Bleu Autour

  • Après Je ne parle pas la langue de mon père et L'arabe comme un chant secret qui donnent la clé de son oeuvre, le troisième volet, le plus tendre et le plus violent, de la trilogie autobiographique de Leïla Sebbar. Pour la première fois, elle ose, outre-mort, une adresse directe à son père Mohammed dont le silence l'a tenue à distance de son roman familial qu'elle écrit dans la langue de sa mère, le français.
    Sans fin elle l'interroge, et il ne parle guère. Elle rit, elle pleure, elle tempête. Et elle cherche. Dans ses souvenirs d'enfance algérienne, dans les photographies qu'il a prises, dans les lettres qu'il a écrites à sa femme depuis la prison pendant la guerre... L'alchimie de la littérature opère : nous sommes tous, peu ou prou, des exilés des romans familiaux de nos parents.

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  • La chambre close qui enferme dans le harem et le studio photographique, la zaouïa et l'asile, l'hôtel et le bordel, le foyer des chibanis, la laverie et la prison... La chambre d'amour fou, interdit, clandestin, tarifé, criminel... Le lieu de l'aventure immobile et vagabonde, intime, secrète, érotique, meurtrière... On est au XIXe, au XXe et au XXIe siècles, entre Orient et Occident, entre Alger et Lyon, Constantine et Marseille, Oran et Paris, Ténès, Lille, Clermont-Ferrand et Rochefort. Des histoires minuscules dans la violence de l'Histoire, toujours présente chez Leïla Sebbar. Faisant écho à la fameuse Histoire de chambres de la préfacière, l'historienne Michelle Perrot, elles disent autrement la vie, l'amour, la mort dans la chambre, et témoignent d'un grand talent de nouvelliste.

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  • Comment vivre séparée de la langue de son père ? Cette question, lancinante pour Leïla Sebbar, est au coeur cet essai littéraire qui, paru il y a dix ans, reçut les éloges de la critique, connut un grand succès et fut vite épuisé. Sa réédition s'imposait.

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  • PARIS, 13e, 19 JUIN 2010. Brocante boulevard Blanqui.
    Le couple a abandonné sa place aux brocanteurs. 11 HEURES. Elle me demande une cigarette près de la BNP Paribas. Je ne fume pas. Elle se dirige vers le passant suivant. 17 HEURES. Ils dorment tête-bêche contre la bâche de la brocante. Elle, la jambe gauche repliée couverte d'un bas résille, l'autre non. Lui, couché sur le côté droit, la main gauche glissée dans son jean à elle, au creux des fesses.
    21 JUIN 2011, 11 HEURES. C'est l'été. L'un est assis en tailleur. L'autre, allongée en odalisque, sa position favorite. Il roule une cigarette, longuement. Elle s'impatiente. Il l'allume, la lui donne.
    10 SEPTEMBRE 2011. Seul sous le viaduc, agenouillé devant une canette STRONG, comme en prière, il ne bouge pas. Où est-elle ?

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  • Comment vivre séparée de la langue de son père, l'arabe ? Leïla Sebbar témoigne de son obstination d'écrivain face à cette question pour elle lancinante, depuis l'Algérie coloniale, où elle est née d'un père algérien et d'une mère française, jusqu'à Paris, où elle écrit son père dans la langue de sa mère.

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  • Inédite est la rencontre, autour de la guerre d'Algérie, d'un aussi grand nombre d'auteurs issus des différentes populations de l'Algérie française et coloniale.
    Écrivains et autres gens du livre de langue française, ils sont plus de quarante, nés en Algérie dans les années 1940-1950, à raconter ici leur enfance pendant « les événements », cette guerre cruelle qui longtemps n'a pas dit son nom et mit fin à cent trente années de vie commune, cent trente années uniques dans l'Empire français.
    Outre qu'ils témoignent d'une géographie physique et humaine très diverse, ces récits forment un document historique et littéraire précieux sur ce passé singulier. Et ils permettent de mieux déchiffrer, dans toute sa complexité, le monde bouleversé d'aujourd'hui.

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  • Voyage en Algéries autour de ma chambre Après Mes Algéries en France et Journal de mes Algéries en France, le dernier volet d'une trilogie d'ouvrages richement illustrés.
    Un abécédaire intime et politique : ABEILLE AFLOU AMBOISE BORDEL COLON CONQUÊTE HEIDI INSTITUTEUR LIBRAIRIE MARABOUT PEUGEOT PORT-SAY SHÉRAZADE SINGER TATI TÉNÈS. Une perception singulière de la colonisation et du couple Algérie-France. Un abécédaire autobiographique et collectif, avec les textes manuscrits des compagnes et compagnons de Leïla Sebbar sur ses routes algériennes (Jeanne Benameur, Nancy Huston, Didier Daeninckx, Anne-Marie Métailié, Benjamin Stora.). Un abécédaire érudit, léger, ironique et grave, pointilliste, excentrique. La fabrique, par le texte et l'image, d'une tribu mythologique d'Orient en Occident.

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  • Les femmes au bain, ce qu'elles racontent ? Elles disent le désir, l'amour, le plaisir comme une offrande.
    On entend les mots et les chants des femmes entre elles. Savantes et illettrées, magiciennes et saltimbanques, saisonnières des vignes, conteuses. La Bien-aimée écoute les rumeurs qui exaltent l'Étranger de sang, l'amant magnifique et ses femmes. Il est en prison. Les frères de la Bien-aimée l'accusent de viol. Les femmes au bain résistent. À l'arbitraire de la tribu, à son honneur corrompu, à ses noces de sang. Elles croisent les légendes anciennes et les histoires contemporaines, réelles et imaginaires,
    pour un hymne libre et joyeux aux amours illicites, saphiques, rebelles.

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  • Vingt-huit Français d'Algérie en exil, juifs et européens, nés en Algérie de parents nés en Algérie, tous Gens du livre (écrivains, essayistes, conteurs.), donnent un récit et des photographies de leur enfance dans l'Algérie française et coloniale, des années vingt à 1962. On voit, on découvre une Algérie plurielle où l'on vivait « ensemble mais séparés ». On entend les voix et les accents de la Méditerranée : France et Corse, Espagne et Baléares, Italie et Malte. Bonheurs, malheur, mais ni nostalgie lacrimale ni dolorisme, ni folklore réducteur ni ressentiment : un voyage polyphonique, jalonné de dessins inédits ; une mosaïque d'histoires intimes qui composent une Histoire commune entre l'Algérie et la France ; un travail de mémoire, nécessaire, possible aujourd'hui.

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  • Réédition, revue par l'auteur, de sa fameuse trilogie romanesque : Les carnets de Shérazade (1985) ; Le Fou de Shérazade (1991) et Shérazade, 17 ans, brune, frisée, les yeux verts (1995).

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  • Après son Carnet de voyages, voici ce Journal, une autobiographie collective de la romancière Leïla Sebbar. Le même désir de mêler l'Algérie à la France. La même tentative obstinée, par les mots, la voix, l'image, d'abolir ce qui sépare. Mais autrement. Au fil des jours, au hasard des rencontres. En liberté et en écho à son carnet de voyages en France, avant, peut-être, de retourner dans l'Algérie d'enfance. Donc un journal intime, plus intime. Une exploration subjective de la diaspora algérienne de cultures musulmane, juive, chrétienne, laïque.
    Visages, paysages, objets fétiches, archives historiques, dessins, photos, affiches mais aussi romans familiaux et portraits : des fragments qui se répondent dans le désordre de l'espace et du temps, une profusion de signes et de traces sous le regard oblique de Leïla Sebbar. Elle tisse une géographie croisée et insolite autour des lieux de l'enfance connus, inconnus, parfois imaginaires, que l'exil a déplacés.
    Ce travail en forme de passion lui permet d'approcher la réalité de ses fictions. Il permet aussi aux nouvelles générations de tenir l'équilibre.

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  • La Corse et les insurgés kabyles de 1870.
    Marseille où Isabelle Eberhardt travaille sur les docks comme écrivain public. Tunis, avec la servante noire Khadija. Noyant d'Allier et l'Indochine. Les bords du Rhône à Lyon. Paris, la prison de la Santé, la banlieue... Le Sahel, les Hauts Plateaux, Hennaya, avec Safia la Rouge. Et Alger, avec Zizou, fan de Zidane. Du pays natal au pays étranger, d'hier à aujourd'hui, la guerre, les guerres, la mémoire du pays perdu, l'intimité cruelle, ironique et tendre de l'exil : l'univers de Leïla Sebbar, son art de la nouvelle.

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  • Ce roman met en scène la parole d'un justicier solitaire, d'un horsla- loi idéaliste. Il parle de son père, seigneur des Plateaux, héros généreux et cruel, chef de la révolte réprimée dans le sang dont la dépouille est exposée sur la place publique. Il parle de sa mère, jeune, éprise, lettrée, de ses récits sur Abraham sacrifiant ses fils, de ses servantes et sa gazelle dans la grande maison, de sa folie. Il parle des femmes, ses amours. De son ami le poète, assassiné. Cet homme du silence s'impose une mission sacrificielle : il exécute à l'arme blanche (le rasoir paternel à manche en corne) les responsables du chaos et de la misère du peuple, hauts dignitaires d'une oligarchie corrompue et débauchée qui gouverne pour elle-même et ses fils. Des crimes justes, il le croit, absolument. C'est sa folie.

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  • Lam, sous-officier. L'Indochine, l'Algérie, la femme des Aurès, ses yeux noirs.
    Puis la France. Il cherche sa mère, ses soeurs, de Sainte-Livrade à Noyant d'Allier, cité asiatique dans les anciens corons de la mine, où rôde une étrangère.

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  • Un carnet de voyages autobiographique de Leila Sebbar, l'inscription de ses Algéries en France.
    Récits, fictions, entretiens, portraits et reportages, photos, dessins, papiers froissés d'oranges, aquarelles, BD et cartes postales tissent une mythologie affective, une géographie intime et politique de ses lieux de mémoire et de rencontres.
    Elle croise ses « soeurs étrangères », Nora le conteuse, Fatima et sa Singer, Djamala la maquisarde....
    Les filles des cités et shérazade. Les femmes de la Goutte d'Or. Les « Fous » d'Algérie, Germaine Tillion, Marthe Stora, Aimée Chouraqui, Pierre Vidal-Naquet... Et Zidane. C'est gai, c'est grave. Maurice Audin, assassiné. Harkis, abandonnés. Zouaves, spahis et tirailleurs d'Afrique, morts pour la France. Chibanis, dans ls cafés, tranquilles. Les figures tutélaires d'Abd el-Kader, Isabel Eberhardt, Pierre Loti.... Mouloud Feraoun, Mohamed Dib, Jean Pélégri, Kateb Yacine et leurs livres. Ses amis artistes et écrivains contemporains. Le jardin de sa mère, la Française, les ruches de son père, l'Algérien.

  • Louisa

    Leïla Sebbar

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  • Dans la maison tunisienne.
    L'une, Isabelle, jeune aristocrate russe. L'autre, Khadija, vieille servante affranchie. Isabelle raconte ses nuits dans le quartier des bordels, Khadija son enfance de petite fille pauvre raflée pour les maisons closes de Tunis.
    Avant le désert, Isabelle écoute le rêve prémonitoire de Khadija.

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  • Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt Nouv.

    Un recueil de récits et nouvelles pour partie inédits où Leïla Sebbar nomadise avec Isabelle, son héroïne, sa muse, Isabelle Eberhardt, la jeune Russe devenue Isabelle l'Algérien qui, elle, connaît l'arabe, se convertit à l'Islam, se marie avec le spahi Slimène, chevauche dans le désert, fréquente les lieux des hommes - la mosquée, le café maure, parfois le bordel - et disparaît à vingt-sept ans dans la crue d'un oued...
    Isabelle relie les deux rives de la Méditerranée, les deux versants de l'identité croisée de Leïla Sebbar qui ne parle pas la langue de [son] père, elle la révèle à ellemême au fil de ses livres, elle lui redonne son Algérie perdue. Leïla Sebbar & Isabelle Eberhardt, c'est toute une histoire, comme un roman sans fin que décrypte une troisième lettrée, Manon Paillot.

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  • Nées en France après 1962, ils écrivent leur mémoire de l'Algérie familiale.

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  • Un voyage autobiographique de Leïla Sebbar dans le pays de sa mère, « la Française de France », disait-on dans l'Algérie paternelle et coloniale de son enfance. La France des aïeux, des rivières, des bois et des champs, de Jeanne d'Arc et de Paris la première fois. La France de 1968 et des femmes en révolution qu'elle revisite. Et le métro, les cafés, les phares. Des Frances. Les siennes et celles de ses proches, par le texte et la photographie, par les dessins, aquarelles et gravures de Sébastien Pignon. Un voyage singulier et collectif, baroque, joyeux et mélancolique.

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  • Nouvelles et récit de Leïla Sebbar Journal d'un appelé (1961-1962) de Jean-Claude Gueneau Contes des Hauts Plateaux recueillis par Nora Aceval Je ne connais pas Aflou, où j'ai si peu habité après que « Mademoiselle » m'y a mise au monde.
    Mais Aflou, djebel Amour, sur les Hauts Plateaux algériens, m'habite.
    C'est la mémoire et les images des autres, rencontrés dans les livres et lors de mes pérégrinations, qui tissent mes histoires d'Aflou. Depuis Isabelle Eberhardt jusqu'à la libération al­gérienne.
    Je reviendrai à Aflou.
    Leïla Sebbar

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  • Des portraits de femmes sur cartes pos­­tales anciennes, souvent inédites.
    « Les femmes du peuple de mon père », pour la roman­­­­cière Leïla Sebbar qui, derrière chacune de ces « belles d'Afrique du Nord » vouées à la séquestration dans la maison, l'ouvroir ou le bordel, voit « une petite fille grandie trop vite ». Des femmes du réel mais aussi des fictions de femmes fabriquées par le désir de voir et de savoir du photographe occidental, enchaîne l'historienne Christelle Taraud, dont le propos détermine l'ordre des cartes postales. Et pour Jean-Michel Belorgey, qui voudrait croire que la beauté n'est jamais vraiment captive ni orpheline, c'est l'émerveillement du collectionneur de traits et de gestes, d'étoffes, de bijoux et de tatouages qui l'emporte.

    Indisponible
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