• En explorant les sources judéo-allemandes de l'oeuvre d'Emmanuel Levinas, Sophie Nordmann met en évidence un motif récurrent chez les grandes figures de la philosophie juive contemporaine que sont Hermann Cohen, Franz Rosenzweig, Martin Buber, Gershom Scholem et Emmanuel Levinas lui-même.
    Pour chacun d'eux, elle montre que c'est par le recours aux sources juives qu'ils sortent de l'impasse philosophique dans laquelle ils sont pris - celle de la contradiction interne à l'éthique pour Cohen, celle du présupposé du « Tout pensable » pour Rosenzweig, celle de l'hégémonie du Cela pour Buber, celle de la conception linéaire de l'histoire pour Scholem, celle de l'enfermement dans l'être pour Levinas - et donnent corps à un projet philosophique inédit.
    En retour, les interprétations philosophiques qu'ils nous livrent éclairent la richesse de la tradition juive sous de multiples aspects : le monothéisme chez Cohen, le judaïsme biblique chez Rosenzweig, le hassidisme chez Buber, la Kabbale chez Scholem, le Talmud chez Levinas.
    Cet ouvrage enrichit et renouvelle l'interprétation de ces auteurs, en dégageant le rôle moteur que joue, chez chacun d'eux, la référence aux sources juives. Il contribue ainsi à une réflexion plus générale sur les implications d'un recours philosophique à des sources religieuses, ici celles du judaïsme.

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  • Hermann cohen, franz rosenzweig, emmanuel levinas : trois réflexions contemporaines déterminantes pour comprendre la rencontre de la philosophie et du judaïsme.
    Cette inspiration commune renouvelle de multiples questions : relation de l'éthique à la religion, constitution de la subjectivité, inscription de l'individu au sein de la communauté humaine, sens de l'histoire... une telle méditation s'approfondit dans un dialogue constant avec les grandes figures de la pensée juive et de la philosophie moderne et contemporaine : kant, hegel, heidegger, mais aussi maimonide, spinoza, leo strauss, martin buber.
    A l'horizon se dessine la perspective d'une " éthique de l'altérité ", qui, hors de toute dogmatique religieuse, ouvre la pensée à l'accueil de la transcendance, de l'autre, contre tout enfermement de la philosophie contemporaine dans les catégories de l'immanence et du même.

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  • Toute phénoménologie, par définition, part de et en reste au monde tel qu'il s'offre à la conscience. Une "phénoménologie de la transcendance" semble donc une entreprise impossible, puisqu'il s'agirait de chercher dans l'expérience du monde "quelque chose" qui ne puisse en aucune manière que ce soit être rapporté au monde. L'expression de "phénoménologie de la transcendance est ainsi formellement contradictoire : car si la transcendance était "phénomène" et pouvait faire l'objet d'une "-logie", d'une saisie par le logos, elle serait précisément de l'ordre de ce qui peut être mis sous la proposition "il y a quelque chose plutôt que rien". Pour le dire autrement, si la transcendance était objet d'expérience possible, alors justement elle ne serait plus transcendance. Par principe, une "phénoménologie de la transcendance" ne cherchera donc pas positivement "quelque chose" de transcendant dans le monde. Il ne pourra s'agir que d'une phénoménologie de la trace : phénoménologie de ce qui est au monde sur le mode de la non-présence et de la no-présentabilité, phénoménologie de ce qui "brille par son absence" (p. 14-15).

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