distinctes et complémentaires.
    Selon une première perspective, il s'agit de retracer la genèse d'une anthropologie philosophique - au confluent de la pensée réflexive, de la phénoménologie et de l'existentialisme - qui porte sur les fondamentaux de l'agir humain. Selon une deuxième perspective, l'auteur cherche à resituer l'épistémologie de Paul Ricoeur, ressourcée dans la tradition herméneutique, au contact des sciences de l'homme.
    Selon une troisième perspective, il s'agit de reconstituer les jalons d'une philosophie normative qui ouvre la morale, le politique, la justice et le droit à l'horizon de l'universalité, sans dénier l'incarnation de l'agir humain dans un " monde de la vie " déjà structuré par des valeurs. A l'opposé d'une rhétorique hagiographique ou d'une critique systématique, la " juste distance " prise par l'auteur permet de restituer l'unité profonde de l'oeuvre ricoeurienne et d'en dévoiler en même temps les tensions et les paradoxes.
    Cet ouvrage accorde une large place à la réception philosophique du travail de Paul Ricoeur sur l'agir humain en le présentant comme une " oeuvre ouverte ", élevée au " conflit des interprétations ". C'est dire qu'après la mort du penseur, sa pensée ne fait que commencer, que renaître dans l'esprit de chaque nouveau lecteur.

  • Les sociétés occidentales connaissent un accroissement inédit des revendications en faveur des réparations. Les catastrophes historiques qui ont bouleversé le siècle dernier en sont l'origine immédiate et le paradigme fondateur. Le pari de cet ouvrage est de prendre à sa juste mesure l'historicité contemporaine de la réparation tout en la saisissant dans sa profondeur anthropologique. La réparation est un phénomène global qui ne se présente pas de manière unifiée : réparer un objet, réparer une lésion, réparer une offense, réparer un crime... Que révèle la réparation de l'être humain ? Sa vulnérabilité (naturelle), sa faillibilité (morale), son incomplétude (sociale), mais aussi l'ensemble des capacités qu'il met en oeuvre pour en conjurer les effets, jusqu'à une certaine limite. L'irréparable du temps et l'irréparable de la dette hantent toute politique de réparation. Autant de défis qui se posent à une philosophie de la réparation construite dans un dialogue renouvelé avec les sciences sociales.

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  • Si l'on connaît aujourd'hui le dialogue fructueux que Paul Ricoeur a noué avec les penseurs structuralistes, on ignore largement son positionnement face à la mouvance poststructuraliste. Faut-il opposer la philosophie de Ricoeur au poststructuralisme à la française ou au contraire doit-on montrer qu'elle en est une variante singulière ?
    C'est la seconde option qui est ici défendue. Certes, le poststructuralisme ne doit pas être considéré comme une école de pensée mais comme une reconstruction qui relève de l'histoire de la philo-sophie. Dans la mesure où les horizons de dépassement du structuralisme ont été posés de manière chaque fois particulière, il est préférable de parler de poststructuralismes au pluriel. C'est la raison pour laquelle J. Michel propose des confrontations dyadiques entre Ricoeur et certains de ses contemporains (Deleuze, Derrida, Foucault, Bourdieu.) que l'on regroupe habituellement dans cette mouvance.

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  • L'ouvrage de Johann Michel se veut une synthèse inédite portant sur les politiques de la mémoire dans la France contemporaine. Ce travail offre des clés indispensables pour comprendre les controverses mémorielles qui agitent notre scène sociale et politique. À la croisée de l'histoire et de la science politique, la thèse de l'ouvrage consiste à montrer comment nous sommes passés d'un régime mémoriel dans lequel prédomine l'imaginaire de l'unité nationale à une pluralité de régimes mémoriels (régime mémoriel de la Shoah, de l'esclavage...) dans lesquels prime la reconnaissance de victimes jadis délaissées par le récit national officiel. Les laissé(e)s-pour-compte de l'histoire et de la mémoire d'hier revendiquent aujourd'hui une nouvelle place symbolique dans le nouveau récit collectif.

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  • Sociologie du soi

    Johann Michel

    Découvrez Sociologie du soi, le livre de Michel

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  • Les rapports entre mémoire(s) et histoire(s), surtout depuis les travaux fondateurs de Pierre Nora sur les lieux de mémoire, ont été envisagé principalement du point de vue d'une approche historienne.
    Tout en réservant une place décisive à cette approche, cet ouvrage collectif propose, dans un cadre pluridisciplinaire, des éclairages différents sur l'entrecroisement de ces notions. Déclinées délibérément au pluriel, les notions de mémoires et d'histoires peuvent faire l'objet d'un traitement littéraire, philosophique, cognitiviste, sociologique, politique, anthropologique et historien. Le pari consiste ici, à travers la pluralité des disciplines, des méthodes et des objets, à dégager une unité thématique, en dressant autant de passerelles que nécessaire.
    Les contributeurs se concentrent d'abord sur l'identité personnelle, envisagée surtout sur le mode narratif. Le problème est en effet de savoir si les histoires, conjuguées ici sous la forme de récits de fictions ou de narrations ordinaires, sont un moyen privilégié pour agencer la mémoire et fonder ainsi les identité personnelles : comment passe-t-on de la mémoire vive à l'histoire racontée ? Il s'agit, dans un second temps, de repenser l'articulation entre mémoire individuelle et mémoire collective du point de vue de la transmission des événements historiques : par quelles médiations spécifiques passe-t-on du processus historique aux mémoires individuelle et collective ? Dans un troisième temps, les auteurs s'interrogent sur la ligne de démarcation entre " histoire savante " et mémoire collective sous quelles conditions méthodologiques passe-t-on de la " mémoire immédiate " à la " connaissance médiate " inhérente à la recherche historique ? L'ouvrage débouche sur des perspectives éthiques et politiques s'agissant des conditions d'une " juste politique de la mémoire " confrontée aux traumas de l'histoire collective.
    Cet ouvrage collectif est tiré des actes du colloque " mémoires et histoires " qui s'est tenu, dans le cadre de l'Education Nationale, au lycée Raymond Queneau d'Yvetot (Seine Maritime) en mars 2004.

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  • Homo interpretans

    Johann Michel

    • Hermann
    • 14 Novembre 2017

    Le propre de l'Homme est d'avoir la capacité de donner du sens au monde dans lequel il évolue et de lui attribuer des symboles. Cependant, dans son existence quotidienne, l'être humain n'interprète pas constamment : il ne le fait que lorsque la situation lui semble confuse, lorsqu'il est confronté à un sens trouble ou problématique. Mais qu'est-ce que l'interprétation révèle de l'être humain?? À partir de cette question, Johann Michel renouvelle de manière inédite le champ de l'herméneutique, en frayant la voie à une anthropologie interprétative. Avant d'être un ensemble de technologies savantes appliquées à des champs spécifiques (textes, symboles, actions...), l'herméneutique prend sa source dans des techniques ordinaires d'interprétations (explicitation, clarification, dévoilement...). Pour surmonter la «?relativité des interprétations?», l'ouvrage prend en même temps le parti pris de montrer les apports d'une herméneutique critique, notamment aux sciences médicales, à la psychanalyse, aux sciences de la nature et aux sciences sociales. La perspective ainsi ouverte par Johann Michel lève l'interdit anthropologique qui pèse sur l'herméneutique depuis Heidegger et permet de refonder la théorie de la connaissance.

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  • Quand le social vient au sens ouvre un dialogue novateur entre philosophie et sciences sociales et historiques, à la croisée de la tradition socio-phénoménologique héritée de l'oeuvre pionnière de Schütz et de la tradition herméneutique de Dilthey à Ricoeur. Un même fil conducteur parcourt la trame du livre : seule la « voie longue » de l'herméneutique, en reconnaissant la doublure de l'acte d'interpréter (à la fois comme pratique ordinaire au plan anthropologique et comme activité scientifique au plan épistémologique), peut se coordonner avec les réquisits d'une sociologie phénoménologique du monde-de-la-vie. L'ouvrage offre, sous ce cadre, toute une palette de réflexions qui concernent aussi bien l'épistémologie de l'histoire que la sociologie des institutions et l'anthropologie sociale du soi. Dans ce mouvement de va-et-vient entre réflexivité sur les sciences humaines et réflexivité des agents ordinaires sur leurs actions, l'auteur confronte en même temps l'herméneutique avec d'autres auteurs (Weber, Goffman, Foucault, Boltanski, Strawson, etc.) et autant de traditions correspondantes (positivisme, sociologies pragmatistes et pragmatiques, philosophie analytique).

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  • De Hitler à Sigmaringen, l'histoire comparée, parallèle et croisée de la France et de l'Allemagne permet de comprendre un moment crucial d'une Europe secouée par la grande dépression économique, déchirée par l'émergence des totalitarismes et par la Seconde Guerre mondiale. Dans ces années matricielles du xxe siècle, le flux inexorable d'événements monstres n'a exonéré ni les personnes ni les institutions les mieux établies d'un choix civilisationnel. Des deux côtés du Rhin, l'engagement s'affirme alors comme une issue vers l'avenir. L'édification d'un « Reich de mille ans » génocidaire qui aspire la vie de millions de soldats et de travailleurs entend unifier par la force le continent contre le bolchevisme, tandis que les résistances clandestines, soumises à la répression, réinventent l'idée d'Europe chère aux années 1930.

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  • Le pari de cet ouvrage est d'explorer les facettes multiples à travers lesquelles se donne le soi. Parler de soi plutôt que de moi implique une rupture franche avec les philosophies qui placent le sujet humain en position fondatrice. Le soi est moins une « chose » qu'un mode d'être ; le soi n'est pas une donnée mais une conquête dont le devenir est en partie indéterminé. C'est donc sous le signe des épreuves (authenticité, multiplicité...) qu'il faut penser les variations phénoménologiques et herméneutiques sur le soi.

    Avec le soutien de l'EHESS-IUF, et de Poétique du Moi : Association interdisciplinaire d'études biographiques et narratives/Poética do EU (Portugal).

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  • Le chant du cygne, que Pestalozzi (1746-1827) publie en 1826, peu avant sa mort, peut être considéré comme son testament pédagogique.
    On y retrouve, reprises dans leurs grandes articulations, les recherches qu'il a développées à travers la pratique de la Méthode à Stans, à Berthoud et à Yverdon, ainsi qu'un écho des débats qui ont agité son élaboration. Pestalozzi inclut également dans son texte un retour autobiographique où il dévoile la genèse de l'Idée de la formation élémentaire à travers une existence laborieuse. C'est ainsi que Le chant du cygne articule dans un même mouvement une anthropologie pédagogique autour des trois pôles tête, coeur, main ; une philosophie de la relation pédagogique construite autour des deux concepts d'amour et de foi ; et l'évocation d'un rapport toujours difficile de l'art pédagogique à la nature humaine.
    Ces éléments permettent de constituer, autour de Pestalozzi et de son analyse de l'Idée de la formation élémentaire, une théorie de l'action pédagogique. Introduit et traduit de l'allemand par Michel Soétard, le texte est restitué dans son flot torrentiel, caractéristique du style et de la personne de son auteur.

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  • Les quatorze Lettres qui constituent l'ouvrage paru en 1801 sous le titre Comment Gertrude instruit ses enfants, permettent d'assister à la genèse de la «Méthode» au coeur même de l'expérience développée à Stans et qui se poursuit à Berthoud, en attendant de s'épanouir à Yverdon. On y suit les tâtonnements, les hésitations, les virevoltes du praticien, mais aussi comment son action se donne obstinément forme, s'arme de principes et poursuit une fin d'ennoblissement de l'homme dont il ne veut dévier à aucun moment. C'est un beau témoignage de pratique pédagogique générant, en son sein même, une théorie, dont, dans l'intention de son promoteur, chaque mère devrait s'inspirer, et tout autant chaque instituteur.

    Michel Soëtard introduit la traduction. Elle est accompagnée de deux études de Danièle Tosato-Rigo et de Loïc Chalmel qui situent le texte de 1801 dans son environnement culturel.

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  • La Révolution française a provoqué de vives discussions à travers l'Europe. L'une des voix les plus éminentes fut celle de celui qui reçut, en août 1792, le titre de citoyen d'honneur de la nouvelle République, le Suisse Johann Heinrich Pestalozzi. Sollicité par cet honneur, il exprime sa position originale dans un texte, resté inédit, où il s'efforce de répondre Oui ou Non au phénomène historique. Cet écrit, suivi d'un texte fragmentaire et de deux lettres importantes à Nicolovius et à Jacobi, rédigés à la même époque, sont pour la première fois accessibles en traduction française.

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  • Ce troisième volume des Ecrits sur la Méthode de Pestalozzi vient couronner les deux tomes parus Tête, coeur, main autour de l'anthropologie pédagogique du maître d'Yverdon, puis Industrie, pauvreté et éducation autour de son projet d'une école des pauvres liée au nouveau contexte industriel. Il réunit des textes qui veulent rendre compte de l'Esprit de la Méthode.

    Pestalozzi va prendre ses distances avec le terme même de la Méthode. En effet, si celle-ci doit se transformer en une «pédagogie clef en mains» que l'enseignant n'aurait qu'à appliquer, le pédagogue d'Yverdon aurait manqué son but. Il ne veut que proposer des outils au maître en l'invitant à les reprendre et à la enrichir, voire à en trouver de meilleurs en fonction des situations qu'il rencontre, dès lors qu'il le fait «en vérité et en amour». Pestalozzi préférera présenter non pas «la Méthode», mais l'Idée de la formation élémentaire: une forme sans véritable contenu fixe, qui éclaire, mais laisse chaque pédagogue à l'initiative de son action. En liberté, pour la liberté.

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