Thierry Magnier

  • Octobre 1961 à Paris: des dizaines d'Algériens sont tués par la Police lors d'une manifestation. Depuis, silence sur ces journées de massacre. 1996 à Paris: Amel seize ans, découvre les témoignages de ses proches dans un film documentaire réalisé par un ami.

  • Sept filles

    Leïla Sebbar

    Sept filles. Sept histoires. Des années 20 aux années 2000. L'enfermement séculaire des femmes et de leurs filles, des deux côtés de la Méditerranée. Transgresser les interdits multiples. Affronter les épreuves qu'impose le désir de liberté, d'amour, de plaisir.

  • Une conversation entre une mère et son fils. Le fils revient dans la maison natale, au pays de l'immigration, dans une banlieue française. Comme lorsqu'il est parti, il n'a prévenu personne. Longtemps absent, il n'a pas donné signe de vie. La mère est seule dans la cuisine. Elle fait du café et du thé à la menthe, sort les gâteaux au miel et aux amandes. C'est la mère qui parle. Elle a le langage d'une mère méditerranéenne : généreux, subtil, insidieux. Elle lui parle de la maison, du père, des filles, de lui, de l'épouse idéale, des femmes
    françaises. De la religion, de l'Islam. Une histoire d'amour entre une mère et un fils qui ne parlent plus la même langue.
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  • les mots de la guerre, répétés par les femmes, je ne les ai pas oubliés.
    j'écoutais les hommes, ceux qui parlaient encore lorsqu'ils jouaient aux dominos, ceux que j'accompagnais dans la forêt pour faire le bois, ils bavardaient à la pause, assis sur des cailloux, sur des troncs d'arbres autour d'un feu, l'hiver, il faisait froid dans les forêts, aussi froid que dans ces camions militaires bâchés qui roulent vers la ville assiégée. les mots des hommes, d'une langue à l'autre, n'étaient pas ceux des femmes, ce n'était peut-être pas la même guerre ? je ne posais pas de questions.
    ils n'auraient pas répondu.

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  • « On a mis nos plus beaux habits. Mon père m'a dit : « Tu es toujours la plus jolie, ma fille ». J'étais fière. Il me prendrait par la main et on marcherait dans la ville. Il a dit à ma mère : « Tu pars avec la Petite, moi je prends les garçons. Vous risquez rien. Tu le sais... » J'ai pas compris pourquoi on se séparait et pourquoi on aurait dû avoir peur.
    Il a ajouté: « C'est pacifique », il a répété plusieurs fois « pacifique ».
    Je savais pas pourquoi il employait ce mot-là, et à trois reprises. Sur la carte du monde, j'avais lu sur le bleu : pacifique. J'ai pas posé de ques-tion.
    /> » Paris, 17 octobre 1961. La fin de la guerre d'Algérie n'est pas loin et, en réponse au couvre-feu imposé à la communauté algérienne, le FLN décide l'organisation à Paris d'une manifestation pacifique.
    Violences de la police parisienne et des harkis sous les ordres du préfet Papon, arrestations massives, matraquages, meurtres... Depuis, silence sur ces journées de massacre. Paris 1996. « Sa mère ne lui a rien dit, ni la mère de sa mère ». De ce silence, Amel, 16 ans, va faire une quête. Avec d'autres de sa génération, et grâce au film documentaire de Louis, 25 ans, fils d'une française ayant adopté la cause algérienne, elle va tenter de conjurer l'oubli. Ce roman à plusieurs voix mêle, à la façon d'un script de film, souvenirs et témoignages des acteurs de cette journée.
    La Seine était rouge, Paris, octobre 1961,a été publié une première fois en 1999 aux éditions Thierry Magnier, dans notre collection de romans pour adolescents. Il nous paraissait essentiel de le proposer dans un format accessible à un public encore plus large.

  • L'habit vert

    Leïla Sebbar

    Elle dit qu'elle aime ça d'être dehors avec l'équipe et balayer les rues, ramasser ce qu'on jette, papiers, vieux paquets de cigarettes, boîtes de tabac à priser écrasées, boîtes de coca ou de bière cabossées, prospectus, plastiques ou journaux gratuits périmés, ça l'ennuie pas, elle pique au bout du manche avec le crochet à trois pointes, une fois elle a attrapé, juste, juste, il a failli lui échapper, un billet de cent euros, personne ne l'a crue, c'était vrai.
    On les voit dans les rues, les cafés, les hôtels et les gares, les maisons. en service domestique, ménager, sexuel. descendants des anciennes colonies, ils sont attachés à la personne du " maître ". liens de subordination ambigus, entre violence et tendresse. on les entend rêver, pleurer, rire, résister à la servitude. passeurs entre l'orient, l'afrique et l'occident.

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