• Le 27?juillet 1942, ce cri est lancé par le philosophe et résistant Valentin Feldman aux soldats allemands qui s'apprêtent à le fusiller. Si le mot est devenu célèbre, on en a oublié son inventeur.
    Né à Saint-Pétersbourg, réfugié en France après la révolution russe, Feldman est un élève brillant, qui décroche la première place de l'épreuve de philosophie au Concours général en 1927. Neuf ans plus tard, il publie le seul essai paru de son vivant, L'Esthétique française contemporaine. Ses proches se nomment alors Claude Lévi-Strauss, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou Georges Politzer.
    Confronté aux enjeux intellectuels et politiques de son temps (antifascisme, soutiens au Front populaire et à l'Espagne républicaine, etc.), le jeune homme s'engage volontairement en 1939 sous l'uniforme français. Stationnant à Rethel, il entame son Journal de guerre, un document irremplaçable sur l'effondrement de mai-juin 1940.
    Français d'adoption, juif et communiste, Valentin Feldman est de ceux qui s'engagent immédiatement contre l'occupant nazi. Nommé professeur à Dieppe, il lance un journal clandestin, L'Avenir normand. Rattrapé par le statut des juifs de Vichy, il est exclu de l'enseignement à l'été 1941 et bascule dans la clandestinité. Arrêté en février?1942 après un sabotage, il est mis à l'isolement, torturé puis condamné à mort par un tribunal militaire allemand.
    Avec Valentin Feldman disparaît l'un des intellectuels les plus prometteurs de sa génération, dont les prémices de l'oeuvre future, avortée, seront repris par d'autres?: «?Il n'y a d'héroïsme que dans l'acte qui engage la vie, qui la place d'emblée, et simplement, spontanément même, à la limite de l'être et du néant. [...] Tout le reste est littérature?», écrivait-il dans son Journal en août?1941.

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  • Il y a quarante ans, le suicide de Ian Curtis mettait un terme à l'histoire de Joy Division, l'une des formations les plus novatrices de l'histoire du rock anglo-saxon. Au terme d'une carrière météorique, le groupe britannique laissait deux albums emblématiques, Unknown Pleasures et Closer, ainsi qu'une poignée de singles appelés à faire date, « Transmission », « Atmosphere » ou encore « Love Will Tear Us Apart ». Mieux encore, les quatre musiciens léguaient un son unique, ciselé sous la férule d'un producteur de génie, Martin Hannett, et qui n'a pas cessé depuis lors d'inspirer les musiciens du monde entier. L'étude qui suit se propose de revenir sur les chansons qui ont fait leur carrière, depuis leurs débuts sous le nom Warsaw à la longue transition d'un an conduisant les survivants de Joy Division à se réinventer via New Order.

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  • Une guerre civile par procuration. Les intellectuels français et la guerre d'Espagne (1936-1939) entend restituer, si ce n'est de façon exhaustive, du moins de manière précise et détaillée, la relation entre les écrivains français engagés et la guerre civile espagnole.
    Cet essai vient combler une importante et paradoxale lacune historiographique. La guerre d'Espagne fascine les lecteurs et les universitaires, et les intellectuels français atteignent sans doute leur plus haut degré de notoriété dans les années 1930 notamment pour leur engagement dans les conflits contemporains ; or, l'idée de les confronter est inédite.
    Comment se sont comportés les intellectuels français pendant la guerre d'Espagne ? En France ou sur place, qu'ils soient journalistes, penseurs ou écrivains, d'un côté ou de l'autre de l'échiquier politique, par leur plume ou leurs actions, Pierre-Frédéric Charpentier tourne les projecteurs sur leur vision du conflit. Ce dernier est le sujet d'un vif débat intellectuel au cours des années 1936 à 1939 dont les conséquences leur ont été parfois fatales.
    Cet essai est enrichi d'un riche appareil critique (chronologies, courtes synthèses sur le devenir d'une sélection des principaux auteurs évoqués dans l'ouvrage, index des noms propres, des publications et des oeuvres, bibliographie sélective détaillée), lui permettant de prétendre à devenir une référence historiographique.

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  • Au regard des années trente et de l'Occupation, la Drôle de Guerre (1939-1940) constituait jusqu'à présent une page blanche de l'histoire intellectuelle du XXe siècle. Cet ouvrage se propose de combler une lacune historiographique, en rappelant comment, par leurs actes, par leurs idées ou par leurs silences, les intellectuels français ont pu appréhender les débuts de la Seconde Guerre mondiale. A la déclaration de guerre, de très nombruex clercs partent sous l'uniforme vivre au front les neuf mois d'attente et d'inaction précédant la défaite de la France. A l'arrière, les plsu âgées et les non-mobilisables doivent adapter leru mode de vie aux contraintes des nouveaux temps : couvre-feu, alertes, censure, bourrage de crâne, etc. Pour mener à bien le combat des idées, les pouvoirs publics ont confié la charge de la propagande de guerre française à un écrivain réputé, Jean Giraudoux, qui dirige le commissariat général à l'information. Une mission périlleuse. Au-delà du ton parfois hermétique utilisé par Giraudoux dans ses allocutions, ce sont les thèmes de la propagande qui apparaissent peu lisibles, qu'il s'agisse de définir l'ennemi, d'arrêter l'attitude à l'égard neutres ou plus simplement d'énoncer les buts de guerre de la France. peu sûrs d'eux-mêmes, les intellectuels français nourissent le débat d'idées de leurs propres divisions. Le discours officiel suscite en effet des oppositions de nature pacifiste, communiste et même germanophile. Lorsque la guerre se réveille le 10 mai 1940, l'Union sacrée des idées n'a pas pu se réaliser.

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